Service national universel : lancé dès juin prochain, pourquoi ce n'est "pas un service militaire"

Service national universel : lancé dès juin prochain, pourquoi ce n'est "pas un service militaire" SERVICE NATIONAL UNIVERSEL - Son expérimentation démarre dès juin. S'il est souvent surnommé "service militaire version 2019", le SNU n'est "pas un service militaire", dixit Gabriel Attal, secrétaire d'Etat chargé de sa mise en application...

[Mis à jour le 17 janvier 2019 à 14h37] "Le SNU n'est pas un service militaire, le président a toujours été clair là-dessus". Ces mots sont de Gabriel Attal, secrétaire d'Etat chargé de la mise en oeuvre du Service national universel, promesse de campagne d'Emmanuel Macron. Interviewé par Le Point le 16 janvier, le secrétaire d'Etat, en plus d'annoncer le lancement du SNU dès juin prochain dans 13 départements pilotes, a pour autant rappelé que "les militaires seront présents dans le SNU. [ils] participeront à la formation des encadrants et à une partie de l'encadrement", et interviendront également sur des modules tels que ceux de défense, résilience ou encore cohésion en plein air.

A la différence du service militaire, les jeunes seront par exemple en auto-gestion à l'intérieur des centres d'hébergement. Gabriel Attal précise ainsi au Point que la "maisonnée", "cellule de base du SNU" qui réunira les jeunes par groupes d'une dizaine, sera gérée "entre jeunes et par les jeunes". Un conseil de maisonnée doit y avoir lieu chaque soir en guise de temps d'échange permettant à la fois de débriefer sur les expériences du jour et de "faire vivre une démocratie interne pour organiser la vie en collectivité". De même, il y aura bien un uniforme mais ce ne sera pas un treillis [militaire, NDLR], toujours selon le secrétaire d'Etat.

Toutefois, un parallèle et des passerelles existent avec le monde de l'armée. Ainsi, Gabriel Attal détaille : "Sans avoir un uniforme militaire, nous pourrions reproduire la logique de l'armée : une tenue identique entre jeunes et encadrants, avec un signe distinctif pour les encadrants". Parmi les missions d'intérêt général prévues dans le cadre du SNU, il y aura entre autres la possibilité, là aussi, de missions "auprès des corps en uniforme" (mais aussi dans le champ de l'entretien et la rénovation du patrimoine ; en hôpital ; auprès de publics précaires...).

Les dernières infos sur le futur Service national universel (SNU)

Le Service national universel, alias SNU, est en train de devenir une réalité : comme l'a annoncé Gabriel Attal, secrétaire d'Etat chargé de la mise en oeuvre du SNU, au Point le 16 janvier, le futur SNU doit être expérimenté dès juin prochain. Ce dispositif citoyen s'adresse à tous les jeunes de 16 ans. 13 départements pilotes ainsi que 3 000 jeunes volontaires sont concernés. Au menu, réveil à l'aube, uniforme, salut au drapeau, chant de la Marseillaise, formation aux premiers secours ou encore ateliers spécial valeurs républicaines, courses d'orientation...

Le Service national universel doit à terme s'axer sur deux temps :

  • une première phase obligatoire allant jusqu'à un mois 
  • une seconde phase facultative de 3 à 12 mois.

Quant à l'étape du recrutement des jeunes volontaires, qui a lieu en amont, elle doit démarrer dès le mois de mars. Le secrétaire d'Etat Gabriel Attal a précisé vouloir qu'y figurent à la fois "des jeunes scolarisés, des apprentis, des décrocheurs, des jeunes en situation de handicap".

Définition du service national universel

En mars 2017, le candidat Macron avait promis le rétablissement d'un "service national obligatoire et universel" (SNU) sur une durée d'un mois et pour l'ensemble d'une classe d'âge. Objectifs : créer un "brassage social" et favoriser un partage des valeurs de la République avant l'entrée sur le marché du travail. Selon Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, il doit également s'agir d'un "moment de rencontre entre la jeunesse de notre pays et la nation, et en partie son armée", mais aussi d'un "engagement civique".

Membre du groupe de travail mandaté par l'Elysée pour plancher sur le SNU, l'ancienne secrétaire d'Etat chargée de l'Aide aux victimes Juliette Méadel assurait le 13 mars dernier sur les ondes de RTL qu'il s'agissait d' "une révolution, un très très grand projet qui va concerner une classe d'âge, c'est toute la société qui va se mettre en mouvement. (...) On se reconstruit en aidant les autres. Ça valorise, ça donne un sens et une place dans la société".

Pour l'instant, le seul temps obligatoire pour les jeunes ayant un rapport avec l'armée est la journée défense et citoyenneté, sous l'autorité du ministère de la Défense et administrée par la direction du service national et de la jeunesse. C'est d'ailleurs à cette direction que le rapport remis par le groupe de travail mandaté par l'Elysée, fin avril, préconise de confier le SNU via sa conception, sa mise en oeuvre et son évaluation.

Le service national universel, pour qui ?

Selon les recommandations du rapport remis à l'Elysée fin avril, les jeunes dès 15 ans, filles comme garçons, seront concernés par un passage obligatoire en "Service national obligatoire et universel". L'étape obligatoire du dispositif, sur deux fois 15 jours, devrait elle être effectuée entre 15 et 18 ans "au plus tard". Les rapporteurs désignent comme année-repère "l'année suivant la classe de troisième" pour le démarrage du SNU. Objectif : permettre au plus grand nombre de jeunes possible de faire son service national obligatoire et universel pendant l'année de seconde, une année sans examens. Le rapport note que ce timing "garantit une moindre perturbation des apprentissages". Au total, sont concernés "800 000 à 900 000 jeunes appelés étalés sur une année scolaire entière [...] par fractions de l'ordre de 80 000 jeunes". Dernière chose : toujours selon le rapport, les premiers jeunes concernés pourraient l'être dès le deuxième semestre 2019, sur la base du volontariat. Selon les contours rapportés par bfmtv en juin, il devrait au final démarrer sur le principe de l'obligatoire.

Le service national universel sera-t-il obligatoire ?

Le caractère obligatoire du service national universel a déjà été annoncé par Emmanuel Macron, qui disait alors souhaiter que cette partie obligatoire s'étale sur 3 à 6 mois. Or le rapport remis par le groupe de travail dédié au SNU le 27 avril dernier fait désormais mention d'une phase obligatoire de 2 x 15 jours, soit un mois (une annonce confirmée par Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, le 26 juin 2018). Une phase de volontariat d'au moins trois mois devrait s'y ajouter, potentiellement indemnisée.

Quand sera mis en place le service national universel ?

Quand verra-t-on débouler le service national universel ? La mise en place est-elle pour 2019 ?, 2020 ?... Juliette Méadel, membre du groupe de travail créé pour élaborer le dispositif d'un service national universel, parlait le 13 mars 2018 d'une mise en place "le plus rapidement possible, (...) avant la fin du quinquennat". Le 17 janvier 2019, on apprend que le lancement des premières expérimentations du SNU sur le terrain est pour juin 2019, dans 13 départements pilotes, sur la base du volontariat.

Quelle sera la date du service national universel ?

A quelle date de leur cursus les jeunes concernés devront-ils s'acquitter de leur service national universel ? C'est après la classe de troisième, en Seconde, une année dépourvue d'examens, que se situe pour l'instant la date du service national universel obligatoire. Il s'agit d'un "timing" préconisé par le groupe de travail mis en place par l'Elysée, qui a rendu sa première copie le 27 avril dernier.

Coût du service national universel

Combien coûterait à l'Etat la mise en place d'un service national universel ? Dixit le rapport du groupe de travail remis à l'Elysée fin avril, "le coût budgétaire total ne devrait pas dépasser quelques milliards d'euros". Mais le rapport reste flou quant aux coûts précis, soulignant pour autant qu'il s'agit "d'un investissement collectif justifié, soutenable et maîtrisable".

D'après un membre de la commission des finances de l'Assemblée nationale relayé par Le Figaro, le député LR François Cornut-Gentille, membre de la commission des finances de l'Assemblée nationale, les coûts d'infrastructure pourraient atteindre à eux seuls jusqu'à 15 milliards d'euros : "Si on veut accueillir les jeunes, mixer les populations, les gérer sur un site, il faudra rénover et réhabiliter d'anciens sites, voire construire". Pourtant, aux dires du président Emmanuel Macron le 13 février dernier, au cours d'une rencontre avec l'Association de la presse présidentielle, ce service "aura un coût mais je ne pense pas qu'il soit prohibitif. Il ne s'agit pas de recréer des casernements massifs". A ce propos, François Cornut-Gentille admet : "En revanche si on fait des sortes de stages et si c'est uniquement une sensibilisation, il sera possible de faire ça à l'école".

Le rapport remis par le groupe de travail mandaté par l'Elysée pour dessiner les contours du SNU estime en effet que l'hébergement représente "la difficulté la plus importante à surmonter". Pour l'instant, le rapport en question mentionne comme solution d'hébergement les internats scolaires, sans toutefois préciser le nombre d'hébergements disponibles ou nécessitant une rénovation. Une autre option envisagée est la construction de bâtiments faits pour le SNU, "en dur léger, articulés avec un site existant" (hôpitaux, universités, lycées). Enfin, le rapport évoque l'opportunité de se greffer à la construction d'hébergements d'urgence "en y ajoutant une capacité supplémentaire, distincte" pour accueillir les jeunes en SNU.

Selon un rapport commandé par le Premier ministre Edouard Philippe en septembre dernier, auprès des cinq inspections générales (administration, armées, finances, éducation, jeunesse et sports), il existe "d'importantes réserves" quant au coût de fonctionnement, estimé entre 2,4 à 3 milliards d'euros par an, rapportent Les Echos. Concrètement, le coût de fonctionnement est lié à un éventuel encadrement militaire. Une somme qui ne comprend pas les investissements initiaux. 

Qui financerait ? On l'ignore encore également, à l'heure où ministère de l'Armée et de l'Education nationale semblent se passer la balle. Les ministères connaissent des difficultés budgétaires dissuasives pour ce qui est du financement du SNU. Le député François Cornut-Gentille met par ailleurs les pieds dans le plat quant à la finalité de cet engagement dédié aux jeunes : "Soit ça ne coûte pas cher mais ça ne sert à rien, soit on met le paquet pour que ça marche, mais la France n'en a pas les moyens et a d'autres priorités." Un rapport produit par le Sénat en juin dernier estimait, lui, le coût total du service national universel à 30 milliards d'euros pour une génération de jeunes, soit 800 000 individus.

Durée du service national universel

L'actuel président Emmanuel Macron disait au départ souhaiter que le service national universel s'échelonne sur une partie "obligatoire" durant "3 à 6 mois", pour autant "pas encore établie", avec l'intégration éventuel d'un service civique. Or, le parcours citoyen évoqué par le rapport de recommandations remis par le groupe de travail mandaté par l'Elysée, le 27 avril dernier, parle lui d'une durée du SNU en deux (voire trois) temps : 

  1. Un premier étage obligatoire sous forme de "temps de cohésion" sur quinze jours. Celui-ci aurait lieu sur une période de vacances scolaires, petites ou d'été, et en hébergement collectif. 
  2. Une seconde période obligatoire sous forme de "projet collectif". Egalement durant quinze jours mais cette fois "majoritairement sans hébergement".
  3. Une période facultative d'engagement volontaire. Sur trois à six mois, celle-ci serait à réaliser avant 25 ans, et pourrait éventuellement se voir indemnisée.

N.B. : en janvier 2019, la période facultative d'engagement volontaire se voit rallongée pour ceux qui le souhaitent jusqu'à 12 mois.

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