Hantavirus en France : les cas contacts encore isolés, le point sur la situation et les risques
L'épidémie d'hantavirus n'a pas fait de ravage en France, mais il n'a pas encore été entièrement éliminé. Une seule des cinq croisiéristes français qui étaient à bord du navire MV Hondius où l'épidémie s'est déclarée a été testée positive à l'hantavirus. Cette femme de 73 ans est toujours en réanimation à l'hôpital Bichat de Paris, son état est "stationnaire" mais son pronostic vital reste engagé. Les quatre autres croisiéristes ainsi que les 22 cas contacts français ayant voyagé avec une passagère néerlandaise du MV Hondius contaminée à l'hantavirus et décédée sont également hospitalisés et sous surveillance.
Ces 26 cas ont tous été testés négatifs, mais doivent rester hospitalisés jusqu'au mai 26 mai. Si à cette date aucun cas positif n'est détecté, ils pourront tous poursuivre la quarantaine de 42 jours en auto-confinement. Il y a, a priori, peu de chance pour que ces personnes deviennent positives à l'hantavirus passé un délai de trois semaines après l'exposition virus. Mais quand bien même un des 26 cas s'avérait positif, il n'aurait cas contact du fait de l'isolement à l'hôpital assure le ministère de la Santé.
La vigilance reste de mise puis le vendredi 22 mai, plus d'un mois après la détection de l'épidémie, un membre de l'équipe de navire de croisière a été testée positif à l'hantavirus au Pays-Bas. L'individu "avait été débarqué à Tenerife, puis rapatrié aux Pays-Bas, où il est depuis isolé", a indiqué l'OMS. Preuve que de nouveaux cas peuvent encore survenir parmi les personnes exposées au virus.
Quel est le variant de l'hantavirus responsable de l'épidémie ?
La souche des Andes de l'hantavirus, celle circulant principalement en Amérique latine, est à l'origine de l'épidémie et des cas confirmés et contacts détectés en France. Ce variant du virus provoque un syndrome cardio-pulmonaire sévère, dont le taux de létalité peut atteindre 30 à 60% selon l'institut Pasteur. Il est toutefois connu et peut-être pris en charge. Cet hantavirus se distingue des 37 autres formes connues du virus car il est le seul pour lequel une transmission d'humain à humain a été documentée. Ce mode de contamination reste toutefois marginal et ne peut avoir lieu qu'en cas de contact proche et prolongé.
Si les experts se sont interrogés sur une possible mutation de l'hantavirus à l'origine de l'épidémie ou au fil des contaminations, les analyses menées sur les malades et les personnes décédées du virus ont permis d'écarter cette hypothèse. "Aucun élément (ne) laisse penser à l'apparition d'un variant susceptible d'être plus transmissible ou plus dangereux", a martelé la ministre de la Santé, Stéphanie Rist. Une version partagée par l'Institut Pasteur. Les analyses génomiques ont confirmé que la séquence virale obtenue était identique aux souches du virus Andes détectées chez les autres cas positifs identifiés à bord du bateau MV Hondius.
Quel est l'origine de l'épidémie d'hantavirus de 2026 ?
L'épidémie d'hantavirus a été détectée à bord du navire de croisière Mv Hondius le 11 avril 2026. Mais ce n'est probablement pas sur le bateau qu'un passager a contracté le virus. L’OMS a estimé début mai que la première personne contaminée n'avait pas pu l'être "sur le bateau ou sur une des îles", mais bien "avant d'embarquer sur le bateau". Le septuagénaire néerlandais, mort avant son épouse sur le navire, est probablement le patient zéro de l'épidémie survenue pendant la croisière. Cet homme qui a développé les symptômes de l'hantavirus le 6 avril et est décédé le 11 avril, Léo Schilperoord, aurait pu contracter le virus dans une déchetterie d'Ushuaïa où il se serait rendu pour observer un oiseau rare. Il aurait alors été exposé au particules émises par les déjections de rat.
Les autorités d'Ushuaïa rejettent toutefois cette hypothèse et avancent que le Néerlandais aurait contracté l'hantavirus avant son arrivée dans la région d'Ushuaïa, lors de son séjour en Patagonie chilienne. L'ornithologue néerlandais et sa femme "se trouvaient, en février, dans des zones où il y avait des foyers épidémiques, au centre du Chili, où des flambées de hantavirus à forte létalité ont été signalées", a signalé Juan Petrina, directeur d'Epidémiologie de la province de la Terre de feu, le 8 mai.
Une mission scientifique a débuté le lundi 18 mai à Ushuaïa pour remonter la piste de la première contamination. Pendant plusieurs jours, des biologistes venus de Buenos Aires doivent poser des pièges en divers points de l'île australe, puis analyser si les rongeurs capturés sont porteurs de la souche Andes de l'hantavirus, transmissible d'humain à humain. Un virus à ce jour officiellement absent de Terre de Feu, au contraire de provinces andines bien plus au nord comme Rio Negro ou Chubut, à 1 500 km. "On suppose que les résultats devraient être prêts dans les quatre semaines", a déclaré Juan Petrina, le directeur épidémiologie de la province de la Terre de Feu.
Combien de morts a fait l'épidémie d'hantavirus de 2026 ?
L'épidémie d'hantavirus a fait, à date, trois décès à bord du MV Hondius : un couple de Néerlandais (un homme de 70 ans considéré comme le patient zéro, et une femme de 69 ans) ayant voyagé entre le Chili, l'Uruguay et l'Argentine avant d'embarquer à Ushuaïa, ainsi qu'une Allemande, décédée à bord du navire le 2 mai.
Depuis la détection de l'épidémie, 12 cas de contamination dont 9 confirmés parmi lesquels figurent les trois personnes décédées, ont été comptabilisés parmi les près de 150 passagers du bateau (59 membres d'équipage et 88 passagers de 23 nationalités différentes). Le dernier cas a été détecté chez un membre de l'équipage du bateau testé négatif et devenu positif le 22 mai.
Quelle est la situation en France concernant l'hantavirus ?
La situation du hantavirus en France a fait l'objet d'une conférence de presse de la ministre de la Santé française Stéphanie Rist le 12 mai 2026, premier état des lieux général sur le virus dans le pays. "Les cas positifs dans le monde sont exclusivement des croisiéristes" à ce stade, a rappelé la ministre. Il "n'y a pas d'élément en faveur d'une circulation du virus sur le territoire national". L'objectif affiché du gouvernement est de "briser les chaînes" de transmission. Les cas contacts du hantavirus, désormais hospitalisés d'office, sont placés dans des chambres à pression négative, dotées d'un "traitement d'air ultrasécurisé".
Interrogée sur l'état de préparation de la France face à une éventuelle épidémie de hantavirus, Stéphanie Rist s'est voulue rassurante. "Nous sommes sur la trajectoire prévue de reconstitution des stocks de masques, donc nous n'avons pas d'inquiétude sur le sujet", a-t-elle déclaré. Emmanuel Macron a soutenu l'effort gouvernemental en estimant que la situation était "sous contrôle" en France.
Une épidémie d'hantavirus en Europe est-elle possible ?
Une épidémie d'hantavirus n'est pas un scénario envisagée à cette heure, ni en France, ni à l'échelle mondiale. L'OMS assurait dès début mai qu'il y a un "faible risque" de propagation en raison de mesures sanitaires prises par les pays concernés et du mode de transmission du virus. Le risque sanitaire pour les Européens est "faible", a également indiqué Bruxelles. "Il n'y a pas lieu de s'inquiéter", a insisté une porte-parole de la Commission européenne Eva Hrncirova. Un avis qui n'est pas partagé par tous.
De "nombreuses incertitudes subsistent" sur l'épidémie d'hantavirus, a en effet estimé mercredi 6 mai le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), une agence de l'UE, qui appelle à la prudence. "De nombreuses incertitudes subsistent encore concernant cette épidémie d'hantavirus et il est important, à ce stade, d'adopter une approche de précaution afin de réduire la probabilité de nouvelles transmissions", a dit la directrice de l'ECDC Pamela Rendi-Wagner, citée dans un communiqué.