Travail le 1er mai : une solution pour l'ouverture des boulangeries et fleuristes actée ce vendredi ?
Et si les boulangers et fleuristes pouvaient finalement ouvrir le 1er mai prochain ? Sébastien Lecornu multiplie cette semaine les réunions avec les professionnels du secteur. Ce vendredi 17 avril encore, à deux semaines de la date fatidique, le Premier ministre rencontre des représentants des boulangers et des fleuristes. Le secteur de la boulangerie industrielle n'est pas convié, seulement les artisans boulangers. Selon l'AFP, des annonces sont attendues vers 14 heures.
Deux jours plus tôt, Sébastien Lecornu a promis devant le Sénat, lors d'une séance de questions au gouvernement, une "solution négociée, sécurisante et pragmatique" pour les artisans boulangers. Il a proposé de mettre en place une alternative qui se concentre sur cette profession ainsi que sur les fleuristes pour ne pas avoir à attendre 2027 pour ces commerces. Selon les informations de France info, un texte pourrait être adopté rapidement pour permettre à ces enseignes qui emploient des salariés d'ouvrir le 1er mai prochain. Afin de faire passer une nouvelle loi en urgence, une commission mixte paritaire pourrait être convoquée : cela "fait partie des pistes", a glissé une parlementaire à RMC. Selon une source gouvernementale, cependant, cela s'avèrera compliqué au vu du délai.
Les professionnels concernés réclament une clarification. La CGAD, confédération qui représente 360 000 commerces de bouche (bouchers, boulangers, fromagers, etc.), par exemple, a demandé ce jeudi à ce que soit "explicitement" reconnue "la possibilité d'employer des salariés le 1er mai". A ce jour, ces enseignes peuvent ouvrir à cette date, mais seulement si le patron est le seul à travailler. Il peut être aidé uniquement de membres de sa famille non-salariés et ne doit donc pas faire venir ses salariés ce jour-là, sinon il risque une amende de 750 euros par salarié concerné. Traditionnellement, le 1er mai est, en effet, la seule de l'année obligatoirement chômée et payée pour l'immense majorité des salariés français, en souvenir des luttes ouvrières pour la journée de huit heures amorcées en 1886. Seuls "les établissements et services qui, en raison de la nature de leur activité, ne peuvent interrompre le travail" peuvent employer des salariés, qui sont alors payés double.
Une application généralisée en 2027 ?
La semaine dernière, Gabriel Attal avait remis sur la table une proposition de loi qui visait une ouverture autorisée et sur volontariat, notamment pour "les commerces de bouche de proximité" comme les boulangeries, pâtisseries, primeurs, boucheries ou encore les fleuristes dont l'activité est indissociable de la vente du muguet et les employés d'établissements culturels. Le texte de Gabriel Attat avait déjà été adopté au Sénat à l'été 2025, mais n'avait pas été étudié à l'Assemblée nationale par faute de temps. Il est finalement arrivé dans l'hémicycle le vendredi 10 avril, mais les débats ont tourné court : une motion de rejet a été adoptée contre la proposition de loi, avec l'aide du groupe Renaissance pourtant à l'initiative. Sachant les députés de gauche opposés au texte et face aux centaines d'amendements déposés qui auraient pu empêcher au vote d'avoir lieu dans les temps, le camp présidentiel a lui-même déposé une motion de rejet qui en cas d'adoption coupe court aux débats et envoie directement le texte en commission mixte paritaire.
Elle n'a finalement pas été convoquée et le texte ne pourra donc pas être appliqué pour cette année, comme le souhaitait Gabriel Attal. Une victoire pour les syndicats qui s'y opposaient fermement tout comme la gauche qui avait menacé de censure. Jean-Pierre Farandou, le ministre du Travail, a expliqué préférer laisser du temps au "dialogue social de branche au plus près du terrain". Il a toutefois laissé la porte ouverte à "certaines dérogations" et le gouvernement compte bien négocier secteur par secteur dans le but d'aboutir à un texte effectif pour le 1er mai 2027.
L'échec de la proposition de loi pour 2026 a provoqué de vives tensions lors de la réunion du groupe Ensemble pour la République à l'Assemblée nationale, mardi 14 avril. Certains ont reproché à l'exécutif son manque de courage, et n'ont pas mâché leurs mots selon les informations de BFMTV. "Vous nous pissez dessus", a par exemple lâché sans détour Karl Olive, élu des Yvelines. "Je commence à me demander ce que je fais là", regrette de son côté Nicole Dubré-Chirat, députée du Maine-et-Loire, face au ministre du Travail Jean-Pierre Farandou. Ce dernier a dû essuyer d'autres critiques, notamment celles du député des Deux-Sèvres, Jean-Marie Fiévet : "Ce gouvernement n’a pas de courage et un gouvernement qui n’a pas de courage ne mérite pas d’exister", a-t-il fustigé, des propos rapportés par la chaîne info. Face aux multiples attaques, le ministre a reconnu que "personne n'ignorait la procédure législative", il n'a pas essayé de dédouaner le gouvernement.
11:24 - Les professionnels veulent une clarification
Si les syndicats et la gauche s'est fortement opposée à une révision des règles de travail pour le 1er mai, de nombreux professionnels souhaitent que soit "explicitement" reconnue "la possibilité d'employer des salariés le 1er mai". La CGAD, confédération qui représente 360 000 commerces de bouche (bouchers, boulangers, fromagers, etc.) s'est placée ainsi ce jeudi. "Les professionnels du secteur expriment leur incompréhension totale et appellent à une clarification immédiate", a écrit la confédération dans un communiqué. "Concilier le respect des traditions sociales avec les besoins contemporains de la population est aujourd'hui indispensable", a-t-elle précisé.
Alors que le gouvernement a enterré provisoirement cette réforme des règles du travail le 1er mai dès cette année, le sujet n'est toutefois pas clos. Une dérogation tente de se dessiner pour les boulangers et les fleuristes.