Acte 5 des gilets jaunes : quelles manifestations ce samedi ?

Acte 5 des gilets jaunes : quelles manifestations ce samedi ? GILETS JAUNES - La tenue de l'acte 5 de la mobilisation des gilets jaunes se précise. Les membres du mouvements sont plus impliqués que "jamais" dixit un collectif...

L'essentiel

  • Les appels au calme se multiplient, depuis les annonces d'Emmanuel Macron, et surtout depuis l'attaque de Strasbourg. Mais rien n'y fait. Les gilets jaunes, par la voix d'un collectif mené par les figures Priscillia Ludosky et Maxime Nicolle, sont déterminés à descendre dans les rues une nouvelle fois ce samedi 15 décembre.
  • Ce collectif a assuré que les gilets jaunes étaient plus impliqués "que jamais" dans leur démarche de contestation de la politique du gouvernement, même après les annonces, jugées "insuffisantes". Sur Facebook, les appels à manifester ne faiblissent pas. Des dizaines de milliers de personnes se disent "intéressées" par la nouvelle mobilisation de samedi sur les différentes pages de rassemblement des gilets jaunes.
  • Du côté du gouvernement, on redoute un nouveau samedi de violences. "Ce que nous traversons n’est pas un épisode que nous allons régler avec quelques mesures", aurait soufflé, lucide, Emmanuel Macron, au détour d'une réunion avec des parlementaires de la majorité, selon le Parisien. Le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, a annoncé sur RTL qu'il se préparait "au scénario le plus difficile". 8 000 personnes vont être mobilisées pour assurer la sécurité à Paris.

En direct

23:02 - Lancement de la grande consultation ce samedi !

FIN DU DIRECT - "Avec ou sans gilet jaune, citoyennes et citoyens, exprimez-vous", tels sont les premiers mots de que l'on peut lire sur la plateforme consultative du Conseil. En vertu de sa mission d’éclairage des décisions publiques, de conseil du Gouvernement et du Parlement, le Conseil économique, social et environnemental (Cese) lance dès ce samedi 15 décembre une grande consultation en ligne. Ceux qui le souhaitent pourront ainsi donner leur avis jusqu'au 4 janvier prochain sur six sujets différents, à savoir les inégalités sociales, la justice fiscale, les inégalités territoriales, le pouvoir d'achat, la participation des citoyens et la transition écologique.

22:17 - 24 photoreporters et journalistes indépendants veulent porter plainte pour des violences policières

Dans une lettre obtenue par franceinfo, pas moins de 24 photoreporters et journalistes indépendants ont annoncé leur volonté de déposer plainte pour des violences commises par la police. Représentés par Jérémie Assous, les 24 professionnels dénoncent également la confiscation de leur matériel professionnel et de leurs protections. "Leur travail, qui participe des fondements de l'État de droit, a été gêné, empêché, entravé par ceux-là mêmes qui ont pour seule mission le maintien de l'ordre public", a indiqué Me Assous, comme le rapporte encore franceinfo.

21:53 - "De nombreux commerçants sont à bout et pourraient basculer dans l'autodéfense", confie Michel Delpuech

Enfin, également lors de sa venue sur le plateau de David Pujadas, sur LCI, ce vendredi 14 décembre en soirée, le préfet de police de Paris a parlé de la situation des commerçants face au mouvement des gilets jaunes. "De nombreux commerçants sont à bout et pourraient basculer dans l'autodéfense. Il en appelle à la responsabilité. Les manifestations sont violentes, car le phénomène de violence se répand. Nous devons nous adapter", a-t-il fait savoir, avant de "saluer les forces de l'ordre, leur endurance, leur sang froid et leur maîtrise. On n'a pas eu de drame, c'est ce qu'il faut saluer".

21:12 - Michel Delpuech détaille les différents profils des casseurs lors des mobilisations des gilets jaunes

Toujours sur LCI, le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, est revenu sur les différents profils des casseurs, ce vendredi soir, à la veille de l'Acte 5 de la mobilisation des gilets jaunes. "On a vu des militants d'ulta-droite, très tôt, allumer le feu. Puis, l'effet de foule, le gilet jaune de province. Puis, dans la seconde partie de journée, on voit à l'oeuvre des délinquants franciliens qui se saisissent de l'événement pour faire de la délinquance d’opportunité, pour faire du pillage. Ce sont deux catégories différentes", a-t-il expliqué.

20:52 - "Nous devons nous préparer au scénario du pire", confie le préfet de police de Paris

Invité sur le plateau de David Pujadas, sur LCI, ce vendredi 14 décembre, le préfet de police de Paris a assuré qu'''aucune demande de manifestation n'a été déposée à la préfecture de police de Paris, de la part des gilets jaunes". Et de préciser, quant à la mobilisation des gilets jaunes annoncée ce 15 décembre : "Ce samedi, nous avons 54 000 personnes qui se disent prêtes à participer. Nous devons nous préparer au scénario du pire : comme voir revenir des groupes très violents qui passent très vite à l'acte, comme durant les week-ends précédents. On se met dans le scénario qui paraît le plus difficile". Du côté de l'ouverture des magasins dans la capitale, Michel Delpuech remarque : "La décision d'ouvrir les commerces ou pas, ce n'est pas le préfet qui la prend. Les grands magasins ont décidé de rester ouverts."

20:09 - À la veille de l'Acte 5 des gilets jaunes, comme s'est préparé le gouvernement ?

"Nous aurons le même degré de réponse que la semaine dernière, qui a été un niveau très élevé", a déclaré Laurent Nuñez, à BFM TV, ce vendredi 14 décembre en soirée. Le secrétaire d'État auprès du ministre de l'Intérieur a par ailleurs fait savoir que le "même dispositif" que celui de la semaine dernière sera mis en place ce samedi 15 décembre, l'objectif étant avant tout d'éviter les débordements. Questionné sur le scénario attendu demain, Laurent Nuñez a confié : "On s'attend à une mobilisation un peu moindre", mais à des "individus un peu plus déterminés". Pour le secrétaire d'État auprès du ministre de l'Intérieur, "il est temps que ce mouvement s'arrête".

19:49 - Pour Jean-Marie Le Pen, seule sa fille a su cerner la crise des gilets jaunes

Toujours lors de son entretien à Europe 1, publié ce vendredi 14 décembre, Jean-Marie Le Pen a livré son point de vue sur les réactions des politiques face à la mobilisation des gilets jaunes. Si pour lui, Emmanuel Macron "s'est trouvé l'objet d'une détestation que ses actions ne justifient pas [...] il n'a jamais fait tirer sur les Français comme d'autres…". Pour le fondateur du Front national, une seule personne aurait finalement su cerner cette crise dite des gilets jaunes : "Marine Le Pen a eu une attitude de réserve, de dignité qui lui a valu l'estime des électeurs français", a-t-il estimé. 

19:14 - Pour Jean-Marie Le Pen, le mouvement des gilets jaunes est "sympathique"

Interrogé par Europe 1 ce vendredi 14 décembre, à la veille de celui qu'on appelle déjà l'Acte 5 des gilets jaunes, Jean-Marie Le Pen s'est exprimé pour la première fois du conflit sur ce mouvement. "Je le trouve sympathique", a ainsi déclaré le fondateur du Front national, à l'occasion d'une rencontre qui s'est tenue chez lui, à Rueil-Malmaison, dans les Hauts-de-Seine. "Ce mouvement sui generis [qui est original, ndlr.] est né d'une opportunité qui est l'obligation que l'on a d'avoir un gilet jaune dans sa voiture", a constaté Jean-Marie Le Pen auprès de nos confrères, avant de confier ne pas croire cependant "qu'il s'agisse d'un phénomène durable".

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Discours d'Emmanuel Macron (vidéo)

Emmanuel Macron s'est exprimé lundi 10 décembre, à 20 heures, depuis l'Elysée. Le président de la République, durant 13 minutes et devant 23 millions de téléspectateurs, a annoncé plusieurs mesures afin de calmer la colère des gilets jaunes : augmentation de 100 euros par mois pour les salariés au Smic (voir le détail sur la hausse annoncée du Smic), défiscalisation des heures supplémentaires, prime de fin d'année ou encore annulation de la hausse de la CSG pour les retraités gagnant moins de 2 000 euros par mois. Emmanuel Macron a également annoncé des réformes plus globales qu'il tenait à mettre en oeuvre, comme la représentation démocratique, avec "une loi électorale plus juste" et "la prise en compte du vote blanc", la fiscalité, sans doute avec une nouvelle réforme à venir, la décentralisation des services publics dans les territoires, et enfin la lutte contre le réchauffement climatique au quotidien.

Emmanuel Macron a aussi esquissé un mea culpa, appelant à la responsabilité collective. "Ce sont 40 années de malaise qui resurgissent", a indiqué le chef de l'Etat, ajoutant : "Sans doute n'avons-nous pas su, depuis un an et demi, y apporter une réponse rapide et forte. Je prends ma part de responsabilité". Emmanuel Macron a aussi avoué une faute de style : "Je sais qu'il m'est arrivé de blesser certains d'entre vous par mes propos". Voici la vidéo du discours d'Emmanuel Macron ce lundi 10 décembre 2018 :

Une hausse du Smic comme réponse aux gilets jaunes

Ce qui semblait être une grande concession est à prendre avec des pincettes. La hausse de 100 euros par mois pour les salariés au Smic annoncée lundi par Emmanuel Macron dès 2019 ne concernera que partiellement les salaires et reposera surtout sur une accélération de la hausse de la prime d'activité. "Le salaire d'un travailleur au Smic augmentera de 100 euros par mois dès 2019 sans qu'il en coûte un euro de plus pour l'employeur", a affirmé, sans plus de précisions, le chef de l'Etat lors de son discours. Une déclaration qui semblait à première vue contredire les affirmations de sa ministre du Travail, Muriel Pénicaud, qui avait exclu la veille un "coup de pouce" au Smic au-delà de la hausse de 1,8% attendue en janvier, expliquant que cela "détruirait des emplois". En réalité, l'augmentation annoncée par Emmanuel Macron "inclut la revalorisation du Smic qui est déjà prévue, le reste ça va être la solidarité, ça va être le budget de l'Etat qui va permettre de compléter ces salaires sans avoir une charge supplémentaire pour les entreprises, notamment les petites, qui risqueraient de supprimer de l'emploi", a précisé Muriel Pénicaud, interrogée sur France 2. La hausse des 100 euros se décompose ainsi : 20 euros de la revalorisation automatique, 20 euros dus à la baisse de charges salariales, 60 euros venant de la hausse de la prime d'activité - qui n'est pas touchée par tous les salariés au Smic.

Gilets jaunes : Macron poussé à la démission ?

La contestation des gilets jaunes a pris depuis la mi-novembre une tournure inattendue, à laquelle s'est greffée la violence de casseurs à Paris et dans plusieurs grandes villes de France plusieurs week-ends d'affilée. La nature du mouvement - disparate, non hiérarchisé, sans leardership affirmé - a rendu difficile jusque-là l'ouverture de négociations. Plusieurs personnalités politiques de l'opposition parlent sans ambages de crise institutionnelle et réclament une décision politique exceptionnelle plus forte que celle prise par le président : Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon souhaitent une dissolution de l'Assemblée nationale, Laurent Wauquiez demande un référendum. Depuis des semaines, on entend surtout dans les rangs des gilets jaunes des appels à la démission d'Emmanuel Macron, une pétition a été mise en ligne, recueillant des centaines de milliers de signatures. "Macron démission" est scandé à chaque manifestation des gilets jaunes. Mais une démission d’Emmanuel Macron semble très peu probable. Emmanuel Macron est garant des institutions, du cadre fixé par la Ve République, sa légitimité est incontestable, issue du suffrage universel direct. Si la crise s'aggrave, il disposera de plusieurs options institutionnelles : la dissolution de l'Assemblée nationale ou la constitution d'un nouveau gouvernement.

Quelles sont les revendications des gilets jaunes ?

Emmanuel Macron a-t-il répondu aux plus importantes revendications des gilets jaunes ? Les manifestants n'ont pas structuré leur mouvement, ce qui rend difficile l'expression de revendications formulées au nom de tous ses membres. Néanmoins, tous expriment sur la nécessité d'obtenir une baisse des taxes sur les carburants et plus généralement une baisse du niveau des impôts ou une réforme pour rendre plus juste la pression fiscale. Le président a fait des annonces fortes, mais n'a semble-t-il pas satisfaits les gilets jaunes les plus mobilisés. Une délégation, contestée, s'est formée à la fin du mois de novembre et une liste de revendication a été transmise aux députés et aux médias. On y trouve des requêtes qui n'ont pas été satisfaites : "zéro SDF", "un impôt sur le revenu davantage progressif", "un Smic à 1300 euros net", "un grand plan isolation", "la fin des taxes sur le carburant", "pas de retraite en dessous de 1200 euros"... Voir les détails des revendications des gilets jaunes.

Acte V des gilets jaunes

Sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook, les appels à poursuivre la mobilisation des gilets jaunes, dans les semaines précédant le week-end du 15 et 16 décembre, se sont multipliés, malgré les annonces faites par Emmanuel Macron et malgré les appels du gouvernement à ne pas aller manifester, compte tenu de l'alerte attentat déclenchée depuis l'attaque de Strasbourg. Un collectif de gilets jaunes a même prévenu : le mouvement est plus "impliqué que jamais" et les annonces de Macron ont été jugées "insuffisantes". La page Facebook "Acte 5 : Macron démission" intéressait des dizaines de milliers de personnes, qui se sont inscrits à l'événement. Partout en France, à Paris donc, mais aussi sur des ronds-points, des gilets jaunes comptent poursuivre leur mouvement de protestation.

Manifestation des gilets jaunes : un mouvement qui dure

Le gouvernement doit composer avec un mouvement protéiforme qui dure et une colère qui ne s'apaise que partiellement. Depuis le 17 novembre, des blocages ont lieu chaque jour en France et chaque samedi se transforme en grande journée de mobilisation. S'il existe bien un "collectif" de modérés (les "gilets jaunes libres"), il n'y a aucun leadership assumé, aucune instance légitimée par l'ensemble des gilets jaunes, ce qui rend pour le gouvernement les négociations toujours aussi complexes, malgré les annonces d'Emmanuel Macron. La manifestation pourrait durer encore si l'on se réfère aux derniers messages d'une partie des gilets jaunes mis en ligne sur les réseaux et qui font part d'une vive motivation.

Des lycées bloqués : quels liens avec les gilets jaunes ?

Depuis le 3 décembre, des dizaines de lycées en France font face à des blocages par une partie de leurs élèves. Une partie des lycéens se mobilisent à l'appel du syndicat UNL, pour protester contre la réforme du baccalauréat et contre Parcoursup. Mais quelques élèves font aussi savoir qu'ils soutiennent le mouvement des gilets jaunes et de nombreux réclament également la démission d'Emmanuel Macron. Des débordements, des violences et des départs de feu, ont eu lieu en plusieurs endroits, avec parfois des incidents graves à Aubervilliers, Grenoble, dans le Loiret, à Gonesse ou encore à Mantes-la-Jolie, où des images d’élèves obligés de s’agenouiller par les CRS ont fait polémique. Le mouvement est particulièrement suivi par les lycéens à Bordeaux, Toulouse, Marseille, Lyon et Montpellier. Suivre les dernières informations sur les blocages des lycées

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