Travail le 1er mai : du nouveau pour les boulangeries et fleuristes, voici ce qui change

Travail le 1er mai : du nouveau pour les boulangeries et fleuristes, voici ce qui change Suite aux annonces de Sébastien Lecornu mi-avril, les boulangers et fleuristes artisanaux doivent pouvoir ouvrir avec des salariés ce 1er mai 2026. Des contrôles restent toutefois possibles.

A l'approche de ce vendredi 1er mai 2026, les débats avaient été relancés sur les commerces qui pourraient ouvrir, malgré la fête du Travail. Traditionnellement, le 1er mai est, en effet, la seule journée de l'année obligatoirement chômée et payée pour l'immense majorité des salariés français, en souvenir des luttes ouvrières pour la journée de huit heures amorcées en 1886. Seuls "les établissements et services qui, en raison de la nature de leur activité, ne peuvent interrompre le travail" peuvent employer des salariés, qui sont alors payés double. Les hôpitaux, les hôtels et restaurants sont notamment concernés. Pour les autres commerces, comme les boulangers, les fleuristes, les bouchers ou encore les supérettes, ils peuvent ouvrir à cette date, mais seulement si le patron est le seul à travailler. Il peut être aidé uniquement de membres de sa famille non-salariés et ne doit donc pas faire venir ses salariés ce jour-là, sinon il risque une amende de 750 euros par salarié concerné.

Le 17 avril dernier, après une réunion avec les représentants des boulangers et des fleuristes, premiers à réclamer un droit d'ouverture avec des salariés, Sébastien Lecornu a annoncé que "les boulangers et fleuristes indépendants et artisans pourront ouvrir ce 1er mai". Les conditions sont claires : les salariés doivent être payés double et le travail ce jour-là se fait sur la base du volontariat. "Les services de l’État vont recevoir des instructions pour que les artisans de ces deux secteurs ne souffrent d’aucune conséquence d’une ouverture le 1er mai 2026 dans les règles fixées par la future loi", a précisé un premier communiqué de Matignon le 17 avril. 

Un projet de loi a aussi été présenté en Conseil des ministres fin avril et sera étudié à l'horizon 2027 pour aboutir à un meilleur encadrement du travail le 1er mai. S'il est voté, il prévoira que les employeurs de ces deux secteurs clés puissent faire travailler leurs salariés le 1er mai, sous réserve qu'un accord de branche fixe les conditions de recueil de leur volontariat et de la rémunération doublée. 

Pas d'instructions et de possibles contrôles

Comment cela se met alors en place concrètement cette année ? Le 29 avril, à deux jours de l'échéance, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a finalement expliqué n’avoir "donné aucune instruction en quoi que ce soit auprès des inspecteurs du travail" pour ne pas verbaliser ces commerçants. "Des inspecteurs du travail sont donc libres de faire des contrôles", a-t-il avoué tout en assurant miser sur "l’intelligence collective". Il compte donc sur la tolérance tant que les conditions du volontariat et du double salaire sont respectées. "Le Gouvernement veillera à apporter une réponse aux éventuelles difficultés que rencontreraient ces artisans", a été précisé dans un second communiqué du 28 avril. 

Cette dérogation s'est aussi heurtée au désaccord du syndicat SUD, de la CGT et des députés écologistes, qui ont saisi le Conseil d'Etat afin de suspendre la décision de Sébastien Lecornu. Ce dernier a finalement décidé qu'il n'y avait plus lieu de "statuer" puisque le communiqué du gouvernement avait été modifié et qu'aucune instruction n'a été donnée pour faire obstacle au cadre légal. Les syndicats avaient auparavant obtenu que la proposition de loi de Gabriel Attal, prévoyant des ouvertures à une gamme plus large de commerces, ne puisse être votée rapidement en passant par une commission mixte paritaire.

Dernières mises à jour

16:15 - Les trois recours rejetés

Ce jeudi 30 avril, les trois recours déposés contre la décision de Sébastien Lecornu par le syndicat Sud, la CGT et des députés écologistes, ont été examinés par le Conseil d’État. Il a été décidé qu'il n'y avait "plus lieu de statuer". Le Conseil d’État a expliqué sa décision par la suppression par le gouvernement de son premier communiqué de presse du 17 avril qui était pointé du doigt : "les conclusions des requêtes aux fins de suspension et d’injonction ont perdu leur objet", a rapporté l'AFP. Le nouveau mis en ligne cette semaine ainsi que "les explications fournies par les représentants de l’administration au cours de l’audience" ont permis  de conclure que "le gouvernement n’entend pas donner une instruction par laquelle il ferait obstacle" au cadre légal actuel autour du travail le 1er mai.

12:30 - Une décision du Conseil d'Etat attendue

Suite à la dérogation annoncée par Sébastien Lecornu, le Conseil d’État a été saisi par le syndicat Sud, la CGT et des députés écologistes, afin de demander la suspension de cette décision. Ces différents recours en référé contestent les dernières phrases du communiqué publié par le gouvernement le 17 avril : "Les services de l’État vont recevoir des instructions pour que les artisans de ces deux secteurs ne souffrent d’aucune conséquence d’une ouverture le 1er mai 2026 dans les règles fixées par la future loi. Le Gouvernement met ainsi en œuvre son engagement de soutenir les boulangers pâtissiers artisanaux et les artisans fleuristes, en apportant un cadre juridique clair et sécurisé à leur activité". Le gouvernement a finalement publié un nouveau communiqué le 28 avril précisant simplement pour cette année que "le Gouvernement souhaite que les boulangeries-pâtisseries et les fleuristes artisanaux puissent sereinement ouvrir leurs commerces, comme de coutume. La décision du Conseil d’État est attendue avant demain, mais le nouveau communiqué laisse planer l’éventualité d’un non-lieu.

12:15 - Un débat tendu au sein du gouvernement

Lors du conseil des ministres, certains se sont opposés au projet de loi pour encadrer le travail le 1er mai. Le ministre de l’Économie Roland Lescure aurait expliqué qu'il s'agissait du "seul jour de l’année qui était vraiment férié pour mon père", communiste et journaliste à L’Humanité. Gérald Darmanin, ministre de la Justice a renchéri en rappelant que ce jour était "un acquis social obtenu de haute lutte pour lequel des gens sont morts dans ma région, le Nord-Pas-de-Calais". "Ne pas travailler le 1er-Mai n’est pas dépassé. C’est un moment de repos, en dehors de la frénésie du monde, pour, en famille, en société, chérir la mémoire des humbles qui se sont battus pour une vie meilleure". Ce jour est selon lui "un Noël des ouvriers et des employés". 

12:10 - Une dérogation aux contours flous

Pour cette année, Sébastien Lecornu a annoncé mi-avril que les boulangers et fleuristes artisanaux pourraient ouvrir avec des salariés, sans être sanctionnés. Toutefois, aucune loi n'est passée : elle ne sera étudiée qu'à l'horizon 2027. Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a, en plus, déclaré, mercredi après le conseil des ministres, n'avoir donné "aucune instruction" aux inspecteurs du travail pour ne pas verbaliser, mais il a fait appel à "l'intelligence collective". Des inspecteurs du travail peuvent donc faire des contrôles ce vendredi. Les professionnels restent donc méfiants. "Légalement, pourtant, rien n’a changé", a rappelé Paul Boivin, délégué général des entrepreneurs de boulangerie, auprès du Figaro

Pour ce 1er mai 2026, une dérogation pour les boulangers et fleuristes artisanaux a été annoncée par Sébastien Lecornu, en l'attente d'une nouvelle loi pour clarifier la situation d'ici l'an prochain. Des contrôles restent toutefois possibles.