Taxe d'habitation : devrez-vous la payer jusqu'en 2023 ?

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Taxe d'habitation : devrez-vous la payer jusqu'en 2023 ? TAXE HABITATION 2020. L'exécutif a finalement renoncé à revoir le calendrier de la suppression de cet impôt local. Cette année, certains contribuables ne seront plus redevables de la taxe d'habitation. En faites-vous partie ou devrez-vous encore la payer ? On vous explique tout.

[Mis à jour le 21 juillet 2020 à 10h38] Faites-vous partie des heureux élus ? L'année 2020 est en effet marquée par un changement majeur : certains foyers fiscaux n'ont plus à s'acquitter de la taxe d'habitation cet automne. Cette disposition intervient dans le cadre de la suppression de cet impôt local - portant sur les résidences principales exclusivement - et concerne les plus modestes. Pour les 20% les plus aisés, en revanche, il va falloir faire preuve de patience : le calendrier prévoit une disparition définitive de la taxe d'habitation en 2023. Lors de son discours du 14 juillet, le président de la République avait envisagé de revoir ce calendrier. Ce dernier est toutefois maintenu, a fait savoir le Premier ministre Jean Castex. "La taxe d'habitation, c'est un impôt qui baisse. La question a pu être évoquée de savoir si on décalait un peu le rythme" de la baisse, a-t-il expliqué. "A ce jour (...) on va continuer sur le même rythme, donc la suppression de la taxe d'habitation, suivant le calendrier (prévu), sera maintenue". Est-ce à dire que la décision est définitive ? Loin de là. Au micro de France 2, le locataire de Matignon a prévenu : "nous nous adapterons en fonction de l'évolution de la conjoncture". Vous ne savez pas si vous allez encore devoir payer la taxe d'habitation l'an prochain ? Pas de panique, on vous explique tout. 

Suppression de la taxe d'habitation : qui va encore devoir la payer 2020 ?

La disparition définitive de la taxe d'habitation pour tous les contribuables qui la paient interviendra en 2023. Les foyers les plus modestes, eux, la verront disparaître dès cette année. Pour en bénéficier, votre revenu fiscal de référence (sur votre avis d'impôt 2020 portant sur les revenus de l'année 2019) ne doit pas dépasser un seuil, fixé en fonction de votre quotient familial. Voici les plafonds qui s'appliquent cette année : 

  • Pour une part : 27 706 €
  • Pour 1,5 part : 35 915 €
  • Pour deux parts : 44 124 €
  • Pour 2,5 parts : 50 281 €
  • Pour trois parts : 56 438 €
  • Pour 3,5 parts : 62 595 €

Si vous êtes mensualisé, il fallait penser à moduler vos mensualités. Vous évitez "une avance de trésorerie et un remboursement en fin d'année", indiquait le ministère de l'Action et des comptes publics dans un communiqué. Dans votre espace particulier, cliquez sur "Paiements" puis "Gérer mes contrats de prélèvement". Sélectionnez le contrat dédié à la taxe d'habitation, et cliquez sur "Modifier ou arrêter vos prélèvements" et "Moduler vos prélèvements mensuels". Il est à noter que plusieurs situations peuvent se présenter. On vous explique tout : 

  • Vous êtes détenteur d'un téléviseur, vous devrez donc continuer à vous acquitter de la contribution à l'audiovisuel public : soit vous supprimez la mensualisation - et payerez la redevance TV à l'automne 2020 -, soit vous conservez la mensualisation pour celle-ci et indiquez le montant total (138 euros pour rappel) dans la case dédiée "Total de l'impôt calculé pour l'année". 
  •  Vous n'avez pas de télévision et donc n'êtes pas redevable de la redevance TV : vous pouvez tout simplement résilier votre contrat de prélèvement mensuel. 

Votre revenu fiscal de référence dépasse très légèrement les seuils mentionnés précédemment ? Il se peut que vous puissiez bénéficier au moins d'une baisse, également appelée dégrèvement. Voici les limites à ne pas dépasser pour bénéficier d'une réduction de votre impôt local : 

  • Pour une part : 28 732 €
  • Pour 1,5 part : 37 455 €
  • Pour deux parts : 46 177 €
  • Pour 2,5 parts : 55 334 €
  • Pour trois parts : 58 491 €
  • Pour 3,5 parts : 64 648€

Votre revenu fiscal de référence dépasse ces seuils ? Dans ce cas, vous faites partie, aux yeux du fisc, des 20% les plus aisés. En 2020, vous payerez l'impôt, plein pot. Vous n'êtes pas à l'abri de voir le montant de votre taxe d'habitation augmenter. Un amendement du budget prévoit de revaloriser les valeurs locatives pour compenser la baisse de revenus des collectivités locales. 

Comment la taxe d'habitation est-elle calculée ?

L'administration fiscale commence par calculer la valeur locative cadastrale du logement. Elle correspond au niveau de loyer théorique que produirait votre logement s'il était loué. Cette valeur dépend de critères multiples comme la surface au sol et les "éléments de confort". Pour rappel, elle est également utilisée pour le calcul de la taxe foncière. Une fois cette valeur cadastrale obtenue, le fisc applique certains abattements, obtenant une valeur nette. Cette dernière est multipliée par le taux d'imposition fixé par votre collectivité, afin d'obtenir votre taxe d'habitation. Pour rappel, ce taux, révisé chaque année, car il est propre à chaque commune

Est-on soumis à la taxe d'habitation en colocation ?

En colocation, vous n'échappez pas non plus au paiement de la taxe d'habitation en 2019. L'avis d'impôt est adressé à un seul occupant. C'est donc ce dernier qui devra s'en acquitter auprès du fisc. Vous avez toutefois la possibilité de signaler au fisc la présence d'un second occupant. Si vous optez pour cette solution, vous devenez dès lors tous les deux responsables du paiement de cet impôt. Si vous êtes dans une colocation avec un plus grand nombre d'occupants, à vous de répartir la charge de la taxe d'habitation.

Les étudiants sont-ils redevables de la taxe d'habitation ?

Ayez à l'esprit qu'il n'existe pas de mécanisme d'exonération pour les étudiants. En revanche, il est possible de bénéficier d'un allègement, si vous déclarez vos revenus seul et si vous êtes encore rattaché au foyer fiscal de vos parents. Dans ce cas, vous devez adresser une réclamation au service des impôts avec une copie du dernier avis d'imposition de vos parents. D'autres étudiants ne sont pas soumis à la taxe d'habitation et donc ne la paient pas en 2019. C'est le cas si vous résidez dans une résidence affectée au logement étudiant, chez un particulier en chambre meublée et si vous êtes logé dans une résidence du Crous.

Les parkings donnent-ils lieu à une taxe d'habitation ?

Les places de parking, garages et remises, situés à une distance inférieure à un kilomètre font l'objet d'un avis de taxe d'habitation. Ils sont en effet considérés comme des biens et donc imposables. Si vous avez un garage à une autre adresse que celle de votre domicile, il est tout à fait normal que vous receviez deux avis d'impôt : un pour votre résidence principale et un pour votre garage. 

Dois-je m'acquitter de la taxe d'habitation pour ma résidence secondaire ?

Vous étiez persuadé de devoir payer votre taxe d'habitation uniquement pour votre résidence principale ? Détrompez-vous. Chaque logement donne lieu à une taxe d'habitation,  y compris les résidences secondaires. Le calcul est identique à la taxe d'habitation portant sur la résidence principale. Certaines communes peuvent décider d'appliquer une majoration de 5 à 60% pour les villes concernées par la taxe sur les logements vacants

Il est possible de réclamer une exonération de cette majoration si vous ne résidez pas dans le logement concerné pour les raisons suivantes : vous êtes forcé de résider dans un lieu différent de votre habitation principale, pour des raisons professionnelles ; vous êtes hébergé dans une maison de soins ; vous ne pouvez utiliser votre logement comme habitation principale pour des raisons indépendantes de votre volonté. Pour rappel, la suppression de la taxe d'habitation en 2023 ne concerne que les résidences principales. L'impôt continuera de s'appliquer dans les mêmes conditions dans les années qui viennent. 

Qui ne paie pas la taxe d'habitation ? Les exonérations

Il est possible de bénéficier d'exonérations de taxe d'habitation. Ces dispositifs concerne les personnes âgées et handicapées, sous conditions. En voici le détail : 

  • Les infirmes ou invalides dont l'emploi ne permet pas de subvenir à leurs besoins ;
  • Les bénéficiaires de l'allocation adulte handicapé (AAH) ; 
  • Les bénéficiaires de l'allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) ; 
  • Les bénéficiaires de l'allocation supplémentaire d'invalidité (Asi) ; 
  • Les veufs et veuves (sans condition d'âge) ; 
  • Les personnes âgées de plus de 60 ans. 

Il est à noter que des conditions de revenus doivent aussi être remplies - sauf pour les allocataires de l'Asi et de l'Aspa. Dans le détail, c'est votre revenu fiscal de référence - celui qui précède l'année de la demande d'exonération - qui est pris en compte. Il ne doit pas pas dépasser 10 988 euros pour une personne seule en 2019

Si vous avez plus de 60 ans, vous pouvez être exonéré, à condition de ne pas avoir été soumis à l'impôt sur la fortune immobilière (IFI). Les personnes de condition modeste doivent occuper le logement (au 1er janvier) soit seules, soit avec leur conjoint ou des personnes à charge fiscalement, soit avec des personnes titulaires de la même allocation, ou dont le revenu fiscal de référence n'excède pas le seuil de 10 988 euros (pour la première part du quotient familial). A savoir : en principe, le dégrèvement de taxe d'habitation est automatique et ne demande aucune démarche de votre part. Si vous avez reçu un avis de taxe d'habitation alors que vous pensiez remplir toutes les conditions, contactez l'administration fiscale et fournissez lui tous les justificatifs de votre situation, ouvrant votre droit à une exonération.

Je ne peux pas payer ma taxe d'habitation, quelles solutions ?

L'administration fiscale peut consentir à accorder un délai de paiement ou organiser un dispositif d'étalement (uniquement pour ceux confrontés à une baisse brutale de revenus pour ce dernier), lorsqu'un contribuable connaît des difficultés financières. Il est vivement conseillé d'initier les démarches dès la réception de votre avis d'impôt. 

Dans le premier cas, il faut adresser une demande via votre messagerie sécurisée dans votre espace personnel. Cliquez sur "Ecrire à l'administration", puis sur "J'ai un problème concernant le paiement de mon impôt" et "J'ai des difficultés à payer". Vous devrez fournir plusieurs justificatifs (le questionnaire "difficultés de paiement disponible ici, votre avis d'impôt, un RIB et des documents qui justifient votre situation comme des bulletins de salaire). Le délai de traitement est de deux mois. Passé ce délai, l'absence de réponse vaut refus. 

En cas de forte baisse de revenus, il est possible de bénéficier d'un délai de paiement à condition que la baisse soit d'au moins 30% et que les revenus soient des salaires, indemnités, pensions et rentes viagères. Certains revenus sont exclus (bénéfices industriels et commerciaux (BIC), bénéfices non commerciaux (BNC), bénéfices agricoles (BA), revenus patrimoniaux (revenus fonciers et capitaux mobiliers)). Contactez l'administration fiscale via la messagerie sécurisée. Il vous faudra fournir, là aussi, des justificatifs : un formulaire de demande de délais, les trois derniers bulletins de salaire avant la baisse et le bulletin de salaire du mois correspondant (pour chacun des membres du foyer fiscal).