Les enfants français vont-ils mourir à la guerre ? Le gouvernement explique la stratégie militaire
Les mots du général Fabien Mandon ne passent pas. "Si, pour dissuader le régime de Moscou, notre pays flanche parce qu'il n'est pas prêt à accepter de perdre ses enfants, de souffrir économiquement parce que les priorités iront à de la production défense, alors on est en risque", a déclaré le chef d'état-major des armées le mercredi 19 novembre, devant le congrès des maires de France. Depuis l'allusion à la mobilisation des "enfants" français en cas de guerre ne cesse de faire réagir, jusqu'à une précision de la part du gouvernement.
"Nos enfants au sens où on l'entend, ne vont pas aller combattre et mourir en Ukraine" a assuré la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon sur le plateau de TF1 ce vendredi 21 novembre. Il convient de "replacer les propos dans leur contexte", a souligné la ministre défendant le discours du général Fabien Mandon qui faisait référence aux militaires de l'armée française. "Il parle de tous ces enfants de la nation qui sont engagés dans l'armée française" et qui constituent "une armée de métier".
La porte-parole du gouvernement a d'ailleurs évoqué l'âge de ces soldats "qui sont déployés partout dans le monde et qui ont entre 18 et 27 ans", dont certains ont trouvé la mort durant leurs missions. "On ne peut pas ignorer qu'un certain nombre de ces soldats sont tombés en opération extérieure, moins de 60 depuis 2017", a-t-elle déclaré semblant rappeler qu'avec ces décès, la France a déjà perdu des enfants pour reprendre les mots du général Mandon.
"Accepter de perdre nos enfants" : Nos enfants ne vont pas aller combattre et mourir en Ukraine, nous avons une armée de métier. (...) Le chef d'état-major parlait des soldats qui sont déployés partout dans le monde ,
— TF1Info (@TF1Info) November 21, 2025
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Des mots choisis pour susciter une prise de conscience ?
Il ne fait aucun doute non plus pour Paul Paloméros, ex-chef d'état-major de l'Armée de l'air, que le général pensait aux militaires qui seraient mobilisés en cas de guerre quand il parlait d'"accepter de perdre ses enfants". Le militaire, invité sur Franceinfo le 21 novembre, dit comprendre les réactions, mais soutient la position du chef d'état-major des armées : "Il faut ouvrir les yeux de nos concitoyens sur le fait qu'on est dans une situation où nous devons prendre notre courage à deux mains pour, selon l'adage plus vrai que jamais, préparer la guerre pour garantir la paix".
Fabien Mandon aurait usé du mot "enfant" à dessein selon Paul Paloméros, pour interpeller la population sur les enjeux : "Il connaît le poids des mots". "Il dit aussi, dans une autre partie de son discours, qu'évidemment il s'agit d'une force professionnelle, que nous devons, nous militaire, nous engager", décrypte celui qui a commandé une branche de l'armée française. Et en ce qui concerne les membres des forces armées, Paul Paloméros assure qu'ils sont prêts : "Si vous allez sur les bases aériennes, les corps de troupes, la bâtiments de la marine, vous allez trouver des jeunes qui sont motivés, qui sont conscients des enjeux plus que tout le monde parce qu'ils les vivent au quotidien".
Mais si les armées, qui seront les premières à être envoyées à la guerre, sont prêtes, il faut aussi préparer la population à cette idée. C'est ce qu'a voulu faire Fabien Mandon selon l'ex-chef d'état-major de l'armée de l'air qui souligne que la tâche n'est pas aisée : "Comment faire passer ce message à notre population alors que nous avons pris l'habitude de la paix ?"