Affaire Daval : la mère d'Alexia déçue, même si Jonathann reste en prison

Affaire Daval : la mère d'Alexia déçue, même si Jonathann reste en prison La requête de mise en liberté de Jonathann Daval a été rejetée par la chambre de la cour d'appel de Besançon. Pour la première fois depuis sa mise en examen, il s'est exprimé devant les parents d'Alexia.

[Mis à jour le 30 octobre 2018 à 18h14] C'est donc non. Jonathan Daval, qui se dit victime d'un complot organisé par sa belle-famille, reste en prison. Sa demande de mise en liberté a été examinée par la chambre de la cour d'appel de Besançon ce mardi 30 octobre. Le trentenaire, mis en examen et suspecté d'avoir tué son épouse Alexia il y a un an, avait sollicité une remise en liberté car il estime désormais sa détention totalement infondée. Dans la dernière version des faits qu'il a donnée aux magistrats, il assure en effet n'être coupable que de "recel de cadavre". Pour Jonathann Daval, c'est son beau-frère, Grégory Gay, qui a étranglé Alexia il y a un an, avant que les parents et la soeur de la victime ne couvrent le meurtrier. Une version qui n'a manifestement pas fait pencher la balance en sa faveur, les juges ont préféré suivre les réquisitions de l'avocat général, qui avait demandé le maintien en détention du suspect.

L'avocat de Jonathann Daval, Maître Schwerdorffer, a réagi à la décision des magistrats. Selon lui, "on peut raisonnablement penser que deux arguments ont prévalu : la sécurité de Jonathann qui risque d'être difficile à assurer, et le second, l'émoi provoqué par cette affaire dans l'opinion publique". L'homme qui assure la défense du prévenu avait plaidé pour une assignation à résidence pour son client.

Une audience s'est tenue à huis clos ce matin pour que les deux parties s'expriment sur cette demande de mise en liberté. Jonathann Daval a pu justifier lui-même sa requête, devant la cour, en visioconférence, depuis sa prison de Dijon. On ignore les mots qu'il a prononcés devant les juges et devant sa belle-famille, qui s'est déplacée pour l'occasion. Grégory Gay était présent, tout comme la soeur et les parents d'Alexia, Isabelle et Jean-Pierre Fouillot. Les magistrats ont tranché en prenant en compte les éléments concrets de l'enquête, les rapports des médecins psychiatres, mais aussi et surtout les risques pour la procédure judiciaire que pourrait induire la libération du suspect notamment pour sa propre sécurité, ou encore le risque de trouble à l'ordre public.

Rupture définitive entre Jonathann Daval et sa belle-famille

Cette audience marque sinon un tournant, une rupture sans doute définitive entre Jonathann Daval et la famille d'Alexia Daval, qui se montre désormais très dure et très sévère à l'endroit du suspect. Leur avocat a estimé que "le trouble exceptionnel à l'ordre public qui justifie la détention n'a pas seulement été créé et causé par Jonathann Daval. Celui-ci l'a aussi entretenu pendant un an par ses attitudes et ses déclarations dont l'invraisemblance n'a d'égal que la lâcheté, l'indécence et le caractère odieux".

Peu après l'audience, la mère d'Alexia Daval s'est exprimée auprès de France Info. "Il n'a pas eu un mot pour nous, rien du tout, même le fait que ce soit aujourd'hui le 30, le jour anniversaire où l'on a retrouvé le corps d'Alexia, il n'a eu aucun mot. Alexia il ne doit vraiment plus y penser du tout", a-t-elle regretté, se disant "déçue". Isabelle Fouillot considère désormais que la mort de sa fille relève de violences conjugales. "Elle est dans les statistiques, Alexia. C'est une femme qui meurt tous les trois jours sous les coups de son mari. C'est juste ça l'histoire, il nous a emmenés dans des scénarios improbables, irréels", a-t-elle considéré auprès de la radio.

La soeur d'Alexia Daval, Stéphanie Gay, s'est aussi exprimée devant la presse, rapporte l'AFP. "Il n'avait pas l'air aussi mal en point que ce que ses avocats le laissaient entendre", a-t-elle estimé, ajoutant que le prévenu était resté "impassible, sans réactions" lors de l'audience, derrière son écran.

Jonathann Daval décrit comme un "monstre"

Il y a quelques jours, les parents d'Alexia ont également publié, dans la presse locale, une lettre ouverte à leur fille, qui ne fait plus de doutes sur les sentiments qu'ils ont développés à l'égard de Jonathann Daval. "Il y a un an, un monstre s'est arrogé le droit de t'enlever la vie sous des coups effroyables, de t'étrangler, de te brûler", écrivaient les parents d'Alexia, évoquant la carbonisation de son corps, constatée au moment de sa découverte et dont Jonathann a toujours nié être l'auteur. "On ne ferait même pas ces monstruosités à un animal. Quelle rage, quelle férocité pour agir de telle sorte. Pense-t-il aujourd'hui à tout ce qu'il t'a fait subir ? A-t-il des remords ? Est-ce qu'il t'a aimée un jour pour en arriver à de telles extrémités ? Nous a-t-il aimés un jour, nous qui l'avions accueilli comme un fils ?", se questionnaient alors Isabelle et Jean-Pierre Fouillot, qui affirment vivre "un film d'horreur" depuis un an.

Rappelons que la justice doit organiser une confrontation, dans quelques semaines, entre Jonathann Daval et Grégory Gay. Elle devrait avoir lieu en présence des parents d'Alexia Daval.

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