Résultat de Sandrine Rousseau aux législatives : largement en tête

"Résultat de Sandrine Rousseau aux législatives : largement en tête"

Résultat de Sandrine Rousseau aux législatives : largement en tête SANDRINE ROUSSEAU. Sandrine Rousseau, candidate malheureuse à la primaire écologique pour la présidentielle 2022, est candidate sous la bannière de la gauche rassemblée aux élections législatives 2022. À l'issue du premier tour, elle est en bonne position pour le second tour.

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Selon les premiers résultats partiels, Sandrine Rousseau est donnée en tête dans la 9e circonscription de Paris. La candidate de la Nupes obtient 42,90% des votes, loin devant Buon Tan (LREM) qui retient 26,77% des suffrages, et Jean-Baptiste Olivier (LR), qui compte 7,3% des voix, selon les résultats partiels fournis par le ministère de l'Intérieur (à 35% de dépouillement). (On note que l'homonyme de la candidate écologiste, Sandrine Rousseau, estampillée divers droite, a, pour sa part, recueilli 1,88%.)

En direct sur LCI, Sandrine Rousseau, l'écologiste, a déclaré : "Je pense qu'il peut y avoir une surprise. On a essayé de tuer l'espoir qui s'était levé après le score de Mélenchon mais on reprend le chemin de cet espoir. (...) On nous a privé de politique et de débats d'idées". Sandrine Rousseau se présente au nom d'Europe-Ecologie-les Verts mais surtout de la Nouvelle union populaire écologique et sociales (Nupes). Ecologiste et féministe, Sandrine Rousseau entend porter ces enjeux mais ce sont la santé, l'éducation, la pollution et le logement qu'elle a placés au cœur de sa campagne, en phase avec le programme commun de la Nupes.

Et pour cause, la 9ème circonscription recouvre un territoire qui a plébiscité le leader de la France insoumise au premier tour de la présidentielle, des résultats qui donnent de bonne raison de croire à la victoire de Sandrine Rousseau face au sortant marcheur, Buon Tan. "J'ai bon espoir de renverser le sortant. Il faut que je lui demande le numéro de son siège dans l'hémicycle pour que je puisse me repérer", a déclaré sur un ton léger la candidate au Parisien le 25 mai. À l'issue du premier tour, cette assertion semble plus proche que jamais de se réaliser, Sandrine Rousseau semble bien partie pour le second tour dimanche 19 juin.

Sandrine Rousseau, candidate Nupes et féministe

L'écologiste est aussi connue pour son militantisme féministe. Fondatrice d'une association pour libérer la parole et venir en aide aux femmes victimes de violences sexuelles et régulièrement présente dans les manifestations du mouvement #MeToo, Sandrine Rousseau veut défendre les femmes. Récemment elle s'est exprimée sur l'affaire Abad, ministre des Solidarités accusé de viols, en demandant son retrait du gouvernement par " principe de précaution ". Mais la Nupes aussi a été tourmentée par des accusations d'agressions sexuelles visant l'ex-candidat Taha Bouhafs. Une réaction de Sandrine Rousseau était attendue dans tous les médias et l'élue a pris la parole sur France Inter après l'annonce du retrait de la candidature de Taha Bouhafs, de quoi faciliter l'intervention : "En cinq jours, l'affaire a été réglée au sein de la Nupes. Quel parti, quelle force politique a agi si rapidement ?". Et la candidate d'ajouter : "Cette femme m'a contacté, j'ai eu un entretien assez long avec elle. Je lui ai demandé d'écrire son témoignage pour clarifier les dates, les faits."

Face à un homonyme !

C'est un événement inattendu qui a marqué la campagne de Sandrine Rousseau. Elle livre la bataille des législatives face à un homonyme : Sandrine Rousseau, la candidate de Mouvement de la Ruralité, anciennement Chasse, Pêche, Nature et Traditions. L'occasion pour le petit parti était trop belle pour ne pas être saisie. Le mari de la candidate homonyme reconnaît au Parisien que "c'était l'occasion de faire le buzz" mais le représentant du parti en Ile-de-France assure qu'au-delà de la blague, la candidature de Sandrine Rousseau pour LMR est "très sérieuse" : "Si on n'avait pas eu Sandrine Rousseau, on aurait quand même mis quelqu'un face à Sandrine Rousseau. On va se servir de ça pour porter nos messages sur la France rurale." Si la candidature qui semble faire doublon a décroché un sourire aux électeurs, elle n'a pas fait rire la candidate écologiste qui dénonce des stratégies poutinistes dans Le Monde : "J'y vois une stratégie pour me faire taire. J'assume être en faveur d'une écologie radicale, dans laquelle les chasseurs n'ont pas leurs entrées dans tous les ministères. Ayons des débats politiques sur ces sujets. Là, on en est loin, ce sont des méthodes fascisantes".

Sandrine Rousseau peut-elle être élue députée ?

Candidate à la primaire écologique pour la présidentielle 2022, Sandrine Rousseau s'est faite devancer par Yannick Jadot. A part cette rapide expérience, l'écologiste s'est toujours lancée dans des élections locales dans le Nord : élections régionales de 2010 et 2015, élections législatives en 2012 - scrutin qu'elle n'a pas remporté - et élections municipales en 2014. Sandrine Rousseau a donc décidé de changer d'air et de tenter sa chance à Paris dans la 9ème circonscription. Compte tenu des résultats du secteur à la présidentielle, avec 36% des voix pour Jean-Luc Mélenchon, l'écologiste peut espérer réunir les voix des électeurs de la gauche, de ceux votant LFI aux électeurs socialistes et passant bien sûr par les écologistes, sa famille politique d'origine. Mais face à elle, le député sortant et réinvesti par La République en marche peut aussi s'appuyer sur le nombre confortable de votes glanés par Emmanuel Macron lors de la présidentielle en plus d'être rassuré par sa précédente victoire dans la circo en 2017. 

Qui est Sandrine Rousseau ? 

Sandrine Rousseau, 50 ans, a commencé sa carrière politique en adhérant à Europe Écologie, dès la création du parti, en 2009, comme le rappelle Libération. Elle était alors maîtresse de conférences en économie à l'université de Lille. Candidate aux élections européennes, puis régionales, elle devient ensuite vice-présidente du Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, chargée de l'enseignement supérieur et de la recherche. En mars 2016, alors qu'elle est secrétaire nationale adjointe d'EELV, c'est l'une des quatre élues à accuser à visage découvert le député Denis Baupin de harcèlement et d'agressions sexuelles, dans une enquête publiée par France Inter et Mediapart. L'affaire est classée sans suite en 2017, date à laquelle Sandrine Rousseau décide de faire une pause politique de trois ans.

En 2020, Sandrine Rousseau réintègre la vie politique et profite de l'élection présidentielle qui s'approche pour faire son retour en devenant candidate à la primaire écologique face à Yannick Jadot. Si elle accède au second tour du scrutin face au leader d'EELV elle est battue de peu avec 49,78% des voix. Elle rejoint l'équipe de campagne de son adversaire avant d'en être exclue après des désaccords politiques.

Le nucléaire, le grand combat de Sandrine Rousseau

S'il y a un combat que la candidate voulait mener en cas de victoire à la primaire EELV, et désormais en cas d'obtention d'un siège au palais Bourbon, c'est bien celui du nucléaire. Sandrine Rousseau estime qu'"on a l'obligation de sortir du nucléaire le plus rapidement possible", un point inscrit dans le programme commun de la Nupes. L'alliance de la gauche défend la sortie des énergies carbonées mais aussi le "à 100 % d'énergies renouvelables et la sortie du nucléaire avec un double mot d'ordre : sobriété et efficacité".

Sandrine Rousseau, une candidate féministe

L'ancienne numéro 2 d'EELV s'est fait connaître du grand public lors de l'affaire Denis Baupin, en 2016. Sandrine Rousseau quitte EELV en septembre 2017. Elle écrit un livre, puis fonde une association, En parler, qui a pour objectif de libérer la parole et de venir en aide aux femmes victimes de violences sexuelles. Le déclic pour son retour en politique a eu lieu lors de la nomination de Gérald Darmanin à l'Intérieur, en juillet 2020, alors qu'il est accusé de viol et de harcèlement sexuel. Depuis elle est vue dans toutes ou presque les manifestations du mouvements #MeToo. Cependant, Sandrine Rousseau ne souhaite pas que l'on résume sa candidature à ses engagements féministes. "De l'urgence climatique à une réforme profonde de notre Ve République, je porte un projet de renversement de la domination au sens large", affirme-t-elle au Monde.

L'affaire Denis Baupin

Sandrine Rousseau est l'une des figures de l'affaire Denis Baupin. L'homme, ancienne figure d'EELV, a été mis en cause par plusieurs femmes pour des faits d'agressions et de harcèlement sexuel de la fin des années 90 à fin 2013 dont Sandrine Rousseau. Député de 2012 à 2017, Denis Baupin avait contesté les faits qui "lui sont totalement étrangers" mais avait tout de même démissionné de la vice-présidence de l'Assemblée et s'était mis "en retrait" du groupe écologiste. Lors du procès, l'ancienne secrétaire adjointe d'EELV avait livré son témoignage. "À l'occasion d'une pause, je suis allée aux toilettes. Il [Denis Baupin] m'attendait, il m'a plaquée contre le mur, a cherché à m'embrasser, m'a mis les mains sur les seins, raconte-t-elle. C'était extrêmement furtif, je me suis dégagée, je suis partie aux toilettes flageolante. Je me suis passée de l'eau sur le visage puis je suis revenue à la réunion". L'affaire classée sans suite, Denis Baupin attaquait ses accusatrices pour diffamation et se fera condamner. Le tribunal correctionnel a en effet accordé la relaxe aux femmes et médias accusant l'ancien député. Ce dernier sera contraint de "verser au moins 500 euros de dommages et intérêts, pour "abus de constitution de partie civile", à chacun des prévenus."

Famille de Sandrine Rousseau

Sandrine Rousseau grandit entre Paris et La Rochelle, dans une famille engagée à gauche. Ses parents sont inspecteurs des finances publiques. Sa mère est "très impliquée à la Confédération française démocratique du travail (CFDT)", puis dans le réseau Artisans du Monde. En 2013, la mère de Sandrine Rousseau, atteinte d'un cancer en phase terminale, décide de mettre fin à ses jours en absorbant des médicaments. Sa fille, impuissante, avait publié sur son blog de l'époque une tribune dans laquelle elle demandait la "légalisation du suicide assisté". "Rien de tout cela n'a été digne en réalité. Ni pour elle, contrainte à l'indignité de devoir mourir devant sa fille et son mari, de se vider, d'étouffer, d'agoniser en mille et une souffrances. Ni pour nous, ses proches, contraints de subir une des plus dures épreuves qu'il nous ait été donné de traverser", écrit-elle en demandant "que l'agonie de (sa) mère serve à faire avancer le débat".

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