Vaccin : la lutte contre les vaccins obligatoires commence

Vaccin : la lutte contre les vaccins obligatoires commence VACCINS OBLIGATOIRES - Une association annonce qu'elle va lancer une action contre quatre laboratoires devant le TGI de Paris, afin de protester contre la volonté du gouvernement de rendre 11 vaccins obligatoires.

[Mis à jour le 24 juillet 2017 à 17h44] L'association Autisme Vaccinations a déclaré lundi 24 juillet au journal Le Parisien qu'elle mènera au mois de septembre une action de groupe devant le tribunal de grande instance de Paris contre les laboratoires pharmaceutique Sanofi, Pfizer, Eli Lilly et GlaxiSmithKline. La centaine de familles membres de cette association est convaincue que les vaccins sont responsables du développement de l'autisme chez l'enfant.

D'autres mouvances anti-vaccins ont par ailleurs appelé à manifester le 9 septembre prochain pour protester contre la décision de la ministre de la Santé Agnès Buzyn et du Premier ministre Edouard Philippe de rendre 11 vaccins obligatoires pour les enfants de moins de deux ans au lieu de trois aujourd'hui, et ce dès 2018.

Vaccins obligatoires

Aux trois vaccins déjà obligatoires (diphtérie, tétanos et poliomyélite) s'ajouteront huit autres, à savoir : haemophilus influenzae B, coqueluche, hépatite B, rougeole, oreillons, rubéole, méningocoque C et pneumocoque. Tous seront pris en charge à 100% par la Sécurité sociale. Le but d'une telle mesure est de lutter contre le retour de maladies disparues telle que la rougeole, responsable de la mort de 10 enfant depuis 2008.

"Je déteste la coercition, ce n'est pas dans mon tempérament. Mais là, il y a urgence", a ainsi expliqué Agnès Buzyn au Parisien, parlant d'un "vrai problème de santé publique". La couverture vaccinale des enfants a en effet tendance à baisser en France au cours de ces dernières années, car, comme l'explique la ministre de la Santé à France Info, "on a de plus en plus de parents mais aussi de professionnels de santé qui sont réticents vis-à-vis de la vaccination". Un texte de loi devrait être présenté par le gouvernement d'ici le début de l'année prochaine. 

Vaccins obligatoires et sanctions

Selon le code de la santé publique, "le refus de se soumettre ou de soumettre ceux sur lesquels on exerce l'autorité parentale ou dont on assure la tutelle aux obligations de vaccination ou la volonté d'en entraver l'exécution sont punis de six mois d'emprisonnement et de 3 750 euros d'amende". Dans le code pénal, la "soustraction par un parent à ses obligations légale compromettant la santé (....) de son enfant" est punie de deux ans d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende. Aucune sanction n'est cependant appliquée à l'heure actuelle en France à l'encontre des parents qui refusent de faire vacciner leur(s) enfant(s), contrairement à l'Allemagne par exemple, où les parents qui s'opposent au vaccin contre la rougeole encourent une amende de 7 500 euros.

La ministre de la Santé Agnès Buzyn dit "réfléchir aux sanctions" qui pourraient s'appliquer aux parents qui refuseraient les 11 vaccins obligatoires pour leurs enfants, en précisant que ce n'est pas pour elle "la meilleure façon d'avancer", ainsi qu'à une "clause d'exemption à la vaccination" pour les "familles qui s'opposerait absolument" aux nouvelles mesures de vaccination. 

Vaccins et dangers

Si les vaccins protègent de maladies mortelles, ils sont souvent accompagnés d'effets secondaires, plus ou moins sérieux, tels que des poussées de fièvre, une irritabilité accrue de l'enfant, des douleurs ou des rougeurs dans la zone d'injection du vaccin, mais aussi, dans certains cas, heureusement très rares, des réactions allergiques graves comme l'anaphylaxie (urticaire, plaques sur la peau, enflure du visage et de la gorge, difficulté à respirer), qui peuvent conduire au décès de l'enfant vacciné si il n'est pas conduit immédiatement aux urgences par ses parents.

En outre, certains vaccins sont aussi tenus pour responsables du développement maladies chez l'enfant, même si sur ce point, les analyses scientifiques divergent. Le vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons (dit ROR ou MMR), qui fait justement parti des huit nouveaux vaccins que la ministre de la Santé va rendre obligatoires, est par exemple régulièrement taxé d'être à l'origine du développement de troubles autistiques chez les enfants. Dans la même logique, le vaccin contre l'hépatite B est accusé par les anti-vaccin de favoriser l'apparition de la sclérose en plaque. Des sujets qui font débat mais qui n'ont pour le moment jamais donné lieu à des constatations officielles de cause à effet. 

Vaccin contre la diphtérie

La diphtérie est une maladie mortelle, qui a disparue aujourd'hui en France depuis 1989. Elle se manifeste d'abord par une angine, qui se complique d'atteintes cardiaques ou neurologiques et entraîne le décès du malade, asphyxié. Elle se transmet de plusieurs façons : d'homme à homme d'abord, par voie aérienne lors de contacts directs. D'homme à animaux ensuite, notamment domestiques, selon le même principe. On peut également attraper la diphtérie via la consommation de lait cru.

Comme avec tous les vaccins, des effets indésirables de gravité diverse sont régulièrement signalés par les parents. A noter cependant qu'ils augmentent lors des vaccinations de rappel. Il peut s'agir de rougeurs, de la formation de kystes et de douleurs temporaires autour de l'endroit où a été faite la piqûre. De fortes poussées de fièvre peuvent aussi perturber momentanément la santé de l'enfant qui vient de se faire vacciner. 

Vaccin contre le tétanos

Le tétanos est une maladie infectieuse qui a presque disparu en France, mais qui n'est pas totalement éradiquée. Elle se transmet uniquement via une plaie cutanée (coupure, brûlure, morsure de chien...). Son origine : une bactérie. Ses symptômes : des contractions, d'abord localisées puis de plus en plus étendues, et des spasmes, dont la fréquence augmente à mesure que l'infection progresse. Le tout étant extrêmement douloureux. Si le malade n'est pas pris en charge, il finit par mourir d'un arrêt respiratoire (spasme de la glotte ou des muscles respiratoires) ou de l'atteinte des fonctions végétatives (hyper/hypothermie, hypertension artérielle/hypotension, arythmies cardiaques).

Les effets secondaires du vaccin contre le Tétanos peuvent être un gonflement autour de l'endroit où il a été administré, une rougeur, un durcissement de la peau et une augmentation de la température du tissus cutané. Ce vaccin peut aussi provoquer, plus rarement, de la fièvre, des maux de tête ou des courbatures. Encore plus rarement, l'enfant peut développer une réaction allergique grave, qui survient quelques minutes après l'administration du vaccin, et qui nécessite d'être prise en charge immédiatement, sous peine le voir mourir. 

Vaccin contre la poliomyélite

La Poliomyélite, plus souvent appelée "polio", a laissé des images terribles de personnes paralysées ou aux membres déformés. Cette maladie virale est éradiquée en France depuis 1989. Elle se transmettait d'homme à homme et par l'ingestion d'aliment ou d'eau contaminés. Cette maladie a fait de nombreuses victimes, car, dans 90% des cas, les symptômes de la polio ne manifestent qu'à un stade avancé de la maladie. La personne atteinte du virus souffre alors de suffocation, d'un affaiblissement musculaire et de paralysies irréversibles. Non prise en charge, le malade peut mourir si les muscles respiratoires et de la déglutition sont atteints. 

Le vaccin poliomyélitique injectable est en général très bien toléré. Ses effets indésirables se limitent à des réactions locales mineures telles que douleur, rougeur ou gonflement pouvant survenir dans les 48 heures après l'injection et persistant un ou deux jours. Moins fréquemment, l'enfant peut aussi souffrir de fièvre ainsi que de douleurs musculaires ou articulaires. Des réactions allergiques graves, bien que très rares, peuvent survenir après la vaccination, avec les symptômes suivants : une éruption cutanée pouvant s'accompagner de démangeaisons  ; un gonflement des yeux et du visage ; une difficulté à respirer ou à avaler ; une chute soudaine de la pression artérielle et une perte de connaissance.

Vaccin haemophilus influenzae B

Le vaccin haemophilus influenzae B permet de prévenir la méningite chez les jeunes enfants, une maladie bactérienne qui tue toujours aujourd'hui en France, par asphyxie (95% de ce type d'infection survient avant l'âge de 5 ans). Malgré une prise en charge rapide et un traitement antibiotique adapté, la méningite peut laisser des séquelles graves, telles que la surdité, la cécité, des retards mentaux, ainsi que des troubles moteurs, de la parole et de la croissance. Elle se transmet d'homme à homme, via la toux ou le contact direct. 

Le vaccin contre la méningite de l'enfant peut provoquer des rougeurs, des douleurs et un gonflement à l'endroit où le bébé a été piqué. Il peut aussi provoquer de la fièvre, de l'agitation et de la somnolence. Des réactions allergiques graves, bien que très rares, peuvent aussi survenir après la vaccination. 

Vaccin contre la coqueluche

Toujours courante en France, la coqueluche est une maladie infectieuse qui fait sans arrêt tousser, au point d'en vomir. Elle n'est pas mortelle chez les adolescents et les adultes, mais le virus peut s'avérer fatal chez les enfants de moins d'un an et les nourrissons de moins de deux moins, dont les tous jeunes poumons finissent par lâcher sous les quintes de toux violentes et répétées. Elle se transmet d'homme à homme, par voie aérienne, et peux aussi entraîner des retards moteurs et des paralysies irréversibles. 

Le vaccin contre la coqueluche peut avoir les effets indésirables communs à tous les vaccins injectables, à savoir : déclencher une allergie grave pouvant entraîner la mort de l'enfant si elle n'est pas traitée dès les premiers symptômes (1 cas sur 450 000 enfants vaccinés) ; provoquer de la fièvre, des douleurs articulaires ou musculaires (1 à 10 cas sur 100 enfants vaccinés) ; déclencher des rougeurs, des gonflements et des douleurs au niveau de l'injection (10 cas sur 100 vaccinés). 

Vaccin contre l'hépatite B

Le virus de l'Hépatite B, qui se transmet facilement par voie sanguine ou sexuelle, touche principalement les adolescents et les adultes en France. Il détruit le foie, provoquant avec le temps cirrhose et cancer, deux maladies mortelles. 

Le vaccin contre l'hépatite B doit, si on veut qu'il soit efficace plus tard, être effectué chez les enfants de moins de deux ans. Les risques sont en général minimes (rougeur, gonflement, fièvre, douleurs articulaires et musculaires), sauf en cas d'allergie grave pouvant entraîner le décès de l'enfant si elle n'est pas soignée immédiatement - le mieux étant d'appeler les urgences dès la manifestation de symptômes tels qu'une éruption cutanée, de fortes démangeaison, un gonflement des yeux et du visage, une difficulté à respirer et à avaler, une chute soudaine de la pression artérielle ou encore une perte de connaissance. A noter cependant qu'un lien de cause à effet, jusqu'ici invalidé par la Haute Autorité de Santé, est établi par certains professionnels de santé et des associations de patients entre le vaccin de l'hépatite B et le développement de la Sclérose en plaque. 

Vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR)

Le vaccin contre les oreillons, la rougeole et la rubéole n'est possible qu'avec un seul vaccin, celui de la rougeole-oreillons-rubéole (ROR). Les oreillons sont une maladie infectieuse et contagieuse courante en France, due à un paramyxovirus. Avoir les oreillons n'est pas mortel mais des complications peuvent entraîner surdité et stérilité. La rougeole est une maladie qui avait été éradiquée du pays, mais qui revient depuis 2008. Virale et très contagieuse, la rougeole peut être mortelle ou entraîner de lourdes séquelles neuropsychiques. La rubéole est une maladie virale contagieuse qui peut s'avérer mortel en cas de complication, et entraîne des malformations du fœtus lorsque qu'elle atteint une femme en début de grossesse. Elle se fait de plus en plus rare, mais n'a pas disparue de l'Hexagone. 

Le vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR) n'a que des effets secondaires sans gravité, à savoir : rougeur, gonflement, fièvre, douleurs articulaires et musculaires. Le risque de faire une allergie grave, même s'il est minime, ne peut cependant pas être écarté. A noter qu'une polémique existe depuis qu'une étude datée de 1998 a établi un lien entre le ROR et le développement de l'autisme. Selon le ministère de la Santé, "la possibilité d'un lien entre la vaccination par le vaccin rougeole-oreillons-rubéole (ROR) et le risque de survenue d'un autisme n'a jamais été confirmée."

Vaccin contre le méningocoque C

Le méningocoque C est une bactérie qui s'installe d'abord au fond de la gorge, puis traverse la muqueuse et atteint la circulation sanguine. Elle provoque alors une infection invasive, qui se traduit soit par une méningite, soit par une septicémie, deux maladies dont l'évolution peut conduire au décès du malade, souvent foudroyant, à des amputations ou encore à des séquelles neurophysiologiques sévères. 

Aucune polémique particulière n'entoure le vaccin contre le méningocoque C. Il peut toutefois provoquer chez l'enfant des rougeurs et un gonflement au niveau de la piqûre, puis de la fièvre, des douleurs articulaires ou musculaires, ainsi que, dans de très rares cas, une réaction allergique grave. Une réaction allergique pouvant entraîner le décès de l'enfant qui vient d'être vacciné, il est recommandé d'appeler les urgences si jamais l'un ou les symptômes suivants se manifestent : éruption cutanée, fortes démangeaison, gonflement des yeux et du visage, difficulté à respirer et à avaler, chute soudaine de la pression artérielle ou encore perte de connaissance.

Vaccin contre le pneumocoque 

    Le pneumocoque est une bactérie qui se loge dans les voies respiratoires.  Si beaucoup de Français sont porteurs de cette bactérie dans leur nez ou leur gorge sans être malades, elle peut parfois causer des infections, comme la pneumonie. Les dommages peuvent alors être dramatiques : surdité, séquelles au cerveau, mort.

    Le vaccin contre le pneumocoque peut entraîner des effets indésirables communs à tous les vaccins injectables chez les enfants : rougeur, gonflement, fièvre, douleurs articulaires, douleurs musculaires et allergie. Dans le derniers cas, il est impératif d'appeler rapidement les urgences, car une allergie peut être mortelle. 

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