Grand débat national : Hanouna défend Schiappa

Grand débat national : Hanouna défend Schiappa DEBAT NATIONAL - Le grand débat national s'invite sur le plateau de Balance ton poste. Marlène Schiappa, en participant à l'émission de Cyril Hanouna, s'est attirée des critiques. L'animateur estime sa démarche "sincère".

[Mis à jour le 25 janvier 2019 à 12h50] La polémique a duré toute la semaine mais Marlène Schiappa sera bel et bien présente ce vendredi soir à 22h10 sur le plateau de Balance ton poste, l'émission de débat de Cyril Hanouna. La secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes va rencontrer des "représentants des Français", en direct pendant plus d'une heure et demi, dans ce qui ressemble fort à une extension télévisée du grand débat national lancé récemment. Si la démarche peut paraître saine, les critiques n'ont pas manqué de fuser dès l'annonce de la co-animation de l'émission par Marlène Schiappa, à tel point que C8, qui diffuse le show, a quelque peu cédé à la pression en rétrogradant la membre du gouvernement au rang de témoin, et plus de co-animatrice.

Bref, la polémique est installée. L'opposition ne s'est pas privée pour fustiger la venue d'une personnalité politique de premier rang dans une émission à l'image si clivante, dénonçant un mélange des genres malsain. Cyril Hanouna, dans une interview accordée à 20 Minutes, a tenté d'éteindre l'incendie. L'animateur star de C8 a tout d'abord tenu à préciser que oui, la différence est majeure entre son émission quotidienne, Touche pas à mon poste, théâtre de dérapages en tout genre, et son hebdomadaire, Balance ton poste. "Les gens pensent qu'elle va venir dans Touche pas à mon poste. Ils n'ont rien compris… Elle vient dans Balance ton post, qui a toujours été une émission de débat", explique Hanouna. Et de justifier la venue de Marlène Schiappa : "Peut-être que je me trompe mais j'ai trouvé qu'elle n'avait aucun mépris. Quand elle m'a appelé pour me proposer cette émission, elle m'a semblé sincère".

Le principe de l'émission est simple. Les Français sélectionnés pour participer au débat télévisé, que l'on promet de tous horizons, soumettront des idées à la ministre, qui se chargera d'en porter la voix auprès du gouvernement. "Il y a beaucoup de gens qui regardent l'émission de Cyril Hanouna. Il faut les considérer aussi et les faire participer à ce grand débat", expliquait récemment Schiappa, citée par Libération. Son initiative est apparemment soutenue à 100% par Emmanuel Macron, avec qui Cyril Hanouna avouait "bien s'entendre" en juillet 2017 dans Le Monde.

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Grand débat national : les thèmes

L'Elysée a circonscrit le grand débat national à quatre grandes thématiques. Dans sa lettre aux Français, Emmanuel Macron les a bien définies : "la fiscalité et les dépenses publiques, l'organisation de l'Etat et des services publics, la transition écologique, la démocratie et la citoyenneté". Et d'ajouter : "Sur chacun de ces thèmes, des propositions, des questions sont d'ores et déjà exprimées. Je souhaite en formuler quelques-unes qui n'épuisent pas le débat mais me semblent au cœur de nos interrogations. [...] Nous ne serons pas d'accord sur tout, c'est normal, c'est la démocratie", a-t-il écrit. De son côté, Matignon a précisé ces quatre grands thèmes avec quatre questions, qui devraient être celles que l'on retrouvera sur le site Internet du grand débat :

  • Comment mieux accompagner les Français dans leur vie quotidienne pour se loger, se déplacer, se chauffer ?
  • Comment rendre notre fiscalité plus juste, plus efficace, plus compétitive et plus lisible ?
  • Comment faire évoluer la pratique de la démocratie et de la citoyenneté ?
  • Comment faire évoluer l'organisation de l'État et des services publiques pour les rendre plus proches des Français et plus efficaces ?

Grand débat national : le lieu

L'exécutif compte particulièrement sur les maires de France pour faire remonter les doléances et pour l'organisation des débats publics. Le gouvernement appelle les édiles à veiller au bon fonctionnement des échanges, notamment en mettant à disposition des citoyens des salles municipales pour que les réunions se déroulent publiquement dans les meilleures conditions, mais les élus locaux ne sont pas tous enthousiastes à organiser tous les débats et craignent parfois de devoir incarner une forme de caution à l'initiative du président. La plateforme numérique permet de lister les lieux de réunion dans chaque département.

Quelles dates pour le grand débat national ?

Le débat national s'est ouvert officiellement le 15 janvier 2019 et qu'il dure jusqu'au 15 mars 2019. Les dates des réunions publiques sont quant à elles être fixées localement, par les maires ou bien par les citoyens prêts à s'impliquer dans ce sens. Toutes les dates sont à retrouver sur le site Internet du grand débat national.

Comment participer au grand débat ?

Tout un chacun est invité à donner son avis et à formuler des propositions sur le site qui a été lancé mardi 15 janvier. Un numéro d'information a été mis en place, il s'agit du 0800 97 11 11. La Commission nationale du débat public a développé une méthodologie dans un document. "Chacun peut organiser un débat, à l'échelle du quartier, de la commune, de la région, d'une association en s'aidant d'un kit pour la tenue des débats", a fait savoir le gouvernement. Les informations pratiques sur les réunions publiques, comme le lieu, la date mais aussi le nombre de participants doivent être communiquées une semaine avant leur tenue.

Des doléances avant même le débat

Depuis le mois de décembre, les Français ont été invités à se rendre dans leur mairie pour remplir des cahiers de doléances. Une première synthèse a été effectuée par une vingtaine de préfets et celle-ci, adressée au gouvernement, a été consultée par Le Figaro. Le média indique que près d'une commune sur neuf a proposé un cahier de doléances à la disposition des habitants - soit entre 3000 et 5000 communes. C'est assez peu, mais le nombre de contributions permet de se faire malgré tout une première idée des revendications qui s'exprimeront dans le grand débat national. La synthèse fait ainsi apparaître plusieurs sujets qui reviennent très régulièrement : la rémunération des hauts fonctionnaires et des élus nationaux considérée comme trop élevée, le statut des autoroutes, les impôts et la fiscalité sur les transactions financières, mais aussi les 80 km/h sur les routes nationales et l'immigration.

Qu'en pensent les gilets jaunes ?

Difficile de savoir si la majorité des gilets jaunes sont enthousiastes à l'idée de participer au grand débat national. Il ne fait pas partie des revendications martelées dans les mobilisations partout en France. Cependant, cette main tendue du gouvernement devrait être prise. Sur les réseaux sociaux, beaucoup manifestent leur souhait de participer. Sur la page Facebook de "La France en colère", devenue l'une des pages référentes du mouvement, des messages appellent à se saisir de ce débat pour demander l'instauration d'un référendum d'initiative dans la Constitution, mais aussi pour réclamer une baisse rapide et substantielle du niveau des impôts, notamment sur les produits de première nécessité.

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