Manifestation des Gilets jaunes : quelle suite pour le mouvement ?

Manifestation des Gilets jaunes : quelle suite pour le mouvement ? GILETS JAUNES -Après un Acte 5 plutôt calme à Paris comme en Province, quelle suite pour le mouvement des gilets jaunes ? Suivez en direct l'actualité de la révolte dans notre live.

L'essentiel

  • Après un Acte 5 plutôt calme et avec une participation largement en baisse, que va devenir le mouvement des gilets jaunes ? Une question qui divise la classe politique, alors qu'Emmanuel Macron n'a pas pris la parole depuis son allocution du 10 décembre dernier. 
  • L'acte 5 des gilets jaunes est terminé. La manifestation s'est déroulée dans le calme, très encadrée par 8 000 forces de l'ordre déployées sur la Capitale. Selon le dernier bilan de la Préfecture de police (18h00), 168 personnes ont été interpellées à Paris, et 112 ont été placées en garde à vue. Sept personnes ont été blessées. 

En direct

08:22 - Christophe Castaner : "Les ronds-points doivent être libérés"

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a estimé samedi à l'issue de la cinquième journée de mobilisation des gilets jaunes en net recul que "les ronds-points" de France, occupés depuis le 17 novembre, doivent désormais "être libérés". "La nuit dernière, une 8e personne est décédée du fait de ce conflit. Les ronds-points doivent être libérés et la sécurité de tous redevenir la règle", a tweeté le ministre samedi soir. "Grâce au fort engagement de nos forces de l'ordre dans le cadre une doctrine revisitée, la journée se termine bien. Le dialogue doit maintenant rassembler l'ensemble de ceux qui veulent transformer la France", a-t-il déclaré.

08:10 - Marc Fesneau appelle au débat

"Ce n'est pas la fin de la crise qui dure depuis des années, mais c'est la fin d'une séquence", le secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement, Marc Fesneau, dans une interview publiée samedi soir sur le site du Parisien, alors que le mouvement semble s'être essoufflé lors de l'Acte V. "Les gens ont perçu que les annonces de la semaine dernière visaient à répondre aux attentes exprimées. Et le mouvement s'est déradicalisé en termes de violences", a-t-il ajouté, n'y voyant pas pour autant une victoire pour le gouvernement et jugeant qu'il allait falloir "donner du sens" face à une crise "toujours prégnante" et "profonde". Il ne "souhaite" pas que la mobilisation se poursuive, et appelle un "retour à la normale pour engager le grand débat" voulu par Emmanuel Macron.

07:51 - Emmanuel Macron et Édouard Philippe s'engouffrent dans l'impopularité

En pleine crise des gilets jaunes, la cote de popularité du président Emmanuel Macron a perdu deux points pour atteindre un plancher de 23% dans le baromètre mensuel Ifop publié dans le Journal du dimanche. La part de Français qui se disent mécontents de l'action du chef de l’État passe de 73% à 76%. Le Premier ministre, Édouard Philippe, perd pour sa part trois points, à 31% de satisfaits. L'enquête a été réalisée en ligne du 7 au 15 décembre auprès d'un échantillon de 1.943 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. 

07:40 - Christiane Taubira pointe la "lourde" responsabilité de la gauche

Sans épargner le président Macron, l'ancienne ministre de la Justice Christiane Taubira pointe la responsabilité de la gauche, dont elle juge l'état "désespéré et désespérant", dans la crise des gilets jaunes, lors d'un entretien au Journal du dimanche. La responsabilité de la gauche "est lourde, très lourde, sur le passé, sur le présent. Elle peut l'être plus encore si la gauche ne comprend pas que c'est à elle qu'il revient d'offrir un débouché politique à ce mouvement", estime Christiane Taubira. L'ancienne garde des Sceaux qualifie le mouvement des gilets jaunes, d'"ambigu", avec "à la fois du sublime et des traces de choses abjectes", en évoquant la présence de "personnes sexistes, racistes, homophobes, xénophobes, antisémites".

07:14 - Deux fois moins de manifestants pour l'Acte 5

Vers 19h00, le ministère de l'Intérieur comptabilisait 66 000 manifestants dans toute la France, soit deux fois moins que les 126 000 recensés samedi 8 décembre à la même heure. 

15/12/18 - 18:19 - 7 blessés à Paris

La préfecture dénombre 7 manifestants blessés en urgence relative, en marge de l'Acte 5 des gilets jaunes à Paris, ce samedi 15 décembre. Parmi eux, un manifestant a reçu un pavé sur la tête sur les Champs-Elysées.

15/12/18 - 18:16 - 168 interpellations à 18h, dont 117 gardes à vue à Paris

La préfecture de police de Paris comptabilise 168 interpellations à Paris et en petite couronne ce samedi à 18 heures, dont 112 gardes à vue, en marge des manifestations des gilets jaunes, samedi 15 décembre. Par ailleurs, la préfecture précisait dans l'après-midi qu'"il y a eu 48 interpellations sur la journée en grande couronne suite à des contrôles sur réquisition du Procureur".

15/12/18 - 13:43 - 53 gardes à vue à Paris

Selon le dernier bilan de la Préfecture de police, à 13h00, 53 personnes ont été placées en garde à vue à Paris, en marge des manifestations des gilets jaunes. 92 manifestants ont été interpellés au cours de ce 5ème samedi de mobilisation. 

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Discours d'Emmanuel Macron (vidéo)

Emmanuel Macron s'est exprimé lundi 10 décembre, à 20 heures, depuis l'Elysée. Le président de la République, durant 13 minutes et devant 23 millions de téléspectateurs, a annoncé plusieurs mesures afin de calmer la colère des gilets jaunes : augmentation de 100 euros par mois pour les salariés au Smic (voir le détail sur la hausse annoncée du Smic), défiscalisation des heures supplémentaires, prime de fin d'année ou encore annulation de la hausse de la CSG pour les retraités gagnant moins de 2 000 euros par mois. Emmanuel Macron a également annoncé des réformes plus globales qu'il tenait à mettre en oeuvre, comme la représentation démocratique, avec "une loi électorale plus juste" et "la prise en compte du vote blanc", la fiscalité, sans doute avec une nouvelle réforme à venir, la décentralisation des services publics dans les territoires, et enfin la lutte contre le réchauffement climatique au quotidien.

Emmanuel Macron a aussi esquissé un mea culpa, appelant à la responsabilité collective. "Ce sont 40 années de malaise qui resurgissent", a indiqué le chef de l'Etat, ajoutant : "Sans doute n'avons-nous pas su, depuis un an et demi, y apporter une réponse rapide et forte. Je prends ma part de responsabilité". Emmanuel Macron a aussi avoué une faute de style : "Je sais qu'il m'est arrivé de blesser certains d'entre vous par mes propos". Voici la vidéo du discours d'Emmanuel Macron ce lundi 10 décembre 2018 :

Une hausse du Smic comme réponse aux gilets jaunes

Ce qui semblait être une grande concession est à prendre avec des pincettes. La hausse de 100 euros par mois pour les salariés au Smic annoncée lundi par Emmanuel Macron dès 2019 ne concernera que partiellement les salaires et reposera surtout sur une accélération de la hausse de la prime d'activité. "Le salaire d'un travailleur au Smic augmentera de 100 euros par mois dès 2019 sans qu'il en coûte un euro de plus pour l'employeur", a affirmé, sans plus de précisions, le chef de l'Etat lors de son discours. Une déclaration qui semblait à première vue contredire les affirmations de sa ministre du Travail, Muriel Pénicaud, qui avait exclu la veille un "coup de pouce" au Smic au-delà de la hausse de 1,8% attendue en janvier, expliquant que cela "détruirait des emplois". En réalité, l'augmentation annoncée par Emmanuel Macron "inclut la revalorisation du Smic qui est déjà prévue, le reste ça va être la solidarité, ça va être le budget de l'Etat qui va permettre de compléter ces salaires sans avoir une charge supplémentaire pour les entreprises, notamment les petites, qui risqueraient de supprimer de l'emploi", a précisé Muriel Pénicaud, interrogée sur France 2. La hausse des 100 euros se décompose ainsi : 20 euros de la revalorisation automatique, 20 euros dus à la baisse de charges salariales, 60 euros venant de la hausse de la prime d'activité - qui n'est pas touchée par tous les salariés au Smic.

Gilets jaunes : Macron poussé à la démission ?

La contestation des gilets jaunes a pris depuis la mi-novembre une tournure inattendue, à laquelle s'est greffée la violence de casseurs à Paris et dans plusieurs grandes villes de France plusieurs week-ends d'affilée. La nature du mouvement - disparate, non hiérarchisé, sans leardership affirmé - a rendu difficile jusque-là l'ouverture de négociations. Plusieurs personnalités politiques de l'opposition parlent sans ambages de crise institutionnelle et réclament une décision politique exceptionnelle plus forte que celle prise par le président : Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon souhaitent une dissolution de l'Assemblée nationale, Laurent Wauquiez demande un référendum. Depuis des semaines, on entend surtout dans les rangs des gilets jaunes des appels à la démission d'Emmanuel Macron, une pétition a été mise en ligne, recueillant des centaines de milliers de signatures. "Macron démission" est scandé à chaque manifestation des gilets jaunes. Mais une démission d’Emmanuel Macron semble très peu probable. Emmanuel Macron est garant des institutions, du cadre fixé par la Ve République, sa légitimité est incontestable, issue du suffrage universel direct. Si la crise s'aggrave, il disposera de plusieurs options institutionnelles : la dissolution de l'Assemblée nationale ou la constitution d'un nouveau gouvernement.

Quelles sont les revendications des gilets jaunes ?

Emmanuel Macron a-t-il répondu aux plus importantes revendications des gilets jaunes ? Les manifestants n'ont pas structuré leur mouvement, ce qui rend difficile l'expression de revendications formulées au nom de tous ses membres. Néanmoins, tous expriment sur la nécessité d'obtenir une baisse des taxes sur les carburants et plus généralement une baisse du niveau des impôts ou une réforme pour rendre plus juste la pression fiscale. Le président a fait des annonces fortes, mais n'a semble-t-il pas satisfaits les gilets jaunes les plus mobilisés. Une délégation, contestée, s'est formée à la fin du mois de novembre et une liste de revendication a été transmise aux députés et aux médias. On y trouve des requêtes qui n'ont pas été satisfaites : "zéro SDF", "un impôt sur le revenu davantage progressif", "un Smic à 1300 euros net", "un grand plan isolation", "la fin des taxes sur le carburant", "pas de retraite en dessous de 1200 euros"... Voir les détails des revendications des gilets jaunes.

Acte V des gilets jaunes

Sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook, les appels à poursuivre la mobilisation des gilets jaunes, dans les semaines précédant le week-end du 15 et 16 décembre, se sont multipliés, malgré les annonces faites par Emmanuel Macron et malgré les appels du gouvernement à ne pas aller manifester, compte tenu de l'alerte attentat déclenchée depuis l'attaque de Strasbourg. Un collectif de gilets jaunes a même prévenu : le mouvement est plus "impliqué que jamais" et les annonces de Macron ont été jugées "insuffisantes". La page Facebook "Acte 5 : Macron démission" intéressait des dizaines de milliers de personnes, qui se sont inscrits à l'événement. Partout en France, à Paris donc, mais aussi sur des ronds-points, des gilets jaunes comptent poursuivre leur mouvement de protestation.

Manifestation des gilets jaunes : un mouvement qui dure

Le gouvernement doit composer avec un mouvement protéiforme qui dure et une colère qui ne s'apaise que partiellement. Depuis le 17 novembre, des blocages ont lieu chaque jour en France et chaque samedi se transforme en grande journée de mobilisation. S'il existe bien un "collectif" de modérés (les "gilets jaunes libres"), il n'y a aucun leadership assumé, aucune instance légitimée par l'ensemble des gilets jaunes, ce qui rend pour le gouvernement les négociations toujours aussi complexes, malgré les annonces d'Emmanuel Macron. La manifestation pourrait durer encore si l'on se réfère aux derniers messages d'une partie des gilets jaunes mis en ligne sur les réseaux et qui font part d'une vive motivation.

Des lycées bloqués : quels liens avec les gilets jaunes ?

Depuis le 3 décembre, des dizaines de lycées en France font face à des blocages par une partie de leurs élèves. Une partie des lycéens se mobilisent à l'appel du syndicat UNL, pour protester contre la réforme du baccalauréat et contre Parcoursup. Mais quelques élèves font aussi savoir qu'ils soutiennent le mouvement des gilets jaunes et de nombreux réclament également la démission d'Emmanuel Macron. Des débordements, des violences et des départs de feu, ont eu lieu en plusieurs endroits, avec parfois des incidents graves à Aubervilliers, Grenoble, dans le Loiret, à Gonesse ou encore à Mantes-la-Jolie, où des images d’élèves obligés de s’agenouiller par les CRS ont fait polémique. Le mouvement est particulièrement suivi par les lycéens à Bordeaux, Toulouse, Marseille, Lyon et Montpellier. Suivre les dernières informations sur les blocages des lycées

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