Les secrets du Vatican Vatileaks : le majordome du pape dans la tourmente

L'ouvrage "Les Dessous du Vatican" ne pouvait pas faire l'impasse sur l'affaire Vatileaks, qui a secoué le Vatican. Qu'a-t-on précisément reproché au majordome du pape ?

vue de la place saint-pierre
Vue de la Place Saint-Pierre © Fredericofoto / Fotolia

"L'arrestation de Paolo Gabriele, le majordome personnel du pape, survint après la découverte par la police du Vatican d'une cachette renfermant une somme impressionnante de documents confidentiels. Par le passé, le Vatican aurait réglé cette affaire avec sérénité. Mais pour les membres officiels de la secrétairerie d'état, ces fuites à répétition avaient mis sa sainteté en péril et une réponse ferme s'imposait. L'église catholique offrait au monde un spectacle inhabituel. Il annonçait l'éventualité d'un procès public au Vatican.
Le procès fut ouvert à la presse et incluait le témoignage de certains des plus proches collaborateurs de Benoît XVI. Il était perçu par les représentants du Vatican comme une nouvelle, voire novatrice, démonstration de transparence. Néanmoins et à bien des égards, la procédure enclenchée contre Paolo Gabriele symbolisait le gouffre abyssal qui séparait le Vatican du monde moderne et de ses pratiques juridiques.
Les preuves rassemblées à l'encontre de Gabriele se révélèrent accablantes. La police du Vatican attesta avoir découvert dans la cachette de l'accusé près d'un millier de documents subtilisés, photocopiés ou originaux, dont certains portaient une mention écrite de la main
de Benoît XVI et stipulant "À détruire". Une grosse pépite d'or ainsi qu'un chèque de 100 000 € (deux cadeaux offerts au pontife) furent également trouvés suite aux fouilles de son appartement. Gabriele reconnut avoir photocopié les documents mais affirma l'avoir fait pendant ses heures de travail, dans le petit bureau qu'il partageait avec les deux secrétaires personnels du souverain pontife. Gabriele admit avoir confié quelques-uns des documents classifiés au journaliste italien Gianluigi Nuzzi, qui avait sans attendre exploité cette mine d'or pour écrire un best-seller dédié aux affaires du Vatican. Le majordome du pape prétendit également avoir trouvé l'inspiration auprès du Saint-Esprit car il craignait que Benoît XVI ne se retrouve vilement manipulé par d'autres éminences du Vatican.
Après son arrestation, les enquêteurs affiliés à la cité papale avaient, sans répit, interrogé Gabriele sur ses motivations, ses complices potentiels et surtout ses mandanti présumés ; ces seigneurs occultes qui tirent les ficelles au plus haut niveau. Mais à la barre le jour de son procès, Gabriele déclara sous serment avoir agi seul."