Procès Barbarin : pourquoi aucune condamnation n'a été requise

Procès Barbarin : pourquoi aucune condamnation n'a été requise CARDINAL BARBARIN - L'archevêque français est accusé de "non dénonciation d'agressions sexuelles sur mineurs". Au dernier jour de son procès, la procureure n'a requis aucune condamnation. Les faits sont "prescrits".

[Mis à jour le 9 janvier 2019 à 18h19] Le cardinal Barbarin doit bientôt être fixé sur son sort. Depuis lundi, il est convoqué par la justice pour répondre à des accusations de non-dénonciations d'agressions sexuelles sur mineurs. Au dernier jour de son procès , la procureure de Lyon n'a requis aucune condamnation envers le cardinal avant de justifier son choix "une partie de faits sont prescrits et, pour ceux qui ne sont pas prescrits, les infractions ne sont pas constituées". Une décision qui intervient alors que Maître Nadia Debache, avocate de deux plaignants, a rappelé lors de sa plaidoirie que 83% des victimes de violences sexuelles n'auront jamais pu être "protégées et reconnues comme telles", justifiant cela par le fait qu'en France,  seuls 4% des viols sur mineurs font l'objet d'une plainte et lorsque la plainte est déposée, cette dernière est classée "sans suite" dans 70% des cas. Accusé de ne pas avoir dénoncé des faits d'agression sexuelle, le cardinal Barbarin encourait trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende.

Un premier  classement sans suite en 2016

En août 2016, la "non-dénonciation des abus sexuels " qui auraient été commis par le père Preynat avait été classée sans suite par le procureure de Lyon. Opposés à cette décision , les membres de l'association "La Parole libérée" s'étaient alors constitués partie civile avec une citation directe à comparer devant un tribunal délivrée le 23 mai 2017. "Ce n'est pas l'affaire d'un seul homme, le cardinal Barbarin mais celle de toute une institution", avait alors déclaré l'avocat de l'association "La parole libérée".

Avec cette citation à comparaître, l'avocat pensait être en mesure de prouver qu'il n'y avait aucune prescription dans la "non-dénonciation des abus sexuels " reprochée au cardinal Barbarin et à cinq autres prévenus. Les parties civiles ont estimé qu'il n'y  avait prescription qu'à partir du moment où la justice a été saisie. Dans cette affaire, les victimes présumées ayant lancé leur action en juin 2015, les poursuites judiciaires étaient donc permises. Dès le premier jour de son procès, le cardinal a adopté la stratégie de la négation des faits affirmant "qu'il ne voyait pas de quoi il était coupable" avant d'affirmer en conscience que "jamais [il] n'[a] cherché à cacher les faits qui [lui] sont reprochés". Et d'insister : "Jamais, jamais je ne les ai couverts".  

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