Nathalie Loiseau : qu'est-ce que le GUD et s'en est-elle vraiment approchée étant jeune ?

Nathalie Loiseau : qu'est-ce que le GUD et s'en est-elle vraiment approchée étant jeune ? La candidate aux élections européennes pour LaREM a reconnu avoir figuré sur une liste d'un syndicat affilié au GUD et à l'extrême droite lorsqu'elle était à Sciences-Po. Une information qu'a révélé le journal Mediapart et qu'elle avait dans un premier temps niée.

[Mis à jour le 23 avril 2019 à 22h28] La tête de liste LREM aux européennes était-elle proche du GUD ? C'est une révélation dont se serait bien passée Nathalie Loiseau. Médiapart a en effet dévoilé que, lorsqu'elle était une jeune étudiante à Sciences-Po, en 1984, elle avait adhéré à la liste d'un syndicat proche du GUD. La tête de liste a dû reconnaitre une "erreur", mais a bien confirmé l'information. Selon la candidate Nathalie Loiseau, elle n'aurait "pas perçu" alors l'affiliation à l'extrême droite du syndicat, appelé Union des étudiants de droite (UED).Selon médiapart, ce syndicat serait né "sur les cendres du GUD". Pour l'ancienne chargée des Affaires européennes, il s'agit avant tout d'un quiproquo. Elle aurait été "approchée pour participer à une liste qui voulait accentuer le pluralisme à Sciences Po, alors quasi inexistant, et qui cherchait des femmes", et n'aurait pas cherché plus loin. Nathalie Loiseau est ainsi revenue sur ses premières déclarations depuis l'apparition de la polémique. Lorsque l'article est sorti, elle avait d'abord nié les faits avant de changer ses déclarations, assurant qu'elle avait "complètement oublié cet épisode ". 

Cet épisode remonte à 1984, Nathalie Loiseau a alors 20 ans et s'inscrit sur cette liste dans le cadre des élections des délégués des étudiants au conseil de direction à la commission paritaire de Science Po. Sur la liste en question, l'Union des étudiants de droite (UED), c'est en sixième position qu'apparaît le nom de Nathalie Ducoulombier, de son nom de jeune fille, aux côtés de Christophe Bay, qui selon Mediapart était le conseiller du FN pendant la campagne de Marine Le Pen pour les présidentielles de 2017.

Nathalie Loiseau : "Une vraie connerie"

Alors que Nathalie Loiseau assure vouloir faire barrage du Rassemblement national lors des élections européennes, celle qui fut directrice de l'ENA pendant plus de quatre ans s'est expliquée, toujours auprès de Mediapart. "A ce moment-là, j'ai été, d'après mes recoupements - parce que pour être tout à fait honnête j'avais complètement oublié cet épisode -, approchée pour participer à une liste qui voulait accentuer le pluralisme à Sciences Po, alors quasi inexistant, et qui cherchait des femmes. J'ai dit oui", explique-t-elle. Et d'ajouter : "J'aurais sans doute dû regarder de plus près de quoi il s'agissait". Sur France Info cette fois, Nathalie Loiseau parle de "vraie connerie" que d'avoir "figuré sur une liste où il y avait des gens d'extrême droite". "J'aurais dû enquêter, j'aurais dû regarder qui étaient les autres colistiers", assure-t-elle.

Nathalie Loiseau a démissionné le 27 mars de son poste de ministre des Affaires européennes. Elle a été investie dans la foulée tête de la liste LREM/MoDem pour les élections européennes de 2019. Un choix étonnant, tant elle peu habituée des plateaux télés. "C'est quelqu'un de très bon hors caméra, mais devant les objectifs, elle est bloquée", admettait un député En Marche à la radio RFI il y a peu. Le média a rapporté que, depuis son intervention face à Marine Le Pen, Nathalie Loiseau sa suivi un coaching de son équipe de communication pour apparaître plus incisive face aux téléspectateurs. Jusqu'à faire des jeux de rôle où ses conseillers incarnaient Marine Le Pen, mais aussi Manon Aubry et François Xavier Bellamy, qui s'annoncent comme les principaux adversaires de la majorité dans cette campagne.

Déjà candidate aux européennes il y a 30 ans

Ce n'est pas la première fois que Nathalie Loiseau figure sur une liste aux élections européennes. Comme le rapporte Le Parisien, en 1989, elle figurait sur la liste "Initiative pour une Démocratie Européenne", alors qu'elle n'était âgée que de 24 ans. Cette liste, était menée par Franck Biancheri, pro-européen et l'un des pères du programme Erasmus. Il avait présenté des listes en similaire en Espagne et aux Pays-Bas. Sous le nom de Nathalie Ducoulombier, elle figurait en 49e place de cette liste pro-Europe, qui n'avait que peu d'ambitions et qui finira bonne dernière du scrutin avec 0,17% des voix. Bien entendu, cette sévère défaite ne constituait pas un revers personnel pour Nathalie Loiseau, qui n'avait pas de réelles velléités de rentrer au Parlement européen. C'est tout autre chose aujourd'hui.

Nathalie Loiseau : féministe, pro-européenne, catholique et pro-GPA

Nathalie Loiseau est issue d'un milieu plutôt traditionnel et conservateur. Mais cela ne l'a pas empêché de construire au fil du temps une réputation de femme de pouvoir, jusqu'à remporter le Prix de la Femme d'influence 2014 catégorie politique. Elle possède une longue carrière dans le milieu diplomatique et administratif : ministère des Affaires étrangères, cabinet d'Alain Juppé à l'époque où celui-ci était au Quai Branly, porte-parole de l'ambassade de France aux États-Unis au moment de la guerre d'Irak... Plus tard, en 2011, elle a assuré la direction générale de l'administration du ministère des Affaires étrangères. Après son départ en 2012, elle est devenue directrice de l'École Nationale d'Administration. Un poste qu'elle conserve jusqu'en 2017, où Édouard Philippe l'a nommée ministre chargée des Affaires européennes.

Si elle a travaillé pour le gouvernement sous Nicolas Sarkozy, Nathalie Loiseau se revendiquait, pourtant, en 2012 "sans étiquette" politique. Elle a par ailleurs fait sien, durant sa longue arrière, le combat pour davantage d'égalité entre les sexes. Elle a longtemps défendu la cause des femmes dans les milieux encore très masculins et très stéréotypés de la diplomatie et de l'administration. Elle a publié en 2014 "Choisissez tout", un livre où elle invite à repenser le rapport des femmes avec le travail, la société, et les hommes. Se revendiquant catholique pratiquante et assumée, elle se dit également "pas toujours d'accord avec les positions officielles de l'Église". Elle est notamment favorable au mariage homosexuel, à la PMA et, à titre très personnel, à un recours à une GPA "éthique". "Je suis contre la marchandisation des corps. Mais je ne vois pas pourquoi on se préoccupe de la marchandisation des corps quand il s'agit de GPA et qu'on ne se demande pas dans quelles conditions travaille une ouvrière du Bangladesh qui a 12 ans", a-t-elle avancé sur RTL en février dernier.

Nathalie Loiseau : "Mon ambition est de faire la différence au Parlement"

Dans un entretien donné au Figaro, Nathalie Loiseau ne cache pas son ambition. Engagée "depuis l'adolescence" pour l'Europe, elle semble décidé à se faire une place à Strasbourg. "Mon ambition est de faire la différence au Parlement européen, d'avoir un groupe puissant incontournable pour faire avancer nos ambitions" a-t-elle déclaré.

Pascal Canfin figure en deuxième position de la liste portée par Nathalie Loiseau, composée de personnalités politiques et citoyennes. Trois grands thèmes, très généraux, sont au centre du programme LREM : le social, l'environnement, et l'immigration. Au début du mois de mars, Emmanuel Macron avait évoqué plusieurs projets pour une "renaissance européenne", un slogan repris par la liste de la majorité. On retrouve parmi les propositions notamment la création d'une Agence européenne de protection des démocraties, d'une banque européenne du climat, un nouveau traité de sécurité et défense ou encore la remise à plat de l'espace Schengen.

Nathalie Loiseau a également fait savoir qu'elle envisageait de trouver de nombreux soutiens au Parlement européen. Elle espère trouver des soutiens parmi le parlementaires de centre-gauche et droite libérale. Au Figaro, elle annonce s'appuyer sur "ceux qui veulent transformer l'Europe parmi les démocrates, les libéraux, parmi les sociaux-démocrates, [...] parmi les élus du Parti populaire européen (PPE)". Elle espère aussi s'appuyer sur l'ALDE, le parti européen de centre libéral, dont fait déjà partie l'UDI. Une opportunité à saisir pour la formation européenne, qui dispose pour l'instant de 70 sièges. Selon les derniers sondages sur les élections européennes, LREM est actuellement créditée de 23,5% d'intentions de vote, soit une vingtaine de siège.

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