Dépollution autour de Notre-Dame : "mieux vaut tard que jamais" pour les associations

Dépollution autour de Notre-Dame : "mieux vaut tard que jamais" pour les associations NOTRE DAME - Une nouvelle opération de dépollution a commencé mardi 13 août autour de Notre-Dame. Les associations avaient déjà signalé plusieurs fois leurs inquiétudes face aux risques de pollution au plomb.

Mardi 13 août, la préfecture de police de Paris commence près de Notre-Dame de Paris une nouvelle opération de dépollution. Un nettoyage à ultra-pression couplé à un détergent est organisé pour décontaminer le sol du plomb qui y a pénétré après l'incendie de la cathédrale en avril. Celui-ci avait libéré des centaines de tonnes de plomb contenues dans la charpente de la flèche et de la toiture de la cathédrale. Des craintes s'étaient rapidement levé au sujet de cet élément, toxique pour les humains et l'écosystème. Fin juillet par exemple, le chantier de Notre-Dame avait été suspendu en attendant la mise en œuvre de nouvelles mesures de protection à destination des employés.

Selon Jacky Bonnemain, porte-parole de l'association de "protection des droits de l'Homme et de l'environnement" Robin des Bois, l'intervention autour de Notre-Dame de Paris sera suivie "avec beaucoup d'attention et d'anticipation". L'ONG avait décidé de déposer une plainte contre X "pour mise en danger de la vie d'autrui, non-assistance à personne en danger ou encore carence fautive dans l'information des populations". Sur franceinfo, il regrette cependant une prise de conscience tardive, même si "mieux vaut tard que jamais". "Mais quand il s'agit de résorber des déchets après une catastrophe, mieux vaut tôt que tard. Ce qui nous frappe avec l'intervention d'aujourd'hui, c'est qu'elle arrive quatre mois après l'incendie, après deux applications de solutions qui se sont révélées infructueuses" explique-t-il. Il exprime également des réserves sur la méthode employée pour dépolluer les alentours de Notre Dame. "La solution appliquée aujourd'hui est d'origine allemande. Elle est réputée sur les surfaces lisses, ce qui n'est pas le cas du parvis qui est recouvert de pavés. C'est une première à cette échelle en France" avance Jacky Bonnemains sur franceinfo.

Notre-Dame : le risque du plomb

Si la pollution au plomb après l'incendie de Notre-Dame inquiète, c'est que l'exposition au plomb présente des risques divers et qu'elle peut entraîner des maladies graves. Le plomb est notamment considéré comme cancérogène par le Centre international de recherche sur le cancer. Il provoque également des troubles divers regroupé sous le terme de "saturnisme" et est "reprotoxique", c'est-à-dire qu'il peut altérer la fertilité ou atteindre le développement d'un enfant à naître. Interrogé par le Monde, le porte-parole de l'association Robin des Bois redoute également que, dans le cas de Notre-Dame, la pollution au plomb ait été absorbée par la Seine, ce qui pourrait perturber l'écosystème.

Après l'incendie de Notre-Dame, les conditions météorologiques avaient "canalisé le panache de manière privilégiée dans le couloir de la Seine sur la partie parisienne, ce qui a permis d'éviter une stagnation de la pollution" selon les relevés de l'organisme Airparif. Ceux-ci ne rapportait pas d'augmentation du seuil de particules fines mais n'excluait pas une pollution locale et, de l'aveu de l'organisme, ne permettait pas de réaliser des mesures "très spécifiques". Le 9 mai 2019, l'Agence régionale de santé (ARS) indiquait que "la présence de plomb dans des quantités supérieures aux seuils réglementaires ne peut avoir un impact sur la santé qu'en cas d'ingestions répétées". Un article de Mediapart affirment quant à lui les autorités auraient dissimulé des relevés de taux de plomb 400 à 700 fois supérieurs au seuil autorisé, à l'intérieur mais aussi aux alentours de la cathédrale de Notre-Dame.

Notre-Dame : une plainte déposée pour "mise en danger de la vie d'autrui"

Suite aux interrogations autour de cette possible pollution au plomb après l'incendie de Notre-Dame, l'ONG Robin des Bois a saisi la justice. Après un premier communiqué en avril, l'association qui se décrit comme étant "pour la protection des droits de l'Homme et de l'environnement" avait déposé une plainte contre X le 29 juillet. L'association s'est dite également inquiète pour les travailleurs du chantier de Notre-Dame de Paris. Les travaux ont été interrompus jeudi 24 juillet pour "bien mettre à plat, conformément aux demandes de l'inspection du travail, des règles claires que puissent s'approprier toutes les entreprises et les compagnons qui vont intervenir dans les mois qui viennent" selon Michel Cadot, le préfet de Paris. De plus, deux centres de loisirs du 6e arrondissement ont également été fermés en raison de niveaux de plomb situés au-dessus du seuil de précaution. Robin des Bois dénonce des taux "gigantesques" ainsi qu'une "minimisation catastrophique" des autorités. Celles-ci se veulent rassurantes malgré tout : Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la mairie de Paris, a assuré vendredi 25 juillet sur LCI qu'"il ne faut pas affoler inutilement mais il ne faut pas prendre de risques non plus".

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