Ce pays européen a une idée pour relancer la natalité, on fait l'inverse en France
L'Union européenne a de moins en moins d'enfants. Le taux de fécondité recule dans tous les pays depuis plusieurs années. Alors que le nombre d'enfants par femme européenne était en moyenne de 1,54 en 2014, il est passé à 1,34 en 2024. Un niveau inférieur au seuil nécessaire pour assurer le renouvellement de la population. Si certains pays font un peu mieux comme la France avec 1,65 enfant par femme en moyenne, d'autres redoutent une crise démographique.
Ces pays cherchent des solutions pour relancer la natalité et certains avancent des idées qui ont de quoi faire sourire, à la différence d'Emmanuel Macron et de son "réarmement démographique" ou de la lettre envoyée aux Français de 29 ans à l'été 2026. En Lituanie, la ministre de la Sécurité sociale et du Travail, Jūratė Zailskienė, a proposé de relancer la natalité en réhabilitant les boîtes de nuit.
Alors que le petit pays balte de 2,8 millions d'habitants voit sa natalité baisser chaque année depuis cinq ans, au point de compter seulement 17 500 naissances en 2025, la ministre estime que le problème vient, en partie, de l'absence de rencontres et de l'évolution des relations. C'est pourquoi elle propose de "faire revivre les discothèques". Les boîtes de nuit n'attirent plus autant les jeunes Lituaniens qui les désertent au profit des personnes plus âgées. L'idée de la ministre est donc de réhabiliter ces lieux, et d'autres, pour favoriser les rencontres.
L'efficacité de la mesure peut interroger. Pourquoi le fait d'inciter les jeunes à sortir en boîte de nuit entraînerait-il une hausse de la natalité ? Si les relations amoureuses peuvent naître partout, il est difficile d'imaginer que des rencontres en club puissent conduire à des naissances en grand nombre. Certains iront jusqu'à faire le parallèle avec les Sims où une rencontre en discothèque (ou ailleurs) peut vite se transformer en relation intime et donnant parfois lieu à une naissance. Jūratė Zailskienė croit pourtant à son idée : "Il faut organiser quelque chose pour les jeunes afin qu'ils puissent au moins faire connaissance. Ça a l'air d'une blague comme ça, mais c'est une question très sérieuse".
Cette idée a aussi ses adeptes en France, à commencer par le sociologue Julien Damon qui suggère depuis longtemps aux pouvoirs publics de financer les bars et les boîtes de nuit. Lui aussi estime qu'il faut encourager les rencontres et propose que "les communes financent des boîtes de nuit et que la Sécurité sociale lance des 'bals de la CAF'" comme il l'explique dans Le Point. Le sociologue, reconnaît que d'autres mesures de politiques familiales sont nécessaires pour répondre aux inquiétudes qui détournent les Français de la parentalité, mais il insiste sur le fait que la qualité des relations influence aussi le choix ou non d'avoir des enfants.
Les arguments et propositions de Julien Damon n'ont pas encore fait leur chemin en France. Au contraire, le pays suit le chemin opposé puisque les boîtes de nuit sont en déclin depuis plusieurs décennies. Alors que 4 000 discothèques existaient à travers le pays dans les années 1980, elles ne sont plus que 1 300 aujourd'hui rapporte Radio France.
A noter que le gouvernement lituanien a également pris des mesures économiques pour relancer la natalité. Le président Gitanas Nausèda a annoncé la mise en place d'une taux d'imposition sur le revenu à 0 % sur cinq ans pour les familles de deux enfants ou plus dans la limite du salaire moyen national équivalent à 1 400€. L'embauche de personnes ayant des enfants est aussi encouragée par un allègement des charges patronales pour le salariat d'une personne ayant deux enfants ou plus.