Procès de Christophe Dettinger : de la prison, vraiment ?

Procès de Christophe Dettinger : de la prison, vraiment ? DETTINGER - La décision est tombée ce mercredi soir pour Christophe Dettinger. Le "boxeur gilet jaune" écope de 30 mois de prison, dont 18 mois avec sursis. Mais Christophe Dettinger va bénéficier d'un aménagement de peine en semi-liberté.

L'essentiel

A l'issue du délibéré, peu après 22 heures, mercredi 13 février, le tribunal correctionnel de Paris a rendu sa décision. Christophe Dettinger, qui risquait jusqu'à 7 ans de prison et 100 000 euros d'amende pour avoir passé à tabac deux gendarmes en marge d'une manifestation des gilets jaunes le 5 janvier dernier, a été condamné à 30 mois de prison, dont 18 mois avec sursis. Ce sont donc 12 mois ferme que le "boxeur gilet jaune" doit théoriquement passer en prison. Toutefois, si le tribunal a prononcé son maintien en détention, un aménagement de peine en semi-liberté a été annoncé. "Vous avez 12 mois de prison ferme à faire, mais vous dormirez en prison et vous serez dehors la journée pour garder une vie professionnelle et familiale", a expliqué la présidente. L'avocat de Christophe Dettinger a d'ores et déjà fait savoir qu'il ne comptait pas faire appel.

En direct

17:16 - Fin du direct - Pourquoi Dettinger bénéficie-t-il d'une semi-liberté ?

Alors qu'il a été condamné à 30 mois de prison dont 12 mois ferme, Christophe Dettinger va bénéficier d'une semi-liberté. Plus concrètement, pendant 12 mois, il sera contraint de dormir derrière les barreaux mais sera libre la journée. La présidente a justifié cette décision en affirmant que le "boxeur gilet jaune" pourrait garder "une vie professionnelle et familiale".

17:15 - Un député LFI rapproche l'affaire Dettinger à l'affaire Benalla

Invité à s'exprimer, ce jeudi sur LCI, sur le procès de Christophe Dettinger, qui a abouti à 30 mois de prison dont 12 ferme, Adrien Quatennens a estimé qu'on "aurait pu s'attendre à une condamnation plus lourde, on pouvait la craindre". Mais le député La France insoumise a par ailleurs assuré que "le sentiment qui a été celui des Gilets jaunes dans l'affaire de Monsieur Dettinger, c'est celui d'une justice à deux vitesses". Et d'établir un parallèle, très populaire sur Twitter, avec l'affaire Benalla : "A l'heure ou ce monsieur a été condamné, Alexandre Benalla se balade avec ses passeports diplomatiques". Adrien Quatennens conclue en dénonçant que" selon qu'on est puissant et proche du Président ou quelqu'un du commun et bien on n'a pas affaire à un même rythme judiciaire".

13:18 - Dettinger, une "décision équilibrée"

L'avocate de Christophe Dettinger était ce jeudi matin sur le plateau de BFM TV. Invitée à s'exprimer sur le sort réservé à son client par le tribunal correctionnel de Paris, maître Laurence Léger s'est montrée plutôt  satisfaite, même si elle dément toute clémence. "Ce n'est pas un jugement clément, on n'est pas du tout dans une décision laxiste. C'est même une peine relativement sévère pour un primo-délinquant", juge-t-elle.  Et de concéder : "C'est néanmoins une décision équilibrée parce que ça prend en compte d'une part la gravité des faits et d'autre part la personnalité du prévenu qui n'a jamais fait parler de lui".

12:23 - Christophe Dettinger, un "procès politique"

Etienne Chouard, militant politique, figure du "non" au référendum européen de 2005 revenu sur le devant de la scène avec les gilets jaunes, a qualifié le procès de Christophe Dettinger de "procès politique". "Le 'régime' Macron n'est pas que corrompu, traître au bien commun et sanguinaire : il multiplie les procès politiques, les emprisonnements (et les immunités) arbitraires...", a-t-il jugé sur son compte Twitter.

12:13 - "Monsieur Dettinger est en train de faire passer un message fort"

Dans son interview à France Info, Linda Kebbab a également souligné que le procès de Christophe Dettinger, et en particulier son mea culpa, pourrait servir à apaiser les futures manifestations de gilets jaunes. "Pour les gilets jaunes, la partie qu'il faut retenir pour samedi prochain et pour les autres, c'est qu'il faut enfin apaiser le mouvement avec des manifestations sereines qui se désolidarisent des casseurs", a expliqué la syndicaliste policière. Et d'ajouter : "Oui monsieur Dettinger est en train de faire passer un message fort : 'On ne frappe pas les forces de l'ordre, on peut en avoir honte et il ne faut surtout pas recommencer'".

11:53 - Christophe Dettinger ne peut plus aller à Paris pendant 6 mois

Le procès de Christophe Dettinger a abouti à une peine de 30 mois de prison, 18 avec sursis et 12 ferme. Mais ce n'est pas tout. Le "boxeur gilet jaune" a également été condamné à une interdiction de se rendre à Paris pour les six prochains mois. Il ne pourra donc pas participer aux mobilisations parisiennes des gilets jaunes.

11:12 - Unité-SGP Police FO critique la peine de Christophe Dettinger

Linda Kebbab, déléguée nationale Unité-SGP Police FO, était l'invitée de France Info hier soir. Elle a reconnu une peine "supérieure à ce que les forces de l'ordre ont l'habitude de rencontrer quand ils sont atteints par la violence", mais l'a tout de même jugée "modérée". "Malheureusement on a l'habitude d'avoir des peines bien moindres que celle-ci, [mais] malgré tout elle ne porte pas un message très fort", a déclaré la policière, qui a aussi critiqué la semi-liberté qui est prévue et les 18 mois avec sursis.

10:16 - "Une décision dont la défense considère qu'elle ne peut pas faire appel"

A la sortie du tribunal correctionnel de Paris, l'un des avocats de Christophe Dettinger a déclaré qu'il s'agit d'"une décision dont la défense considère qu'elle ne peut pas faire appel". Et de noter, elle "permet à [Christophe Dettinger] de recouvrer sa liberté dans les jours qui viennent". A noter que l'ex-boxeur sera convoqué par le juge d'application des peines dans les prochains jours. 

10:09 - "Une décision équilibrée, qui a du sens"

Si les avocats de Christophe Dettinger se sont satisfaits de la décision du tribunal, c'est également le cas des conseils des parties civiles. Maître Jean-Philippe Morel, l'avocat des parties civiles représentant l'association Gendarmes et citoyens, a également qualifié l'issue du procès d''équilibrée". "Les victimes sont reconnues comme telles, monsieur Dettinger est interdit de manifestation dans Paris pendant six mois", a jugé l'avocat au sortir de l'audience. Et de conclure : "Nous sommes très satisfaits".

09:57 - Dettinger-Benalla, destins croisés ?

Sur Twitter, la décision du tribunal dans le procès de Christophe Dettinger est souvent mise en lien avec Alexandre Benalla. Même si le "boxeur gilet jaune" a écopé d'une peine "équilibrée" - selon son avocate -, beaucoup se scandalisent malgré tout que Dettinger dorme en prison alors que l'ancien collaborateur de l'Elysée n'ait pas (encore) été condamné après les violences du 1er-Mai. 

09:42 - Jean-Philippe Morel, avocat des parties civiles, salue une "décision sage"

"L'absence de casier a sûrement pesé dans la décision du juge, mais la gravité a été reconnue. Il a une part importante de sursis avec mise à l'épreuve", a constaté Jean-Philippe Morel, avocat des parties civiles, à la sortie du procès de Christophe Dettinger. Ce dernier a part ailleurs salué une "décision sage, qui rend justice". Et d'assurer : "Nous sommes très satisfaits ce soir."

09:30 - La question de la cagnotte Leetchi pas encore réglée

Sur BFM TV ce jeudi matin, l'avocate de Christophe Dettinger a rappelé qu'une autre volet de l'affaire du "boxeur gilet jaune" n'était pas réglé, celui de la cagnotte Leetchi en soutien à son client, qui avait provoqué la polémique au point d'être gelée à 145 000 euros récoltés. Un arbitrage doit être donné dans ce litige, Leetchi ayant assigné en justice l'organisateur de la cagnotte. "Cette affaire va passer en référé à Evry, le 22 mars prochain. Je serai l’avocate de cette personne (l'organisateur de la cagnotte, ndlr). Et nous-mêmes avons assigné Leetchi, ça passera le 13 mars à Paris, pour débloquer cette cagnotte", a expliqué Laurence Léger, le conseil de Christophe Dettinger.

09:15 - La joie des proches de Christophe Dettinger

Beaucoup craignaient une peine exemplaire, mais finalement Christophe Dettinger a écopé d'une peine qui lui permettra de reprendre une vie professionnelle et familiale. Une décision reçue avec satisfaction par les proches du "boxeur gilet jaune".

08:56 - Christophe Dettinger, la peur "d'une peine pour l'exemple"

Sur le plateau de BFM TV ce matin, l'avocate de Christophe Dettinger a qualifié la peine proclamée à l'encontre de son client d'"équilibrée". Mais Laurence Léger avoue qu'elle craignait le pire pour le "boxeur gilet jaune". "On craignait une décision exemplaire vu le retentissement médiatique de ce dossier. On avait peur d'une peine pour l'exemple et d'une décision qui le maintienne en détention", a-t-elle déclaré.

13/02/19 - 22:20 - Christophe Dettinger condamné à un an de prison ferme

La décision vient de tomber. Le tribunal de Paris condamne Christophe Dettinger à 12 mois de prison ferme. Dans le détail, le "boxeur gilet jaune" a été condamné à 30 mois d’emprisonnement, parmi lesquels 18 mois de sursis, avec mise à l'épreuve pendant deux ans, ainsi que le maintien en détention. Christophe Dettinger est par ailleurs interdit de séjour dans la capitale pendant six mois.

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Dettinger, le boxeur gilets jaunes, condamné à la prison ferme ?

Le 9 janvier dernier, Christophe Dettinger, lors de son premier jugement en comparution immédiate, avait fait amende honorable. "Je regrette mes actes. Je ne suis pas fier de moi. J'ai pas eu le contrôle", avait-il dit, devant les juges, qui avaient accepté de renvoyer le procès à une date ultérieure. Lors de son procès, Christophe Dettinger compte bien reconnaître la gravité des faits reprochés. Auprès du Figaro, son avocat, Maître Hugues Vigier, précise qu'il exposera les regrets de son client, tout en donnant une explication sur ce qui l'a poussé à cet excès de violence. "Il a fait une connerie majeure, il le sait. Mais s'il a fait ça, c'est qu'il voulait quitter cette scène", dit-il. Le "boxeur gilets jaunes" dit avoir "perdu le contrôle" après avoir vu une femme recevoir des coups de matraque de la part des forces de l'ordre. Cette personne apportera d'ailleurs son témoignage lors du procès. Christophe Dettinger aurait aussi "reçu du gaz poivre", dit encore son avocat. "Ça tape un peu à droite, à gauche. Il y a une succession d'événements", veut-il rappeler.

La peine encourue par le boxeur est lourde : jusqu'à 7 ans d'emprisonnement et 100 000 euros d'amende, pour "violences volontaires en réunion sur personnes dépositaires de l'autorité publique". L'un des gendarmes frappé s'était vu prescrire quinze jours d'interruption totale de travail, compte tenu de ses blessures. Il n'a toujours pas repris le travail. Le syndicat des commissaires de la police nationale se porte partie civile dans ce procès. "Nous attendons qu'il y ait une décision de justice qui tiennent compte des faits, et non pas de certaines déclarations ou d'un contexte médiatique compliqué. [...] Il s'agit pas pour nous de demander un exemple, c'est à la justice de décider", a indiqué David Lebars, secrétaire général du syndicat aux DNA, ajoutant qu'"il ne faut pas considérer que des regrets peuvent lui permettre d'avoir une peine clémente, il faudra analyser les faits".

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