"Je trouve que c'est grave" : Sophie Binet mise en examen pour ces propos sur les grands patrons

"Je trouve que c'est grave" : Sophie Binet mise en examen pour ces propos sur les grands patrons Sophie Binet a révélé avoir été mise en examen après une plainte déposée contre elle pour un mouvement patronal pour "injures publiques". Une déclaration particulière de la syndicaliste est visée.

La secrétaire générale de la CGT a été mise en examen. Sophie Binet fait l'objet d'une procédure judiciaire pour des propos qu'elle a tenus à l'égard des grands patrons français, une comparaison peu flatteuse qu'elle a dressée fin janvier. En janvier 2025, la syndicaliste répondait à Bernard Arnault, le patron du groupe LVMH spécialisé dans le luxe, qui estimait qu'un projet de surtaxe évoqué par le gouvernement "poussait [les entreprises] à la délocalisation". Fermement opposé à cette politique de délocalisation, Sophie Binet comparaît alors les patrons à des "rats" qui "quittent le navire". Elle ajoutait que les grands patrons "coulent le pays" et "n'en ont plus rien à faire de la France". 

Sophie Binet a fait part de sa mise en examen elle-même au micro de France Inter ce mardi 2 décembre. C'est après une plainte du mouvement patronal Ethic pour "injures publiques" que la syndicaliste a été notifiée de sa mise en examen. Le mouvement présidé par Sophie de Menthon reproche à la cégétiste d'avoir porté un "jugement de valeur négatif qui entache nécessairement l'honneur et la réputation" des chefs d'entreprise rapporte France Info.

La mise en cause ne cache pas sa surprise face à la procédure judiciaire. "J'étais extrêmement choquée parce qu'en disant cela, je n'ai fait que mon travail de syndicaliste, à savoir dénoncer les délocalisations, dénoncer les inégalités de répartition des richesses et le fait que les milliardaires payent toujours moins d'impôts et ne se sentent plus responsables de l'emploi en France, de l'intérêt général et de la participation au bien-être du pays", a-t-elle expliqué sur France Inter.

"C'est important dans le débat public qu'on puisse parler sans langue de bois"

La comparaison entre les grands patrons et les "rats" qui "quittent le navire" n'était qu'une "image populaire" permettant de "dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas", soutient Sophie Binet avant d'insister : "Je pense que c'est important dans le débat public qu'on puisse parler sans langue de bois".

A l'époque où elle tenait les propos reprochés, Sophie Binet défendait un point de vue tranché selon lequel "la France est handicapée par les multinationales" qui délocalisent leurs entreprises. Une logique parfois difficile à défendre face à l'argument contraire qui assure que les entreprises créent la richesse en France. Mais la patronne de la CGT a tenu sa position et s'est expliquée : "Notre économie a beaucoup moins d'entreprises de taille intermédiaire, nous avons beaucoup plus de multinationales, qui n'en ont rien à faire de l'emploi en France. Les multinationales françaises traitent très mal leurs sous-traitants, c'est le cas par exemple dans l'automobile où Renault et Stellantis licencient à tour de bras et ferment à tour de bras leur sous-traitance et ne se sentent pas responsables de l'emploi en France et passent leur temps à faire du chantage à la délocalisation. Donc c'est un handicap aujourd'hui pour l'économie française".

Mais si la numéro un de la CGT, en plus de dénoncer une politique économique, pointe certaines conséquences pouvant peser sur ceux qui la critiquent ouvertement, à l'instar de sa mise en examen : "Je trouve que c'est grave qu'on ne puisse plus tenir ces propos dans les médias sans être attaqué et avoir une procédure en justice".