Eric Zemmour : Le Pen fustige son "parasitage"

Eric Zemmour : Le Pen fustige son "parasitage" ZEMMOUR. La guerre est déclarée entre Eric Zemmour et Marine Le Pen. Mardi 18 janvier 2022, la candidate du RN a accusé son adversaire de "parasitage". L'entourage du polémiste accuse lui aussi l'autre camp d'un copier-coller.

L'essentiel
  • Un copier-coller de campagne ? C'est ce que dénonce l'équipe de Marine Le Pen au regard de la campagne menée par Eric Zemmour. La patronne du RN évoque un "parasitage" quand l'entourage du polémiste rétorque que la candidate suit les pas du polémiste.
  • En perte de vitesse dans les sondages, Eric Zemmour fait face à un nouveau coup dur lors de sa campagne présidentielle. Lundi 17 janvier, le candidat a été condamné à 10 000 euros d'amende pour complicité de provocation à la haine et injure raciale, par le tribunal de Paris, après ses propos sur les mineurs isolés. S'il a immédiatement annoncé vouloir faire appel, au lendemain de la décision de justice la candidat assure sur BFMTV ne pas regretter ses propos.
  • La décision de justice a été rendue le même jour que la parution d'une étude Kantar Public qui rapporte que 62% des Français jugent que le fondateur de Reconquête représente un danger pour la démocratie.
  • Alors que sa campagne patine, le polémiste n'est plus crédité que de 11% des intentions de vote au premier tour, selon un sondage Opinion Way paru ce lundi. De quoi le donner loin du match pour le second tour.
  • Retrouvez toutes les informations sur la campagne présidentielle d'Eric Zemmour dans cet article.
La campagne en direct

14% et une quatrième place pour Zemmour selon le dernier sondage

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Chronique de campagne du 19 janvier 2022. 15h12 Un nouveau sondage sur l'élection présidentielle 2022 est paru mercredi 19 janvier 2022. Réalisé par Harris Interactive, ce dernier crédite Eric Zemmour de 14% des voix au premier tour du scrutin. Il serait devancé par Valérie Pécresse et Marine Le Pen et ne serait pas en mesure de se hisser au second tour.

Désormais officiellement candidat, le polémiste apparaît en perte de vitesse et ne vient plus bousculer les candidatures des Républicains et du Rassemblement national, bien que l'ancien journaliste parviendrait à capter une partie de l'électorat votant traditionnellement pour la droite et l'extrême-droite, affaiblissant malgré tout les scores de ses deux rivales. Mais face à diverses polémiques, le prétendant à l'Elysée patine, même si son équipe de campagne continue de se former autour, notamment, de deux préfets. De là à bousculer totalement une campagne qui semblait écrite depuis des mois ?

Eric Zemmour sommé par Marine Le Pen "de trouver sa propre identité"

Eric Zemmour sommé par Marine Le Pen "de trouver sa propre identité" - Éric Zemmour ©

Chronique de campagne du 18 janvier. 16h49. Eric Zemmour et Marine Le Pen, blanc bonnet et bonnet blanc ? Avec la déportation du débat de la présidentielle à la droite de l'échiquier politique au regard des intentions de vote, les campagnes de Valérie Pécresse, Marine Le Pen et Eric Zemmour sont particulièrement scrutées. Surtout les deux dernières, alors que les deux candidats se partagent les voix du vote nationaliste. Alors, de petites phrases en piques saillantes, le duo d'extrême-droite se tire dessus tour à tour. Dernière attaque en date, celle adressée par Marine Le Pen à l'endroit de son adversaire, jugeant qu'il s'inspirait un peu trop de sa manière de faire campagne, évoquant, mardi 18 janvier 2022 en conférence de presse, une "imitation et, même allons jusqu'au bout, le parasitage" de son agenda. 

En cause, un "gros meeting" organisé samedi 5 février à Lille par Eric Zemmour, au même moment que le premier meeting de la candidate du RN à Reims. Hasard du calendrier se défend, dans Le Parisien, l'entourage de l'ancien chroniqueur : "rien à voir avec Reims, on organise des meetings tous les vendredis ou samedis soir". Mais en coulisse, on trépigne déjà d'impatience de comparer les affluences. Le Rassemblement national n'a également pas digéré la venue avant leur leader du fondateur de Reconquête aux Sables-d'Olonne, ni même qu'il présente son programme pour l'énergie deux jours après leur représentante.  "Je voudrais amicalement lui conseiller d’essayer de trouver sa propre identité, peut-être sa propre marque de fabrique, sa propre manière de faire de la politique", a cinglé Marine Le Pen. 

Pas de quoi irriter l'entourage d'Eric Zemmour, qui rétorque. "Qui a commencé sa campagne sur les libertés avant de la recentrer sur l’identité ? Qui a couru derrière Éric Zemmour à Budapest ? Qui s’est rendu dans un quartier difficile d’Alençon trois jours après que Zemmour s’est déplacé avec Morandini à Drancy ?", interroge un proche dans Le Parisien. La guerre ouverte entre les deux ne devrait pas s'arrêter de si tôt. A moins que les sondages ne sonnent le glas de leur opposition.

Des procédures judiciaires engagées contre le logo du parti et la vidéo de candidature

Des procédures judiciaires engagées contre le logo du parti et la vidéo de candidature - Éric Zemmour ©Francois Mori/AP/SIPA

Chronique de campagne du 18 janvier. 12h19. Les démêlés judiciaires d'Eric Zemmour ne sont pas uniquement liés à ses propos polémiques, principalement au sujet de l'immigration. Alors qu'il vient d'être condamné à 10 000 euros d'amende pour provocation à la haine raciale, et alors qu'il doit à nouveau comparaître devant le tribunal de Paris jeudi pour contestation de crime contre l'humanité, le candidat d'extrême-droite à l'élection présidentielle fait également face à deux nouvelles procédures liées à sa communication. 

Le 30 novembre, le polémiste s'est officiellement déclaré candidat à l'élection présidentielle en diffusant une vidéo dans laquelle il se met en scène tel le Général de Gaulle lors de l'appel du 18-Juin. Mais par dessus ses propos sont diffusées des images récupérées illégalement ici et là, n'appartenant pas à son équipe de campagne. Surtout, cette dernière n'a entamé aucune démarche pour pouvoir les utiliser. Ainsi, Eric Zemmour et son parti Reconquête ont été assignés pour "contrefaçon du droit d'auteur" devant le tribunal de Grande instance de Paris. Les sociétés Gaumont et EuropaCorp, le réalisateur Luc Besson, les ayants droits du réalisateur Marcel Carné et de Jacques Prévert, mas aussi la Société des auteurs et compositeurs dramatiques font partie des plaignants. L'audience aura lieu jeudi 27 janvier 2022. Selon une analyse poussée de la vidéo par Le Monde, 114 séquences n'appartiennent pas au candidat dans son clip de plus de sept minutes, soit 39% du temps. La contrefaçon des droits d'auteur étant un délit, la peine maximale encourue est de trois ans de prison et 300 000 euros d'amende.

Après les accusations de vol d'images, Eric Zemmour est également visé par des accusations de plagiat. Le plaignant : Jean Lassalle. Le député des Pyrénées-Atlantiques, lui aussi prétendant à l'Elysée, juge que l'ancien chroniqueur de CNews a recopié le logo de son parti "Résistions !" pour créer celui de "Reconquête !". "Ces logos sont des copies presque intégrales des logos du mouvement Résistons ! qui sont exploités depuis plus de 5 ans, la seule différence étant l’ordre des couleurs (une lettre blanche sur fond bleu vs une lettre bleue sur fond blanc), avec un point d’exclamation rouge dans les deux cas", indique-t-il dans un courrier adressé le 14 janvier 2022. "La proximité des logos (….) est telle qu’elle constitue de fait un acte de contrefaçon, qui ne peut perdurer", est-il ajouté, demandant un arrêt de l'usage des logos sous huit jours.

En plus d'arpenter la France, Eric Zemmour se voit contraint d'arpenter aussi les tribunaux en pleine campagne.

Zemmour perisiste et signe : il "ne regrette absolument pas" ses propos

Zemmour perisiste et signe : il "ne regrette absolument pas" ses propos - Éric Zemmour © Francois Mori/AP/SIPA

Chronique de campagne du 18 janvier. 10h50. Fraichement condamné pour provocation à la haine et injures raciale pour ses propos sur les mineurs isolés, Eric Zemmour persiste et signe. Au micro de BFMTV, ce matin, le candidat d'extrême-droite a maintenu sa position et son discours : "Je ne regrette absolument pas d'avoir prononcer cette phrase." "Je suis l'objet d'une justice politique, qui veut m'interdire non seulement de parler d'immigration mais de lier l'immigration à l'insécurité" a soutenu le polémiste avant de s'appuyer sur un rapport sénatorial qui d'après lui soutient sa thèse. Eric Zemmour a précisé sa pensée qu'il défend comme humaniste : "J'essaie de protéger le peuples français des exactions de ces bandes de jeunes". Des jeunes qu'il décrit comme de "prétendus mineurs isolés qui sont en fait des clandestins, et qui pour la plupart ne sont pas mineurs ni isolés puisqu'ils sont manipulés par des bandes mafieuses ou envoyés par leurs parents". Le candidat a aussi tenté d'éluder et de retourner le problème en soulevant la condamnation pour "injures raciales". "Je savais pas que les mineurs étrangers isolés étaient une race", a-t-il aussi ironisé pour décaler les accusations racistes que certains portent sur lui sur la décision de justice. La décision d'une "justice politique" qu'Eric Zemmour dénonce.

Éric Zemmour continue d'alimenter son combat à distance avec Marine Le Pen

Éric Zemmour continue d'alimenter son combat à distance avec Marine Le Pen - Éric Zemmour ©Christophe Forestier/SIPA

Chronique de campagne du 17 janvier. 19h42. Le combat à distance se poursuit. Le 5 février prochain sera organisé la convention présidentielle de la candidate du Rassemblement Nationale, Marine Le Pen à Reims. Sauf que selon RTL, Éric Zemmour a également prévu un grand meeting ce jour-là. La convention de la candidate à la présidentielle qui devait avoir lieu ce week-end mais qu'elle a reportée à cause de la crise sanitaire, devrait réunir 3 000 personnes alors dans l'équipe d'Éric Zemmour, on évoquerait 6 à 7 000 personnes. Les réactions à ce changement de programme ne se sont pas fait attendre au RN. "Son obsession à nous imiter démontre une chose: il est obsédé par la candidature de Marine Le Pen, et roule donc pour Valérie Pécresse et le système puisqu’avec ce type de mesquinerie il dévoile sa volonté d’affaiblir le camp national. C’est peut-être parce qu’aujourd’hui il est a 11% qu’il cherche à copier Marine Le Pen?",  a indiqué un proche de la candidate du RN auprès de BFMTV. Ce n'est pas la première fois qu'Éric Zemmour vient sur les terres de Marine Le Pen. Aux Sables-d'Olonne le week-end dernier, alors que sa rivale avait prévu de s'y rendre, le candidat d'extrême-droite s'était invité au dernier moment contraignant la candidate à changer ses plans.

En attendant cette confrontation à distance, le candidat à l'élection présidentielle sera ce week-end à Nice et à Cannes, villes importantes des Républicains Eric Ciotti et David Lisnard. Le but à peine caché est bien de se rapprocher de certaines idées d'Eric Ciotti, finaliste des primaires LR comme sur la suppression des droits de succession. Appelée par le député des Alpes-Maritimes "l'impôt sur la mort", l'expression a été reprise par le candidat de "Reconquête!", le week-end dernier. Stagnant dans les sondages, Éric Zemmour a donc décidé de chasser sur les terres de ses principaux rivaux.

Eric Zemmour peut-il être empêché de se présenter à la présidentielle ?

Eric Zemmour peut-il être empêché de se présenter à la présidentielle ? - Éric Zemmour ©Francois Mori/AP/SIPA

Chronique de campagne du 17 janvier. 17h20. La condamnation d'Eric Zemmour en première instance peut-elle venir parasiter sa campagne électorale ? Sur le fond oui, mais pas sur la forme. En effet, tant qu'une condamnation n'est pas assortie d'une privation de ses droits d'éligibilité, elle n'empêche pas de se présenter à une quelconque élection, la présidentielle comprise. Surtout, l'inéligibilité ne peut être prononcée que si une peine est prononcée lorsque le mis en cause exerce une fonction au gouvernement ou un mandat électif public.

Elle n'est décidée, en complément d'une peine carcérale, que dans des jugements pour crime ou plusieurs délits, tels que la corruption, les agressions sexuelles, le harcèlement, l'usage de faux, la fraude fiscale ou encore la prise illégale d'intérêt. C'est dans ce cadre là que, notamment, Patrick et Isabelle Balkany avaient été déchus de leurs mandats de maire et première adjointe de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). Les chefs d'accusation retenus contre Eric Zemmour n'entrant pas dans ce cadre, le polémiste peut toujours prétendre à la fonction suprême. D'autant qu'il a fait appel de la décision et est à nouveau présumé innocent.

Après sa condamnation, Eric Zemmour se pose en victime expiatoire

Après sa condamnation, Eric Zemmour se pose en victime expiatoire - Éric Zemmour ©

Chronique de campagne du 17 janvier. 16h15. La jugement rendu par le tribunal de Paris va-t-il venir troubler un peu plus la campagne d'Eric Zemmour ? Alors que le polémiste semble au point mort, le délibéré rendu ce lundi vient s'ajouter aux difficultés connues ces dernières semaines, entre perte de vitesse dans les sondages, vidéo d'annonce de candidature diffusée sans avoir les autorisations pour les images ou encore propos polémiques sur la scolarisation des enfants handicapés. Condamné en première instance pour avoir déclaré au sujet des mineurs étrangers isolés (dits "mineurs non accompagnés") que "ces jeunes, tous, n'ont rien à faire ici. Ils sont voleurs, ils sont assassins, ils sont violeurs, c'est tout ce qu'ils sont. Il faut les renvoyer. Il ne faut même pas qu'ils viennent" sur CNews, en septembre 2020, le polémiste a été déclaré coupable de "complicité de provocation à la haine ou à la violence" et "complicité d'injures publiques envers un groupe de personnes, à raison de leur origine ou de leur appartenance". 

Déjà condamné... et plusieurs fois relaxé

Bien qu'il avait tempéré ses propos -"tous les mineurs isolés ne sont pas des voleurs et des violeurs, mais la responsabilité de la France et du gouvernement, c'est de ne pas prendre le risque. Tant qu'il y en aura, il ne faut pas les laisser entrer"-, Eric Zemmour voit une ligne de plus apparaître sur son casier judiciaire. Pour l'heure, il ne s'agit que de sortir le carnet de chèque en guise de dédommagement. Le candidat d'extrême-droite a été condamné à 100 jours-amende à 100 euros. Mais en cas de non paiement, il pourrait être envoyé derrière les barreaux. Les versements ne vont, pour autant, pas commencer tout de suite, le fondateur de Reconquête ayant interjeté appel. « La plupart du temps, nous avons obtenu des relaxes en appel et en cassation », a relevé son avocat, Me Olivier Pardo, à l’issue de l’audience. 

En effet, Eric Zemmour a été relaxé après plusieurs condamnations en première instance, pour "incitation à la haine raciale" en 2014 sur RTL, "provocation à la haine envers les musulmans" lors d’une interview au Corriere della Serra la même année ou encore pour "injure et provocation à la haine" à la suite de son discours à la Convention de la droite en 2019. Il a toutefois été condamné à deux reprises, jugé coupable de "provocation à la discrimination raciale" à la suite de propos tenus le 6 mars 2010 sur France Ô puis dans "Salut les terriens" (Canal +), mais également pour "provocation à la haine religieuse envers les musulmans", dans "C à vous" (France 5) en 2016. 

Victime expiatoire ?

Cette nouvelle condamnation en première instance arrive le jour de la sortie d’un sondage réalisé par Kantar Public pour Franceinfo et Le Monde dans lequel 62 % de sondés (1016 personnes interrogées au total) perçoivent le prétendant à l’Elysée comme un danger pour la démocratie. Mais qu’importe pour le polémiste qui brigue le Palais. Il veut même tenter de tirer profit de la situation en se posant en victime expiatoire pour convaincre les dubitatifs de le rejoindre. Dans son communiqué, Eric Zemmour étaye ses propos sur les mineurs étrangers isolés par un rapport d’information du Sénat, en date du 29 septembre 2021, indiquant que "sur la délinquance liée aux jeunes en errance, le constat est sans appel : les infractions commises sont de plus en plus nombreuses, graves et violentes". 

Le candidat assure donc, entre les lignes, "dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas"… voire même au Parlement. "En tant que citoyens français, nous devons exiger le droit d’aborder cette question, qui concerne malheureusement de plus en plus de Français, sans risque d’être inquiétés par la Justice". Il estime même que la décision du tribunal de Paris est "la condamnation d’un esprit libre par un système judiciaire envahi par les idéologues" et milite pour "la fin de ce système qui resserre chaque jour un peu plus le garrot sur la liberté d’expression et le débat démocratique". 

Accusé de tout bord, notamment par des associations "antiracistes" mais aussi des Départements "essentiellement de gauche" selon ses dires, Eric Zemmour tente de se servir de cette condamnation comme un tremplin pour essayer de repartir plus haut dans les intentions de vote, lui qui veut être le chantre de l’opposition aux "contre-pouvoirs qui sont devenus le pouvoir, c’est-à-dire la justice, les médias, les minorités". "Nous devons enlever le pouvoir à ces contre-pouvoirs", avait-il lancé à Béziers. L’adoption de cette posture sera-t-elle salvatrice pour le polémiste ou l’électorat qui pourrait être tenté par cette candidature nouvelle s’éloignera-t-il, au contraire, d’un postulant à la fonction suprême aux discours pour le moins singulier ? 

Eric Zemmour condamné à 10 000 euros d'amende après ses propos sur les mineurs isolés

Eric Zemmour condamné à 10 000 euros d'amende après ses propos sur les mineurs isolés - Éric Zemmour ©

Chronique de campagne du 17 janvier. 14h12. Eric Zemmour a été condamné, lundi 17 janvier 2022, à 10 000 euros d'amende par le tribunal de Paris pour "complicité de provocation à la haine raciale" et "injure publique", a annoncé la juridiction dans son délibéré, en début d'après-midi, à la suite de ses propos tenus sur CNews en septembre 2020 sur les mineurs isolés. Eric Zemmour devra également verser des dommages-intérêts à Ligue des droits de l'homme, au Mrap et à la Licra.

Toutefois, le polémiste a annoncé faire appel de la décision, dénonçant une "condamnation d'un esprit libre par un système judiciaire envahi par les idéologues". Et ajoute sans détour : "nous voulons la fin de ce système qui resserre chaque jour un peu plus le garrot sur la liberté d'expression et le débat démocratique. Ce système fabrique du délit d'opinion de manière industrielle. Il est urgent de chasser l'idéologie des tribunaux. La justice doit redevenir la Justice et la France doit rester la France".

Le 29 septembre 2020, Eric Zemmour avait déclaré que les mineurs isolés sont "voleurs, ils sont assassins, ils sont violeurs, c'est tout ce qu'ils sont". Une déclaration qui faisait suite à l'attaque à la machette le 25 septembre 2020 de policiers devant les anciens locaux de Charlie Hebdo par un jeune Pakistanais, alors qualifié à tort de mineur isolé. 10 000 euros d'amende avaient été requis par le parquet.

En savoir plus

Zemmour candidat à l'élection présidentielle 2022

Eric Zemmour a officialisé sa candidature à l'élection présidentielle de 2022 le mardi 30 novembre 2021, dans une vidéo postée sur Internet et relayé dans les médias. L'ex-journaliste ne s'en était pas caché ces derniers mois, il comptait jouer un rôle dans cette campagne présidentielle. Le 28 août, il affirmait sans sourciller qu'il avait "envie" d'unir les droites. Après être allé à "la rencontre des Français" en tant qu'essayiste pour promouvoir son livre, après avoir multiplié les séances de dédicaces voire les réunions publiques, après avoir début septembre mis entre parenthèses sa collaboration avec Le Figaro, il s'est déclaré candidat dans une vidéo de 10 minutes où on a pu l'observer assis à un bureau, dans un décor de bibliothèque un rien suranné, lisant son texte devant un micro. Une posture que d'aucuns auront comparée à celle du général de Gaulle lors de l'appel du 18 juin. Surtout, la vidéo de candidature d'Eric Zemmour a été entrecoupée de dizaines d'images et d'extraits vidéo, visant à illustrer le déclin de la France ou à l'inverse la grandeur perdue du pays. De nombreux extraits utilisés sans l'accord des auteurs et qui a provoqué de nombreuses protestations et menaces de plainte de la part des ayants droit.

Quels sont les résultats des sondages sur Eric Zemmour ?

Eric Zemmour va-t-il venir dynamiter la campagne présidentielle et rebattre toutes les cartes ? S'il a attendu plusieurs mois avant de se déclarer officiellement candidat au scrutin, le polémiste avait été identifié comme un acteur de la vie politique dès le mois de septembre en raison de ses prises de parole et déplacements multiples. Ainsi, dès le mois de septembre, il a été intégré dans les enquêtes d'opinion réalisées par les sondages. Et sa présence a d'emblée suscité un réel attrait d’une partie des électeurs. Les idées de l’ancien journaliste semblent infuser dans l’opinion publique. Au point que, tout juste crédité de 5,5 % des voix le 9 juin (sondage Ifop), Eric Zemmour est désormais donné aux alentours de 15 % dans les intentions de vote. Il a parfois même été donné devant Marine Le Pen à l'automne, mais connait un coup de frein dans les sondages depuis la mi-novembre. Découvrez la compilation des sondages réalisée par le journal Contexte ci-dessous.

Quel est le programme d'Eric Zemmour pour la présidentielle ? 

Eric Zemmour a d'ores et déjà distillé une partie de son programme pour la présidentielle. Dans le domaine de l'immigration qu'il évoque constamment, le polémiste dit vouloir mettre fin au droit du sol et instaurer la préférence nationale pour les allocations, mais aussi supprimer l'Aide médicale d'Etat. Raillé pour ses faiblesses en matière d'économie, l'ancien journaliste se dit favorable à la retraite à 64 ans, à l'instauration des 39 heures dans la fonction publique ou encore à la baisse massive des impôts de production. Il prône également la création d'un grand ministère de l'Industrie pour orienter les commandes publiques vers les entreprises françaises et fat de la réindustrialisation du pays une priorité. Sur la question des salaires, Eric Zemmour propose une diminution de la CSG de 9% à 2,5% pour les salaires entre le Smic et 2000 euros net et se dit contre un retour de l'ISF. Prônant la simplification administrative via la création d'un Haut-commissariat chargé de la mettre en oeuvre, le candidat veut un retour aux 90km/h et le port de l'uniforme à l'école.

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