Année bissextile : pourquoi y a-t-il un 29 février en 2020 ?

Année bissextile : pourquoi y a-t-il un 29 février en 2020 ? ANNEE BISSEXTILE. Le vendredi 28 février sera suivi d'un samedi 29 février 2020. Mais d'où viennent les années bissextiles ? Calendrier, définition... Linternaute.com vous en dit plus !

[Mis à jour le 26 février 2020 à 14h36] 2020 est une année bissextile, avec son 29 février, qui tombe un samedi cette fois-ci. Elle vient en toute logique prendre la suite des années bissextiles de 2012 et 2016, pour ce qui est de la décennie en cours (bien que des exceptions existent pour les fins de siècle, voir ici et ici). Mais que recouvre ce phénomène de l'année à 366 jours ? Pour le comprendre, il faut faire intervenir l'astronomie, Jules César, un algorithme ou encore notre calendrier !

Concrètement, les années bissextiles ont à l'origine été mises en place pour une raison bien précise : réduire le décalage entre les rythmes calendaire et solaire. La révolution de notre planète autour du Soleil ne se fait en effet pas en 365 jours "tout pile", a contrario du calendrier et de ses chiffres ronds. Pour en savoir plus sur le 29 février, l'histoire des années bissextiles, comment vérifier qu'une année comporte un jour de plus ou encore comment coder cette vérification (si si), explorez notre page spéciale à l'aide du sommaire ci-dessus. Bonne lecture. 

Année bissextile
© Goinyk / stock.adobe.com

Pourquoi 2020 est-elle une année bissextile ?

L'année 2020 est bien une année bissextile ! Elle est en effet divisible par 4 et non divisible par 100 (voir la méthode de calcul, alias algorithme des années bissextiles). Elle compte donc un 29 février, dernier jour du mois "rajouté" au calendrier, et qui tombe un samedi cette année. 

Qu'est-ce qu'une année bissextile ? La définition

L'année bissextile en tant que telle correspond donc à un phénomène calendaire qui survient tous les 4 ans. La raison est astronomique, au sens strict du terme. Il s'agit de la révolution de notre Terre autour du Soleil. Cette dernière n'a en fait pas lieu en 365 jours, comme on le croit souvent et comme en avaient convenu les Egyptiens de l'Antiquité dans leur calendrier, mais en 365,2422 jours. En arrondissant au nombre entier inférieur, le plus proche, on crée donc un retard entre notre calendrier humain et le cycle de révolution de la Terre autour du Soleil. En résulte un décalage des saisons qu'il faut régulièrement corriger si l'on ne veut pas un jour avoir l'été en hiver et inversement (lire le détail des explications des années bissextiles). C'est pour rattraper ce retard que tous les quatre ans, un jour de plus se faufile donc dans l'année.

Jules César a sa part de responsabilité dans l'instauration des années bissextiles. © Crisfotolux, 123RF

Mais d'où vient le mot "bissextile" ? D'après le site service-public.fr, il est issu du latin "bisextus", signifiant littéralement "deux fois le sixième". Pour que l'année dure bel et bien 365,25 jours (au plus près du temps que met la Terre pour faire le tour du Soleil), Jules César avait déjà rajouté un 366e jour tous les 4 ans dans son calendrier, sur les conseils d'un astronome, Sosigène d'Alexandrie. Ce grand scientifique de la Grèce antique est à l'origine du calendrier julien, rien de moins. Pour introduire cette journée supplémentaire sans changer le rythme des fêtes romaines, il avait suggéré au général romain de créer un "sixième jour bis" en mars ("bisextus").

Si les règles ont beaucoup changé aujourd'hui (lire ci-dessous), il faut donc rendre à l'illustre Jules sa contribution. C'est en partie à lui que l'on doit, en 2020, notre année bissextile.

Pourquoi une année bissextile ? Son origine

Avant l'actuel calendrier grégorien, c'est donc le calendrier julien - introduit par Jules César en 46 avant JC- qui régentait les jours, les mois et les années, avec une année bissextile tous les 4 ans. Or le calendrier julien était légèrement biaisé, même si la nuance va vous paraître imperceptible : une année y comptait en moyenne 365,25 jours, au lieu des 365,2422 jours que dure en réalité un cycle terrestre de révolution de la Terre autour du Soleil (c'est même 365,242 199 jours, d'après l'IMCCE, l'Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides). Les années bissextiles survenaient tous les 4 ans, sans aucune exception. Le calendrier ne prenait tout bonnement pas en compte les fins de siècles (divisibles par 100 et parfois non divisibles par 400, selon le calcul d'usage, elles n'auraient la plupart du temps pas dû être bissextiles). Résultat, une dizaine de jours de retard ont été accumulés en quinze siècles.

L'ellipse de la Terre autour du Soleil dure environ 365 jours, 6 heures et 9 minutes.  © Tsuneomp / Fotolia

Comment notre calendrier s'est-il adapté ?

Pour rétablir le fragile équilibre, l'instauration du calendrier grégorien - du nom du pape Grégoire XIII, qui l'a mis en place en 1582 - a été accompagnée d'une suppression de dix jours dans le calendrier (pour combler d'un coup le retard accumulé), mais aussi de l'annulation de trois années bissextiles tous les 400 ans (soit trois fins de siècles sur 4, les fameuses fins de siècle divisibles par 100 et non par 400). En 1582, avec le calendrier grégorien, nous nous sommes donc encore rapprochés du temps naturel. Pour des raisons plutôt pragmatiques, comme conserver Pâques au printemps ! Dans le calendrier grégorien actuel, l'année moyenne dure donc désormais 365,2425 jours (quand un cycle terrestre prend 365,2422). Un micro-décalage persiste donc avec une année un poil trop longue. Mais ne se traduit que par une avance de 3 jours en 10 000 ans pour le cycle de révolution de la Terre...

Quelle est la date des années bissextiles ?

Sauf cas particulier, les années bissextiles ont lieu tous les 4 ans, fréquence à laquelle un "29 février" s'ajoute aux 28 jours habituels du mois de février de notre calendrier grégorien. Le seul piège concerne les fins de siècles (voir comment on vérifie si une année de fin de siècle est bissextile ou non).

Quelle est la prochaine année bissextile ?

La prochaine année bissextile tombe en 2020. Mais vers quelles autres années bissextiles se dirige-t-on ? 

Les années bissextiles à venir : 

  • 2024
  • 2028
  • 2032...

Et ainsi de suite tous les quatre ans, jusqu'en 2400 (2400 sera bissextile, comme 2000 et à la différence de 2100, 2200 et 2300) car 2400 est divisible par 400, comme l'était 2000, la bissextile. Par contre, 2100, 2200 et 2300 sont toutes divisibles par 4 ET par 100 (ce qui invalide la première condition à remplir). Et ne sont pas non plus divisibles par 400 (ce qui correspond à la deuxième condition). Pour rappel, une année est bissextile si elle est divisible par 4 mais non par 100 et/ou si elle est divisible par 400 (lire le détail des explications des années bissextiles). 

Le jour additionnel se trouve-t-il toujours en février ?

Finalement, le jour additionnel des années bissextiles pourrait venir s'ajouter à différents mois de l'année de notre calendrier, mais il n'en est rien ! Même à l'époque de Jules César, ce jour en plus était placé en février, bien qu'il soit ajouté juste avant le 24 février et non tout à la fin du mois (c'était une sorte de "23 février bis"). Avec le changement de calendrier et le passage au système de décompte des jours du calendrier grégorien, le jour intercalaire a été positionné au 29 février, et n'en a plus bougé.

Né le 29 février : quel anniversaire ?

Quel est le point commun entre l'acteur Gérard Darmon, la romancière Géraldine Maillet, la top-modèle Lena Gercke, l'artiste Saul Williams, le chanteur Khaled, mais aussi avant eux Michèle Morgan ou encore le compositeur italien Gioacchino Rossini ? Tous sont nés un 29 février. Ils ne peuvent donc fêter leur anniversaire que tous les 4 ans. Malheureusement pour eux, ils vieillissent pourtant aussi vite que les autres. En général, les personnes nées un 29 février célèbrent leur naissance le 28 février les années non bissextiles. Lors du véritable jour J, un cadeau tout particulier leur est réservé : le journal satirique La Bougie du Sapeur ne paraît que le 29 février, tous les quatre ans donc. En 2016, c'est un numéro très spécial qui a été proposé en kiosque puisqu'il s'agissait du 10e. L'équipe du journal, à l'origine une bande de copains, avait promis de belles surprises pour cet anniversaire, notamment son supplément sur l'historique de la Bougie du Sapeur. "De qui se moque-t-on ? De nous, bien sûr !", pouvait-on lire en Une.

Sous certaines latitudes comme à Taïwan, une personne née un 29 février est considérée comme légalement née le 28 février ! Elle deviendra par conséquent majeure le 28 février de l'année de ses 20 ans et non le 29, même si cette année-là venait à comporter un 29. Même chose sur Facebook, où les abonnés nés un 29 février reçoivent leur notification d'anniversaire le 28.

D'autres prennent aussi la chose avec humour, comme James, ce père de famille belge né en 1968 qui a choisi de fêter ses onze ans en 2012 (l'âge de son fils à ce moment-là), comme le raconte le site 7sur7.be.

Reste que naître un 29 février n'est pas anodin. Comme le raconte Slate dans une longue enquête sur la question, il arrive dans les maternités que des patientes dont l'accouchement est programmé un 29 février souhaitent reporter leur césarienne ou leur déclenchement. Rien de massif toutefois : quand bébé arrive spontanément, soit dans la majorité des cas, les futures maman acceptent généralement de bon gré la situation. Ce qui fait d'ailleurs dire à Slate qu'il n'y a aucune baisse drastique des naissances le 29 février. Celles-ci sont tout de même "légèrement inférieures à la moyenne mensuelle, ou au nombre de naissances recensées le 28".

Quel est l'algorithme des années bissextiles ?

Pour savoir si une année est bissextile sans calendrier sous les yeux, il existe un calcul simple. L'année doit remplir l'un des deux critères suivants : 

1. Première option : l'année en question est divisible par 4 et non divisible par 100

2. Deuxième option : l'année à laquelle vous pensez est divisible par 400 

2020 remplit par exemple la première de ces deux conditions nécessaires pour être bissextile (l'année n'a pas besoin de remplir les deux) : 2020 divisée par 4 = 505 et 2020 divisée par 100 = 20,2

Pour savoir si une année est bissextile ou pas, à vos calculettes ! © petzshadow / Fotolia

Si l'on prend à l'inverse l'exemple d'une année non bissextile : l'an 1900 par contre ne remplit aucune de ces conditions. Il est divisible par 4 mais aussi par 100, ce qui invalide la première option. La seconde condition ne marche pas non plus, car 1900 divisée par 400 = 4,75. En revanche, l'année 2008 remplit la première règle (divisible par 4 et non pas 100) donc elle est bien bissextile (elle comporte 366 jours au lieu de 365). 
Dernier exemple : l'an 2000, bissextile ou pas ? Oui car on peut le diviser par 400. Donc il remplit l'une des conditions possibles nécessaires. Vous suivez toujours ?

Comment le langage python peut vous aider ?

Le "python" est un langage informatique, et plus précisément, comme l'explique le JDN, le langage de programmation open source qui est le plus employé par les informaticiens. Il est possible de vérifier si une année est bissextile ou non en écrivant un programme python. Plusieurs sites internet donnent la marche à suivre pour coder cette vérification : Waytolearnx en fait partie, de même que Wikibooks ou encore python.developpez.

Combien de jours dans une année bissextile ?

Une année bissextile compte 366 jours au lieu de la durée habituelle de 365 jours. L'année moyenne du calendrier grégorien (années bissextiles et non-bissextiles comprises) offre par ailleurs 365,2425 jours, versus 365,2422 jours pour un cycle de rotation de la Terre autour du Soleil. De quoi entraîner seulement trois jours de décalage (plus précisément d'avance) en 10 000 ans.

Comment dit-on "année bissextile" en anglais ?

"Bank holiday" ? Raté ! Ce terme anglais signifie "jour férié", et non année bissextile. En anglais, "année bissextile" se dit "leap year". Quant au jour intercalaire du 29 février, présent tous les quatre ans dans notre calendrier, il se dit, de la même façon, "leap day" dans la langue de Shakespeare.