Jonathann Daval : lettre, trace ADN, audition... L'affaire s'emballe

Jonathann Daval : lettre, trace ADN, audition... L'affaire s'emballe DAVAL - À la veille de la nouvelle audition de Jonathann Daval, Le Parisien a fait une seconde révélation clé sur l'affaire Alexia Daval. Après la présence d'ADN de la mère du suspect dans la voiture de ce dernier, des traces de substances interdites auraient été découvertes sur le corps de la victime.

[Mis à jour le 28 novembre 2018 à 23h43] Avec la nouvelle audition de Jonathann Daval, prévue jeudi 29 novembre, plusieurs médias ont fait de nouvelles révélations ces derniers jours sur l'affaire Daval. La dernière en date ? Une information du Parisien, publiée ce mercredi 28 novembre en début de soirée, selon laquelle les prélèvements sanguins et capillaires effectués sur le corps d'Alexia Daval auraient révélé des traces suspectes de médicaments. Parmi les trois molécules repérées du zolpidem, qui n'est autre qu'"un hypnotique utilisé comme somnifère", rapporte Le Parisien, du tétrazépam, un décontractant musculaire, mais également du tramadol, un antalgique opiacé. Si le quotidien de la capitale remarque que ces substances sont contre-indiquées pour les femmes enceintes, Le Parisien rapporte également qu'une des molécules, le tétrazépam, qu'elle aurait ingéré dans les mois précédents sa mort, était même interdite depuis 2013. 

"Le but était-il qu'elle s'endorme un jour au volant ?"

Également intriguant : l'importante présence de tramadol, qui pourrait être lié à une "consommation répétée", selon l'expert toxicologue, retrouvée dans le corps d'Alexia Daval. Une nouvelle information qui interpelle d'autant plus quand on sait que, selon les proches de la jeune femme décédée l'an passé, Alexia Daval et son époux souhaitaient fonder une famille. "Alexia était sportive, elle faisait très attention à son alimentation et surtout elle rêvait d'avoir un enfant et avait un traitement lourd pour y arriver. Jamais elle n'aurait pris un médicament, surtout interdit, qui aurait pu l'empêcher de tomber enceinte ou qui aurait mis en danger le bébé !", assure au Parisien un membre de sa famille. Mais ce dernier ne s'arrête pas là et s'interroge : "A-t-on pu lui faire prendre ces substances à son insu, dans sa nourriture par exemple ? Ont-elles pu provoquer sa fausse couche en août 2017 ?"

Le Parisien note par ailleurs que la prise de ces médicaments pourrait, quant à elle, être liée, même si cela ne semble pour l'heure pas encore avéré, aux "crises" et autres "black out", décrits un temps par la sœur d'Alexia Daval, Stéphanie. "Ces crises auraient-elles pu être provoquées sciemment ? Ou bien le but était-il qu'elle s'endorme un jour au volant ? On se pose forcément la question", se serait même interrogé un second intime de la victime, également questionnée par le quotidien de la capitale.

Une trace ADN de la mère de Jonathann retrouvée dans sa voiture

Peu avant cette nouvelle révélation, dès hier, mardi 27 novembre, une autre information avait fuité dans la presse : l'existence d'un cheveu, et donc d'une trace ADN, correspondant à celui de la mère de Jonathann Daval, dans la voiture de fonction de ce dernier, qui a pu servir à déplacer le corps d'Alexia jusqu'au bois près de Gray-la-Ville (Haute-Saône), où il a été retrouvé partiellement carbonisé le 30 octobre 2017.

La présence du cheveu de Martine Henry a été révélé au grand public cette semaine grâce à une lettre envoyée par Grégory Gay à son avocat, tout cela afin que les enquêteurs approfondissent leurs investigations. Mais cet élément avait été notifié depuis longtemps dans le dossier d'instruction, que le mari de la soeur d'Alexia a pu consulter en qualité de partie civile et qu'il aurait étudié très longuement.

L'avocat de Jonathann charge Grégory Gay, un "contre-enquêteur"

Les enquêteurs avaient donc connaissance depuis longtemps de l'existence de ce cheveu, mais ils n'avaient pas jugé cela assez probant pour accréditer la thèse, soutenue par la famille de la victime, d'une complicité dans le meurtre, le transport ou la crémation du corps - ou les trois - de la jeune banquière de 29 ans. Un enquêteur a d'ailleurs confirmé au Parisien que "cet élément n'[était] pas nouveau et [avait] été jugé non significatif" car l'informaticien trentenaire avait pour habitude de se rendre très souvent au domicile de sa mère, justement avec son véhicule de fonction.

Voilà pourquoi cet élément était resté anonyme jusqu'à ce que Grégory Gay pointe le doigt dessus. Quoi qu'il en soit, cette histoire de cheveu, le conseil de Jonathann la balaie du revers de la main et charge quelque peu le beau-frère de son client. "Il se présente quasiment comme un contre-enquêteur. Comment peut-il oser dire qu'il a découvert, alors qu'on le sait tous, un élément qui désignerait manifestement, la maman de Jonathann comme un complice potentiel ?", s'est demandé maître Schwerdorffer, agacé, sur RTL.

L'avocat va plus loin en accusant Grégory Gay de lancer "sciemment" une campagne de déstabilisation. "Il envoie son courrier au juge d'instruction et en parallèle à un grand journal national. Son but très clairement, c'est d'intoxiquer l'opinion publique d'une façon totalement déloyale", a ajouté Randall Schwerdorffer. Du côté de la principale intéressée, Martine Henry, même son de cloche.

Affaire Daval : une audition ce jeudi et une confrontation le 7 décembre

La mère de celui qui est mis en examen pour meurtre sur conjoint accuse également Grégory Gay de vouloir déstabiliser son fils, qui se retrouvera ce jeudi devant le magistrat instructeur du tribunal de Besançon, mais aussi face à sa belle famille le 7 décembre prochain pour une confrontation qui s'annonce cruciale. "Je pense que Grégory a fait ça pour déstabiliser Jonathann, en vue de l'audience qu'il doit y avoir", confie-t-elle à BFM TV.

Et d'ajouter, "mécontente" et "très en colère" : "Un cheveu, c'est volatile, ça peut se transférer facilement. Ça ne me choque pas du tout qu'il se soit retrouvé dans la voiture. Il a pu se retrouver sur les vêtements de Jonathann quand je l'ai serré mes bras... Je nie très fortement cette complicité". Grégory Gay, de son côté, s'est toujours voulu serein face aux accusations de son beau-frère et n'a pas réagi depuis la révélation de l'existence du cheveu de la mère de Jonathann. Cette nouvelle révélation intervient seulement quelques jours après celle faite par l'émission Sept à huit sur TF1, concernant un document retrouvé sur l'ordinateur de Jonathann Daval.

Le scénario de la mort d'Alexia dicté par un tiers à Jonathann ?

Il s'agit d'un texte que le jeune homme a rédigé, consignant la trame de la journée du 28 octobre 2017 et qui ressemble en tous points à la version qu'il avait livrée aux enquêteurs lors de ses aveux en janvier 2018, lorsqu'il considérait encore être l'auteur du meurtre. Dans ce document, on retrouve le réveil commun du couple, puis le départ d'Alexia pour un jogging et son retour qui n'arrivera jamais. Mais le plus troublant reste le timing de l'écriture de ce scénario. En effet, Jonathann a rédigé ce texte dix jours après la mort de la jeune femme, soit autour du 10 novembre 2017. Un élément dont s'est servi son avocat. "Si le scénario était de lui, c'est assez surprenant qu'il soit obligé de l'écrire pour s'en souvenir", avait réagi Randall Schwerdorffer, évoquant la possiblité "qu'on lui [ait] dicté" ce texte.

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