Avez-vous été piégé par la dette grecque dans votre contrat d'assurance-vie ? Quel avenir pour votre contrat d'assurance-vie ?

Les messages pour tranquiliser les assurés ont du mal à passer. Les assureurs en ont bien conscience. Ils sont à l'unisson pour estimer que la désaffection des Français est surtout due aux révisions répétées des dispositifs fiscaux à la défaveur du contrat d'assurance-vie. Si bien que face à des performances de moins en moins alléchantes, l'attrait fiscal n'est plus assez fort pour éviter que les épargnants ne se détournent en masse de ce produit phare pour préparer sa retraite ou transmettre un capital. L'incompréhension de l'impact de nouvelles règles sur la perception des prélèvements sociaux semble avoir accéléré le phénomène. Un appel du pied aux parlementaires qui travaillent sur le budget 2012 afin qu'ils laissent au moins tranquille l'assurance-vie mais au mieux reviennent sur une partie des décisions récentes.

Les assureurs appelent les parlementaires à oublier l'assurance-vie dans les révisions des avantages fiscaux pour le budget 2012

Dans le même temps, il faut reconnaître que les avantages accordés à l'assurance-vie, même rabotés, restent sans égal face aux autres produits d'épargne. Et puis, c'est aussi l'un des produits d'épargne qui s'adapte le mieux aux évolutions de la vie de son détenteur. Lorsque les versements et les rachats partiels ne sont pas facturés, le contrat d'assurance-vie permet d'épargner et de financer de grosses dépenses imprévues ou planifiées (achat d'une voiture, le financement des études...) sans compromettre sa finalité : générer un revenu après un départ à la retraite. Cette gratuité permet de prélever les sommes dont vous avez besoin et d'effectuer des versements pour reconstituer le capital placé.

Des rendements en chute libre

En réalité, le vrai handicap des assurances-vie en fonds euros ne se trouve donc pas au niveau de son fonctionnement, de sa fiscalité, ni même de la dette grecque mais au niveau des taux de rendement actuels des obligations françaises (OAT). Depuis de nombreuses années, ils baissent de manière continue au point de devenir peu rémunérateurs, entraînant un abaissement des taux versés chaque année sur l'assurance-vie. Une remontée des taux serait la bienvenue, d'autant que la Bourse ne permet pas de compenser une situation de taux peu élevés.

l'assurance-vie devient moins attractive à mesure que les taux des obligations
L'assurance-vie devient moins attractive à mesure que les taux des obligations baissent ou restent bas. © Sébastien Garcia - Fotolia

Les assureurs en viendraient presque à espérer une dégradation de la note de la dette française. La fin du triple AAA entrainerait une remontée des taux, mais ils en connaissent l'impact. "La valeur des portefeuilles actuels va un peu plus se déprécier, estime Bernard Le Bras, directeur exécutif de Suravenir. Et il faut que nous ayons une collecte prête à être investie pour profiter de cette remontée." Mais une remontée des taux redonnerait un peu d'attrait.

Bref, la situation actuelle va être salutaire pour faire le tri dans les offres d'assurance-vie. "Les assurés donnent une prime à la qualité et à la confiance en temps de tempête" résume Marcel Kahn, directeur général de MACSF quand le courtier Linxea conseille : "nous invitons les assurés à se diversifier sur plusieurs contrats d'assurance vie, car même si un risque de faillite d'un assureur est peu probable, la rentabilité de son fonds en euros peut, elle, être fortement affectée chez un assureur en particulier."