Municipales 2026 à Paris : le duel entre Dati et Grégoire pas assuré, résultats des sondages et dernières infos
Un duel entre la gauche et la droite à Paris ? C'est le scénario auquel se préparent le PS, qui espère conserver l'Hôtel de ville, et Rachida Dati qui convoite la capitale pour les élections municipales prévues le 15 et le 22 mars 2026. Sauf que d'autres listes semblent en mesure de s'inviter au deuxième tour du scrutin, car ni la gauche, ni la droite ne part avec un front uni. Les forces de gauche sont bien parvenues à un accord "historique" pour des élections municipales : le PS, le PCF, le parti Ecologiste et le parti Place publique se réunissent sur une liste commune portée le candidat socialiste dès le 1er tour du scrutin pour essayer de maintenir la capitale dans le giron de la gauche. Seule LFI n'a pas pris part à l'alliance.
L'union incomplète de la gauche peut s'avérer payante puisque Rachida Dati doit faire face à plusieurs concurrents à droite. Le camp présidentiel, qui devait la soutenir, lui a préféré la candidature d'un membre du parti Horizons, tandis que des candidatures dissidentes ont été officialisée à droite. Sans compter l'entrée en course de Sarah Knafo pour le parti Reconquête qui risque encore de diviser les voix des électeurs de droite. En plus de ses multiples adversaires, la maire du VIIe arrondissement de Paris est affaiblie par son renvoi en correctionnelle pour corruption et trafic d'influence en septembre 2026, pour lequel elle encourt une peine d'inéligibilité. Malgré ses complications, Rachida Dati ne renonce pas aux élections municipales et a annoncé le dimanche 18 janvier qu'elle quittera bien le gouvernement avant le scrutin pour mener sa campagne, sans donner la date exacte de son départ.
Tous les candidats aux municipales de Paris
- Liste Lutte ouvrière : Marielle Saulnier
- Liste NPA - Révolutionnaires : Blandine Chauvel
- Liste LFI : Sophia Chikirou
- Liste d'union PS, Ecologistes, PCF, Place publique : Emmanuel Grégoire
- Liste Horizons et Renaissance : Pierre-Yves Bournazel
- Liste LR soutenue par le MoDem : Rachida Dati
- Liste divers droite : Francis Szpiner
- Liste Reconquête : Sarah Knafo
- Liste RN : Thierry Mariani
Ce que disent les sondages sur les municipales 2026 à Paris
Une alliance de gauche menée par Emmanuel Grégoire et réunissant le PS, les Ecologistes et le PCF arriverait en tête du 1er tour des élections municipales 2026 à Paris selon le sondage Elabe-Berger-Levrault pour La Tribune Dimanche et BFMTV paru samedi 10 janvier 2026. Elle obtiendrait 33% des intentions de vote et relèguerait Rachida Dati en deuxième position avec un score de 26%.
La formation d'une alliance de gauche dès le premier tour remet donc en question la position de favorite accordée à Rachida Dati. Si la maire du VIIe arrondissement de Paris est systématiquement en mesure de se qualifier pour le 2e tour selon les résultats des sondages, elle n'est plus forcément en tête au premier tour. Les deux listes "favorites" devanceraient toutefois de loin celle du camp présidentiel portée par Pierre-Yves Bournazel (16%), celle de Sophia Chikirou (11%) et celle de Sarah Knafo (9%).
Les sondages ne sont qu'un reflet d'une tendance à un instant T et ne présument pas de l'issue des élections. Cette étude a été réalisée du 2 au 9 janvier, majoritairement avant l'officialisation de la candidature de Sarah Knafo, sur un échantillon de 1 100 personnes, représentatif de la population résidente de Paris âgée de 18 ans et plus.
Au second tour, un duel entre Emmanuel Grégoire et Rachida Dati s'annonce extrêmement serré. Dans l’hypothèse où chacune des listes dépassant actuellement les 10% se maintiendraient (quadrangulaire), Emmanuel Grégoire et Rachida Dati seraient quasiment à égalité (respectivement 36% et 35%) d'après le même sondage. Dans cette hypothèse, Pierre-Yes Bournazel obtiendrait 17% et Sophia Chikirou 12%.
Autre hypothèse testée : Pierre-Yves Bournazel et Sophia Chikirou se retirent, laissant le champ libre aux deux favoris. Ici, c'est une égalité parfaite, 50% pour chacun des deux candidats. Reste que la candidate insoumise pourrait décider de se maintenir pour obtenir des sièges au conseil municipal sans avoir à négocier avec une liste commune de gauche. Auquel cas, Rachida Dati aurait l'avantage avec 47% des suffrages, contre 42% pour Emmanuel Grégoire et 11% pour la candidate LFI. Enfin, si Sarah Knafo passe les 10% et que le deuxième tour donne lieu à une triangulaire entre la candidate du parti d'Eric Zemmour, Emmanuel Grégoire et Rachida Dati (Pierre-Yves Bournazel et Sophia Chikirou se retireraient), Emmanuel Grégoire aurait alors l’avantage : 48%, contre 41% pour Rachida Dati et 11% pour Sarah Knafo.
17:02 - Un ancien journaliste parmi les candidats de la liste de Rachida Dati
Les têtes de liste LR pour les élections municipales de Paris ont été rendus publics. Sans surprise, la plupart de noms sont issus de la droite et à la rigueur du centre. Certains candidats ont déjà fait parler d'eux comme celle en lice dans le VIIIème arrondissement, Catherine Lécuyer, qui a été préférée à la maire sortante de la droite Jeanne d'Hauteserre. Cette dernière a cependant décidée de se présenter en tant que candidat dissidente de son arrondissement. Un autre nom a fait parler : Thierry Guerrier, candidat dans le XVIIIème arrondissement. L'homme, ancien journaliste pour plusieurs chaînes dont France Inter, le groupe TF1 ou encore France Télévision.
Comment en est-il arrivé à soutenir Rachida Dati et à sa présenter aux municipales à Paris ? Il l'explique dans un entretien au Parisien : "J’ai connu [Rachida Dati] lorsque j’étais journaliste politique. Elle voyait que j’étais en colère vis-à-vis de la municipalité sur les réseaux sociaux et je me suis mis à la soutenir spontanément". "Elle m’a proposé de venir échanger avec des Parisiens, lors d’un déplacement dans le XVIIIe, en novembre. Elle avait son idée derrière la tête et m’a demandé si je voulais aller plus loin. Après un petit temps de réflexion — car je sais que, venant de la gauche, je vais en prendre plein la figure —, j’ai dit oui", a-t-il ajouté.
12:42 - Marlène Schiappa, candidate sur la liste de Pierre-Yves Bournazel à Paris
L'ancienne ministre macroniste qui a quitté le gouvernement en juillet 2023 signe un retour en politique en figurant sur la liste du candidat Horizons, soutenu par Renaissance, Pierre-Yves Bournazel. Marlène Schiappa a officialisé sa candidature dans un entretien au Point dans lequel elle affirme que le philippiste "sera le meilleur maire pour Paris" : "Ce n’est peut-être pas une star, mais c’est quelqu’un de compétent". Et d'ajouter que face à la "menace extrémiste très forte dans la capitale, de part et d’autre", Pierre-Yves Bournazel est "le seul candidat qui est clair sur le fait qu’il ne s’alliera ni avec l’extrême droite, ni avec l’extrême gauche".
22/01/26 - 19:00 - Dati affaiblie par une nouvelle candidature dissidente à droite
La campagne de Rachida Dati, plus difficile que prévue, se complique davantage avec l'entrée en campagne d'une nouvelle adversaire issue de son propre camp : la maire du VIIIème arrondissement de Paris, Jeanne d’Hauteserre. Cette dernière qui avait demandé à être tête de liste dans son arrondissement a essuyé un refus de la part de Rachida Dati et a décidé de se présenter malgré tout. Les deux femmes politiques sont en froid depuis que Jeanne d'Hauteserre, qui ne mâche pas ses mots, à pointer "l'hypocrisie" de certains élus LR qui rechignent à construire des logements sociaux et demandent à loger certains de leurs proches. Des faits reprochés à Rachida Dati, accusée d'avoir chercher à loger sa soeur, des faits que l'intéressée dément. Cette nouvelle candidature risque encore de diviser les voix de la droite, lesquelles ont déjà des chances de se répartir entre le candidat macroniste, la candidate LR et Sarah Knafo, en lice pour le parti Reconquête.
22/01/26 - 15:41 - Emmanuel Grégoire a "deux boulets aux pieds" selon LR
Travaillant toujours à instaurer et à remporter le duel entre Dati et Grégoire, la droite fait campagne derrière la maire du VIIème arrondissement et contre le candidat socialiste. Valérie Pécresse a ainsi estimé sur BFMTV qu'Emmanuel Grégoire "a deux boulets aux pieds". Lequel ? Elle s'explique : "Il a le bilan d'Anne Hidalgo qui est son bilan puisqu'il était son premier adjoint". Un bilan qu'elle résume par un "Paris qui n'a jamais été aussi clivé, aussi sale, aussi insécure et qui fait fuir les classes moyennes et les familles". Quant au deuxième boulet, il s'agit de "ses alliances de premier tour avec Mr Belliard (du camp écologiste) et Mr Brossat (du parti communiste) jusqu'à Mme Simonnet qui est une ancienne de LFI". Dénonçant particulièrement le rapprochement avec l'ex-insoumise, Valérie Pécresse accuse la gauche de "donner des leçons en disant qu'il ne faut pas s'allier aux extrême" et de ne "jamais" se les appliquer.
22/01/26 - 12:56 - Pécresse appelle tous les électeurs à voter Dati dès le premier tour des municipales
La présidente LR de la région Ile-de-France soutien sans équivoque Rachida Dati pour les élections municipales 2026 à Paris. Valérie Pécresse appelle d'ailleurs tous les électeurs, en particulier ceux susceptibles de voter pour le candidat philippiste Pierre-Yves Bournazel et ceux tenter de voter encore plus à droite que LR, à soutenir la maire du VII arrondissement dès le premier tour. "Il y aura un seul maire de Paris en mars, soit Rachida Dati, soit Emmanuel Grégoire, tous le reste c'est la machine à perdre" a lancé la présidente de région sur BFMTV pour convaincre. Une réunion des électeurs dès le premier tour est cruciale pour Valérie Pécresse qui estime que "quand Rachida Dati aura arracher sa victoire à Paris, elle aura besoin d'une majorité extrêmement soudée et solide, et certainement pas d'un attelage de bric et de broc" qui résulterait d'une alliance de deuxième tour.
21/01/26 - 14:17 - Anne Hidalgo officialise (enfin) son soutien à Emmanuel Grégoire
Malgré leurs différends, Emmanuel Grégoire et Anne Hidalgo s'afficheront ensemble pendant la campagne des élections municipales à Paris. La maire sortante de la capitale a officialisé son soutien le mardi 20 janvier dans un entretien aux Echos : "J’ai toujours dit que je voterais pour la gauche et celui qui conduit la liste, c’est Emmanuel Grégoire". S'il y avait peu de suspense, cette prise de parole brise le silence pesant entre l'édile et le candidat socialiste à sa succession. Elle était d'ailleurs nécessaire pour Emmanuel Grégoire qui attend ce soutien public depuis sa victoire à la primaire socialiste face au poulain d'Anne Hidalgo, Rémi Féraud. La maire sortante précise toutefois que son soutien ne vaut que pour une liste de gauche de laquelle LFI est exclue, rejoignant la position du candidat du PS.
Le soutien public d'Anne Hidalgo à Emmanuel Grégoire est jugé "appréciable" par certains soutiens de la liste d'union de la gauche. Si le candidat l'accueille avec plaisir, il n'oublie pas que l'un de ses objectifs est aussi de se démarquer de l'édile sortante tout en défendant le bilan des mandats de la socialiste, une exercice d'équilibriste des plus délicats.
20/01/26 - 15:24 - Les propositions des candidats à la mairie de Paris pour la sécurité
Depuis plusieurs scrutins, la sécurité s'impose comme un sujet phare pour les électeurs comme pour les candidats et les municipales à Paris ne font pas exception. Tous les candidats ont des propositions plus ou moins précises pour renforcer la sécurité de la capitale, ils sont nombreux à vouloir doubler le nombre d'agents de police pour les faire passer de 2 200 à 5 000 à l'instar de Rachida Dati (LR), d'Emmanuel Grégoire (PS) ou de Sarah Knafo (Reconquête). Pierre-Yves Bournazel va plus loin en fixant l'objectif de 6 000 agents. Le candidat macroniste ainsi que les deux femmes de droite défendent aussi l'armement de agents et le renforcement de leur présence sur le terrain et même pour permettre à la police d'être joignable 24h/24 comme le promettent Pierre-Yves Bournazel et Thierry Mariani (RN). Du camp présidentiel jusqu'à l'extrême droite, on défend aussi l'idée de créer des brigades spécifiques pour rendre la police plus efficiente : des drones pour Bournazel, des brigades équestres sur le Champs de Mars ou les bois de Boulogne et Vincennes pour Dati, des brigades dédiées à certaines sites pour Knafo et une armada complère pour Mariani : des brigades anti‑squats, anti‑drogue, anti‑campements clandestins...
Ils sont quelques-uns à vouloir renforcer ou élargir les prérogatives de la police et à vouloir mettre en place ou renforcer les sytèmes de vidéoprotection comme Bournazel, Dati et Grégoire. Le candidat centriste et celui de gauche plaident aussi pour une meilleures surveillance des écoles et la mise en place de bouton d'alerte relié aux commissariats dans les établissements scolaires pour le premier et les abribus pour le second.
La candidate insoumise s'inscrit plus en décalage de ses rivaux et défend l'idée d'une charte municipale encadrant les interventions de la police municipale pour proscrire toute pratique discriminatoire ou assimilable à un contrôle au faciès et garantir la traçabilité, la formation des agents et des mécanismes de signalement et de sanction.
19/01/26 - 15:20 - Une quinquangulaire possible au second tour des municipales à Paris ?
Les différents sondages s'accordent sur le fait que la liste de Rachida Dati et celle de l'alliance de la gauche devraient se qualifier, mais ces mêmes études indiquent que d'autres listes sont également en mesure de se qualifier pour le second tour. Une quadrangulaire paraît probable puisque quatre listes sont créditées d'au moins 10% des intentions de vote selon tous les sondages : l'alliance de la gauche et la candidate LR donc, mais aussi celle du candidat macroniste Pierre-Yves Bournazel et celle de l'insoumise Sophia Chikirou. Enfin, une cinquième candidate pourrait créer la surprise : Sarah Knafo du parti Reconquête. Donnée proche voire au-dessus des 10% des intentions de vote, la candidate peut être une concurrente pour Rachida Dati. Si la candidate espère arriver en tête du premier tour, elle assure que le cas échéant elle ne sera jamais un obstance à une victoire de la droite. Or, Rachida Dati reste, pour l'heure, la meilleure chance de la droite à Paris.
Un changement dans le mode de scrutin à Paris
Le Parlement a définitivement adopté la réforme du scrutin municipal, à Paris, Lyon et Marseille, jeudi 10 juillet. Pour les trois plus grandes villes de France. Jusqu'ici, les électeurs votaient pour une liste de conseillers dans chaque arrondissement ou secteur. Les élus qui étaient placés en haut de cette liste entraient au conseil municipal de la ville et élisaient ensuite le ou la maire.
Avec ce nouveau suffrage, les électeurs voteront pour leur conseiller municipal comme dans toutes les autres communes de France. Il y aura ensuite une élection distincte pour élire les maires d'arrondissement. Cela se passe le même jour, avec deux urnes différentes. Les électeurs auront ainsi un bulletin de vote pour élire les conseillers d’arrondissement, qui éliront ensuite parmi eux le ou la maire d’arrondissement ; un bulletin pour élire les membres du Conseil de Paris, qui éliront ensuite parmi eux le ou la maire de Paris.
Au Conseil de Paris, la liste qui obtient la majorité absolue au premier tour ou arrive en tête au second tour obtient 25 % des sièges automatiquement, les sièges restants sont répartis proportionnellement entre toutes les listes ayant obtenu au moins 5 % des voix.
Dans les conseils d’arrondissement, la liste qui obtient la majorité absolue au premier tour ou arrive en tête au second tour obtient 50% des sièges automatiquement, les sièges restants sont répartis proportionnellement entre toutes les listes ayant obtenu au moins 5% des voix.