Affaire Vincent Lambert : la reprise des soins contestée par le gouvernement

Affaire Vincent Lambert : la reprise des soins contestée par le gouvernement Le gouvernement a décidé de se pourvoir en cassation face à la décision de la cour d'appel de Paris, il y a onze jours, de maintenir Vincent Lambert en vie.

[Mis à jour le 31 mai 2019 à 17h50] L'affaire Vincent Lambert n'est décidément pas avare en retournements de situations et en décisions inattendues. Il y a onze jours, alors que l'arrêt des traitements du patient dans un état végétatif depuis dix ans avait été décidé, la cour d'appel de Paris était intervenue et avait décidé de maintenir l'hydratation et l'alimentation de Vincent Lambert, 42 ans, hospitalisé au CHU de Reims (Marne).

Mais c'était avant qu'un nouvel acte ne se joue dans cette bataille judiciaire, sur fond de guerre des clans formés par d'un côté les parents de l'ancien infirmier et de l'autre son épouse Rachel et son neveu François. Ce vendredi 31 mai, on a appris la décision du gouvernement de contester la décision de la cour d'appel. "Une déclaration de pourvoi a été déposée aujourd'hui en fin de matinée auprès de la Cour de cassation pour le compte des ministères parties", a indiqué le ministère de la Santé à l'AFP.

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Vincent Lambert : son accident

L'affaire Vincent Lambert débute le 29 septembre 2008, lors de l'accident de la route de ce jeune infirmier à Châlons-en-Champagne (Marne). La violence de l'accident est telle que le trentenaire, aujourd'hui âgé de 42 ans, est plongé dans un coma artificiel profond. A la sortie de son coma, le patient est dans un état de "conscience minimale", concluent les médecins. Les premières années qui ont suivi l'accident seront marquées par les transferts de Vincent Lambert dans des services de soins en kinésithérapie motrice et stimulatrice. Des soins qui lui seront administrés jusqu'en 2012, les médecins considérant que cela n'améliore pas son état, malgré la volonté des parents de les poursuivre. A partir de 2013, la possibilité de "laisser partir" Vincent Lambert est évoquée. Cela se concrétisera la même année, en mai, lorsque le médecin, en vertu de la loi Léonetti et en accord avec la femme du patient, engage l'arrêt des soins.

Mais face à la désapprobation des parents et grâce à la décision du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, le CHU est contraint de faire machine-arrière. En janvier 2014, un nouveau processus d'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation de Vincent Lambert est décidée par le CHU, qui a conclu une nouvelle fois qu'il s'agissait d'un cas d'"état végétatif chronique irréversible". Le tribunal est saisi par les parents, qui leur donne raison une nouvelle fois. S'en suivent de nouveaux bras de fer opposant d'un côté les parents de Vincent Lambert et de l'autre sa femme et le CHU de Reims, qui n'aura de cesse de tenter de prouver, via des expertises, que la situation du patient est irréversible face à des parents qui font alors recours à plusieurs autorités afin de contester la légalité des processus d'arrêt des soins. Avec succès, puisque ce 20 mai, le CHU est de nouveau autorisé à cesser l'alimentation et l'hydratation de Vincent Lambert, jusqu'à la décision, le soir-même, de la Cour d'appel de Paris, qui a décidé de laisser six mois à la Convention relative aux droits des personnes handicapées pour se prononcer sur le dossier.

Vincent Lambert : ses parents

Viviane et Pierre Lambert sont les parents de Vincent Lambert, victime d'un accident de la route en 2008 et dans un état végétatif depuis. Les parents du patient sont au coeur de l'affaire depuis le début puisqu'ils militent pour la poursuite des soins apportés à leur fils. Depuis 2013 et le premier processus enclenché par le CHU de Reims, M. et Mme Lambert ont fait appel à plusieurs autorités - Conseil d'Etat, Cour européenne des droits de l’homme, Défenseur des droits - afin de mettre fin à ces décisions prises par le centre hospitalier, en accord avec la femme de Vincent Lambert, Rachel, à qui la tutelle du patient a été confiée entre temps. Deux clans s'opposent donc clairement dans cette affaire : la famille de Vincent Lambert représentée par ses parents d'un côté et sa femme et le CHU de Reims de l'autre.

En ce mois de mai 2019, alors qu'une nouveau processus d'arrêt des soins est enclenché, les parents de Vincent Lambert ont fait connaître leur désaccord, par exemple en organisant un rassemblement devant le CHU de Reims ce dimanche 19 mai. "En France, en 2019, personne ne devrait mourir de faim et de soif. Si vous le souhaitez, vous pouvez m’accompagner", avait écrit Viviane Lambert sur le site "Je soutiens Vincent". Environ 200 personnes ont répondu à cet appel. "Le coup de force continue, il est encore temps d'arrêter cette folie", ont pour leur part réagi dans un communiqué les avocats des parents, Jean Paillot et Jérôme Triomphe. Le dernier espoir des parents de Vincent Lambert s'est reposé sur Comité des droits des personnes handicapées (CDPH), qui dépend de l'ONU et a été récompensé puisque la Cour d'appel de Paris s'est prononcé en faveur de Viviane et Pierre Lambert en laissant six au CDHP pour se prononcer. Une durée pendant laquelle les soins seront de nouveau administrés à Vincent Lambert.

Mort de Vincent Lambert

Comme évoqué plus haut, la mort de Vincent Lambert a été plusieurs fois envisagée et même enclenchée, en arrêtant les soins du patient. A partir de 2013 et jusqu'à ce 20 mai 2019, le CHU de Reims a obtenu par trois fois l'autorisation de procéder à l'arrêt des soins, à chaque fois révoqué par l'action des parents, farouchement contre. Viviane et Pierre Lambert estiment que provoquer la mort de leur fils reviendrait à l'"assassinat d’un handicapé". La question que pose la mort de Vincent Lambert est également relative à la souffrance que le quarantenaire pourrait ressentir, si le nouveau processus d'arrêt des soins enclenché ce 20 mai avait été maintenu. Plusieurs spécialistes ont répondu à cette question et tous considèrent que Vincent Lambert ne souffrira pas. "Vincent Lambert n'aura ni faim ni soif, il va mourir naturellement en quelques jours. Les gens confondent la soif et la sécheresse de la bouche. Dans le cas de M. Lambert, il n'y a pas de sensation de soif : pour avoir soif, il faut avoir conscience", explique le Dr Devalois pour le Figaro.

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