Affaire Grégory : les larmes de Murielle Bolle, son appel au "vrai coupable"

Affaire Grégory : les larmes de Murielle Bolle, son appel au "vrai coupable" AFFAIRE GREGORY - Murielle Bolle livre sa vérité sur l'affaire Grégory, dans un ouvrage qui sort le 7 novembre. Elle s'est également confiée dans Sept à Huit, s'adressant directement au "vrai coupable".

[Mis à jour le 5 novembre 2018 à 08h58] Murielle Bolle s'est exprimée sur TF1 ce dimanche 4 novembre. 34 ans après la mort du petit Grégory, elle demeure toujours considérablement marquée par cet événement, qui a également conduit au meurtre de Bernard Laroche, contre qui elle avait témoigné avant de revenir sur ses propos devant la police. Aujourd'hui, Murielle Bolle veut s'expliquer. C'est ce qu'elle a fait dans un livre, "Briser le silence", mais aussi devant les caméras. Sur TF1, dans l'émission Sept à Huit, ce témoin clé de l'affaire s'est livrée, manifestement très émue et touchée. "La vérité, c'est que j'ai bien pris le bus scolaire ce jour-là, et Bernard était là quand je suis rentrée de l'école… ", a-t-elle confié. "Si je n'avais pas eu la peur des gendarmes et dit ce que, eux, m'avaient dit, Bernard serait peut-être encore là." Elle y exprime également ses regrets, après des dizaines années de tourmente : "Je m'en voudrai toute ma vie de toute façon. Tous les jours je pense à lui."

Un appel au "vrai coupable" de l'affaire Grégory

Murielle Bolle ose d'ailleurs pour la première fois revenir sur ce qu'elle a ressenti pendant toutes ces années : "On m'a fait passer pour un monstre, on m'a jeté en pâture. J'en ai marre (...). Personne ne veut m'entendre. Ils n'écoutent pas ce que je leur dis." Elle revient également sur sa première audition avec les gendarmes et assure "avoir eu peur" d'eux. "Peut-être que si je n'avais pas eu si peur des gendarmes, Bernard (Laroque NDLR.) serait encore là", ajoute-t-elle, avant de fondre en larmes.

Et finalement de donner son souhait le plus cher sur cette affaire criminelle qui a bouleversé toute sa vie : "Il faut qu'il trouve vraiment le vrai coupable. Si le vrai coupable voir cette interview, qu'enfin il dise que c'est lui et qu'il nous laisse tranquilles. Je crois qu'il a fait assez de mal, maintenant. Il a détruit plusieurs familles", dit-elle, en larmes (voir vidéo en tête d'article).

Le rôle de Murielle Bolle dans l'affaire Grégory

Elle n'était âgée que de 15 ans lorsque le cadavre de son cousin, Grégory Villemin, est repêché dans la Vologne. Coïncidence, ou non, son ouvrage sort à quelques jours à peine de la date anniversaire de son premier témoignage, du 5 novembre 1984. Ce jour-là, elle tenait son beau-frère, Bernard Laroche, comme coupable du meurtre de son petit cousin. Le lendemain, le juge Lambert lâche son nom à la presse, ainsi que sa déclaration-choc puis la remet à sa famille. Le lendemain, Murielle Bolle se rétracte et prétexte avoir eu peur des gendarmes lors de son audition. Elle dit avoir été poussée par son entourage, menacée d'en placement en maison de correction, à des aveux inculpant son beau-frère, Bernard Laroche. Ces pressions venant de la famille de l'adolescente ont été révélées pour la première fois en juin 2017, suite au témoignage surprise d'un certain Patrick F, un cousin de Murielle Bolle qui aurait été présent cette nuit du 5 novembre 1984. Suite à cela, elle avait été mise en examen, puis placée sous contrôle judiciaire dans la Nièvre, depuis le 4 août 2017, avec une interdiction de contacter tout témoin de l'affaire.  

Le 7 novembre sortira son livre coécrit par Pauline Guéna, rédigé à la première personne. Murielle Bolle y retrace la chronologie des événements depuis 1984 et confirme donc sa version selon laquelle elle n'était pas dans la voiture de son beau-frère le jour de l'enlèvement.

Affaire Grégory : qui est Murielle Bolle ?

Murielle Bolle est la belle-sœur de Bernard Laroche, le cousin germain de Jean-Marie Villemin, qui est lui-même le père du petit Grégory. Elle a eu des enfants et vit toujours dans les Vosges, à 20 kilomètres de Docelles, village où les gendarmes ont retrouvé le corps de Grégory Villemin. Selon Le Parisien, elle partage sa vie avec un fromager. A l'époque de la mort du petit Grégory, il y a 33 ans, Murielle Bolle vit chez sa grande sœur, Marie-Ange, qui est mariée. Sa mère est en effet hospitalisée et ne peut plus s'en occuper. 

Après ses rétractations, Murielle Bolle n'a jamais varié dans ses déclarations. Arrêtée à la surprise générale le 28 juin 2017, elle a été mise en examen le 29 juin 2017 et placée en détention pour "enlèvement suivi de mort". A ce moment-là, les enquêteurs semblent penser qu'elle était présente au moment des faits et qu'elle a pu participer, même indirectement, à l'enlèvement et au meurtre du jeune garçon. Un cousin a affirmé avoir été témoin d'un "lynchage" de Murielle Bolle par sa famille, sans doute dans le but de lui faire changer sa version des faits. Ce témoignage récent a été déterminant dans sa mise en cause, mais ne l'a pas fait changer de version. Elle a été remise en liberté le 4 août dernier et sa mise en examen a été annulée le 16 mai 2018.

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