Cardinal Barbarin : finalement relaxé pour non dénonciation d'abus sexuel ?

Cardinal Barbarin : finalement relaxé pour non dénonciation d'abus sexuel ? BARBARIN - Le procès en appel du cardinal Philippe Barbarin avait lieu ces 28 et 29 novembre, pour son implication dans l'affaire Preynat. Le jugement a été mis en délibéré et sera rendu le 30 janvier prochain.

Accusé de "non-dénonciation d'agressions sexuelles sur mineurs" dans le cadre du scandale de pédocriminalité qui avait éclaté au sein de l'Eglise catholique en 2016, l'archevêque de Lyon avait fait appel de sa première condamnation. Ce 28 et 29 novembre s'est tenu son procès en appel. Pour rappel, le cardinal Barbarin avait écopé en première instance d'une peine de prison de 6 mois avec sursis. Ce vendredi, les magistrats n'ont pas requis de condamnation, comme c'était le cas au premier procès. On ignore toutefois la décision des juges, puisque la décision a été mise en délibéré et sera rendue le 30 janvier 2020, après le procès de Bernard Preynat.

Le silence reproché à Philippe Barbarin concerne deux éléments du dossier. En 2010 déjà, le cardinal avait été informé par Preynat lui-même de ses agissements, et n'avait pas réagi. Trop anciens, ces faits sont tombés sous le coup de la prescription. En revanche, l'archevêque peut être condamné pour n'avoir pas prévenu la justice lorsqu'Alexandre Hezez, victime du prêtre Preynat, s'était confié au cardinal en 2014. Lors du procès en appel, le cardinal Barbarin a eu ces mots : "Je n'arrive pas bien à voir en quoi je suis coupable." En 2016, il avait déjà prononcé "par erreur" de langage , une phrase qui avait marqué l'opinion publique :  "La majorité des faits, grâce à Dieu, sont prescrits." 

L'association La Parole libérée envisage un pourvoi en cassation

François Deveaux, une supposée victime de Preynat, est président de l'association La Parole libérée, qui réunit les victimes potentielles du prêtre et recueille leurs témoignages. Présent au procès en appel du cardinal Barbarin et interrogé par France Info, François Deveaux a déclaré au sujet de l'archevêque : "C'est plus que du déni, c'est une malhonnêteté intellectuelle. Son attitude est pour le moins immorale, et pour moi c'est un naufrage spirituel sidérant."

Concernant la demande de relaxe du parquet, il estime que celui-ci n'a pas fait preuve d'une "écoute très attentive", considérant que la "décision en première instance, confirme la matérialité des faits". François Deveaux estime que le positionnement du parquet de Lyon s'expliquerait par "des relations de proximité avec le diocèse de Lyon". En cas de décision de la justice que l'association ne jugerait pas satisfaisante, ses membres envisageraient "clairement un pourvoi en cassation parce que c'est une décision qui est capitale".

L'affaire Preynat : rendez-vous en 2020 pour le procès

Le procès de Bernard Preynat, accusé d'agressions sexuelles sur des scouts dans le cadre de sa mission -des présupposés faits qui se seraient produits avant 1991, en région lyonnaise-, aura lieu du 13 au 17 janvier 2020 devant le tribunal correctionnel. L'homme a déjà été condamné par ses pairs à la peine maximale le 4 juillet 2019 : il a été renvoyé de l'état clérical. Une décision prise par le tribunal ecclésiastique "au regard des faits et de leur récurrence, du grand nombre de victimes, du fait que l'abbé Bernard Preynat a abusé de l'autorité que lui conférait sa position au sein du groupe scout".