Vendredi 13 : porte-t-il chance ou malchance ? Ses secrets

Vendredi 13 : porte-t-il chance ou malchance ? Ses secrets VENDREDI 13 SEPTEMBRE 2019 - Le prochain vendredi 13 a lieu quelques jours après la rentrée des écoles... De quoi porter chance ou malchance aux petits écoliers et aux autres ? Voici l'histoire et les secrets du vendredi 13 !

[Mis à jour le 8 avril 2019 à 17h12] L'année 2019 comporte deux vendredis 13, l'un en septembre et l'autre en décembre... Une double raison de se renseigner sur cette date qui symbolise aussi bien la chance que la malchance et ne laisse pas grand monde indifférent !

  • Le calendrier 2018 cachait aussi deux vendredi 13, mais en avril et en juillet. En 2020, mars et novembre seront les mois de la "loose" ou de la "niaque"
  • Vous pourriez bien être "triskaïdékaphobe" (la phobie du nombre treize), voire même "paraskevidékatriaphobe" (la phobie du vendredi treize). Stephen King est ainsi un phobique du "13", ce qui lui fait boycotter la lecture des pages 13 des livres
  • Le vendredi 13 est une aubaine pour les tirages Loto et Euromillions exceptionnels alors organisés, pris d'assaut et révélateurs d'un véritable phénomène de société
  • La superstition associée au vendredi 13 provient de celle autour du nombre 13... et tire principalement ses origines de la Bible : Jésus et ses apôtres étaient 13 lors de la Cène, le dernier repas pris ensemble avant l'arrestation et la crucifixion du Christ. Quant au vendredi, c'est également la religion catholique qui y a accolé le nombre 13, en référence au vendredi saint, jour du chemin de croix et de la pénitence. Parallèlement, certaines légendes laissent entendre qu'Eve a croqué un vendredi la fameuse pomme du jardin d'Eden.

Histoire du vendredi 13

La croyance qui relie vendredi 13 et malheur puiserait sa source dans la bible. Selon le Nouveau Testament, au cours de la Cène (dernier repas du Christ), 13 participants siégeaient autour de la table : Jésus-Christ et ses 12 apôtres. L'Evangile de Matthieu cite toutes les personnes présentes : "Simon, appelé Pierre, et André, son frère ; Jacques, fils de Zébédée, et Jean, son frère ; Philippe, et Barthélemy ; Thomas, et Matthieu, le publicain ; Jacques, fils d'Alphée, et Thaddée ; Simon le Zélote (ou le Cananite), et Judas l'Iscariote, celui qui livra Jésus". Judas est souvent présenté comme le 13e convive, celui qui a tout fait basculer. Juda le traître et le vendredi 13 sont donc indissociables. La peur du vendredi 13 repose-t-elle également sur le fait que le Christ a été crucifié un vendredi, qui deviendra le "Vendredi saint" lors de la semaine de Pâques ?

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La Cène. © Tableau de Duccio di Bueninsegna
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La punition de Loki. © Gravure du XIXe siècle

La crainte du vendredi 13 puiserait également son origine dans les mythes nordiques antiques. Comme avec l'épisode de la mort du Dieu Balder. Odin, dieu des guerriers, avait un jour, selon la légende, réuni onze de ses amis dieux pour un dîner, dans sa demeure de Valhalla. Loki, dieu de la guerre et du mal, vexé de ne pas être de la fête, décida de s'inviter malgré tout. Seulement, ce treizième invité surprise n'était pas le bienvenu. Le fils d'Odin, le beau Balder, dieu de l'amour et de la lumière, tenta de chasser l'intrus. Une bataille éclata entre les deux dieux qui se vouaient une haine depuis toujours. Loki, dieu jaloux et malveillant, lui décocha une flèche empoisonnée en plein coeur, abattant Balder le "bien aimé". Depuis cette légende, dans les pays scandinaves, le chiffre 13 est considéré comme maudit et être 13 à table porterait malheur.

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Freyja dans son char. ©  Tableau de Nils Blommér

Frigga ou la diabolisation des croyances païennes, est un autre élément précurseur de la crainte du vendredi 13. Dans la mythologie nordique, Frigga (ou Freya) était la reine des dieux, déesse de l'amour et de la fertilité. Elle était célébrée par ses adorateurs le vendredi. Le mot "friday", vendredi en anglais, viendrait d'ailleurs de cette célébration et signifierait "Freya's day". Mais aux Xe et XIe siècles, les pays du nord sont progressivement convertis au christianisme. On se met alors à raconter que Frigga est en réalité une sorcière et qu'elle a été bannie au sommet d'une montagne. Pour se venger, elle inviterait, tous les vendredis, le diable et 11 sorcières pour maudire les hommes et leur jeter de mauvais sorts.
 Le 13 est-il un destructeur d'harmonie ? Les Grecs et les Romains donnent eux-aussi à ce nombre une connotation négative dans les mythologies gréco-romaines du vendredi 13. Ces deux mythologies, qui comportent de grandes similitudes, associent toutes deux le chiffre 12 à la régularité et la perfection. Ainsi, il y a 12 dieux olympiens, 12 constellations, 12 signes du zodiaque, 12 heures du jour et de la nuit. Le nombre 13, qui implique d'ajouter une unité au 12 parfait, vient rompre ce cycle régulier et introduit le désordre. Détruisant l'harmonie, il est synonyme de malheur. Pour ce qui est du vendredi, il est associé aux événements malheureux puisque c'est ce jour-là, dans la Rome antique, que se déroulent généralement les exécutions des condamnés à mort. 

Vendredi 13 et superstition

A l'approche du vendredi 13 janvier 2017, le site Lastminute.com s'était amusé à sonder les superstitions des Européens. Résultat : ils étaient 15 % à craindre ce jour particulier sur le Vieux continent. Soit presque autant que ceux qui redoutaient de "casser un miroir" (21 %), de "passer sous une échelle" (20 %) ou d'"ouvrir un parapluie à l'intérieur" (17 %). Et davantage que les peureux de la salière, puisque les Européens sont quand même 15 % à être superstitieux quant au fait de renverser du sel. Pour autant, les Français restent un peu moins superstitieux que la moyenne de l'Europe, établie à 55 % : 52 % d'entre nous accordons une importance aux superstitions, contre 60 % pour les Espagnols ou encore 58 % chez les Italiens...

La phobie du vendredi 13

le vendredi 13 a aussi ses phobiques.
Le vendredi 13 a aussi ses phobiques. © Laurent Hamels - Fotolia

Le vendredi 13 a généré sa propre phobie et elle porte un nom étonnant :  la paraskevidékatriaphobie, forme de triskaïdékaphobie ou peur irraisonnée du nombre 13. Certaines pratiques comme les mariages, les naissances ou la navigation sont évitées en Occident les 13 du mois. Dans de nombreuses villes, il n'y a pas d'habitations portant le n°13. Les grands immeubles, également, évitent de nommer le 13e étage (qui devient un 12 bis ou un 14 a) et certains hôtels n'ont pas de chambre 13 pour éviter d'y loger un client superstitieux.
Les vendredis 13, les paraskevidékatriaphobes ne vont pas travailler, ne partent pas en voyage, ne font pas leurs courses, bref, ne sortent pas de chez eux. Un économiste américain a d'ailleurs relevé l'impact économique des vendredis 13 : ces jours-là connaissent en effet une baisse importante de la consommation. Les pilotes de formule 1 en particulier ont peur du chiffre 13 depuis la mort de 2 pilotes portant ce numéro en 1926. Ce chiffre n'est jamais porté dans cette discipline sauf si le pilote en fait la demande. Stephen King a également fait l'aveu de cette phobie qui l'empêche de lire les pages 13 des livres.

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