Prix du gaz : une augmentation brutale ? Un premier chiffre et une date ont été donnés
Après le prix de l'essence, le prix du gaz va-t-il flamber ces prochaines semaines ? Si l'impact à la pompe à essence s'est fait vite sentir avec la barre des 2 euros le litre allégrement franchie, notamment sur le gazole, celui sur le gaz est passé sous les radars des Français. Ceux qui se chauffent au gaz notamment doivent pourtant bien l'avoir à l'esprit : le conflit qui embrase le Moyen-Orient depuis la fin du mois de février va bien entraîner une hausse du prix du gaz ?
De combien et à quelle date ? Le ministre de l'Economie Roland Lescure a donné un premier aperçu ce mardi 24 mars 2026 devant l'Assemblée Nationale, lors d'un état des lieux de la situation énergétique française par rapport à cette crise.
Pour la première fois depuis le début du conflit, le ministre a prononcé les mots que beaucoup redoutaient. "Avec une hausse de 60 % du prix du pétrole et de 70 % du prix du gaz depuis le début du conflit, nous faisons face à un choc énergétique d'ampleur", a déclaré Roland Lescure devant la commission des finances de l'Assemblée nationale. Avant d'ajouter, avec une gravité inhabituelle : "Cette situation constitue un nouveau choc pétrolier."
Pourquoi le prix du gaz va-t-il augmenter rapidement ?
Concrètement, le cours du gaz sur les marchés mondiaux a déjà augmenté. L'opération lancée par les Etats-Unis et Israël en Iran et les répliques iraniennes sur les installations au Qatar ou en Arabie Saoudite ont des conséquences "conséquences importantes sur les marchés de l'énergie, les marchés financiers et, plus largement, sur l'économie mondiale". Les destructions sont massives : "30 à 40% des capacités de raffinage du golfe sont affectées (détruites ou à l'arrêt), ce qui demanderait du temps pour les rétablir : quelques semaines à quelques mois pour les installations à l'arrêt, et plusieurs années pour les plus détruites."
L'impact sur les approvisionnements mondiaux est considérable. Roland Lescure a détaillé devant les députés : "Une contraction des approvisionnements : avec la crise, ce sont environ 15 % du pétrole et 20 % du Gaz Naturel Liquéfié (GNL) au niveau mondial qui n'arrivent plus sur les marchés." Selon les informations de Bloomberg, 17% des exportations de gaz naturel liquéfié du Qatar sont désormais à l'arrêt, et la situation ne devrait pas s'améliorer rapidement : il faudrait entre trois et cinq ans pour réparer les dégâts.
Patrick Pouyanné, patron de TotalEnergies, ne cache pas non plus son inquiétude. Lors de la conférence CERAWeek à Houston, il a averti qu'il s'attendait à "un prix très élevé pour le gaz naturel liquéfié (GNL)" dans les mois à venir, particulièrement "d'ici l'été et septembre, au moment où nous remplissons à nouveau les stockages de gaz en Europe". "Nous nous battons pour chaque tonne (de gaz), et les prix augmentent", a-t-il ajouté.
Hausse du gaz : quatre millions de Français particulièrement concernés, à quelle date ?
La France a toutefois quelques atouts par rapport à ses voisins européens. Notre mix énergétique, largement tourné vers le nucléaire, nous protège partiellement des soubresauts des marchés gaziers. "Nos voisins subissent de plein fouet la volatilité des marchés gaziers : le gaz représente 45 % du mix électrique en Italie et en Grèce, 17 % en Allemagne et 14 % en Espagne. C'est à peine 5 % en France", a souligné le ministre. Néanmoins, la France reste vulnérable : "60 % de l'énergie consommée en France reste d'origine fossile : un tiers de gaz, deux tiers de pétrole."
Les particuliers comme les entreprises peuvent ainsi être particulièrement exposés. Roland Lescure a détaillé précisément la répartition des dix millions de foyers concernés. "Quatre millions ont un contrat à prix fixe et ne seront pas touchés ; Deux millions sont à un tarif encadré par la Commission de régulation de l'énergie", a-t-il assuré, sans préciser si ces prix encadrés pourraient évoluer. En 2022, après le début de la guerre en Ukraine, le gouvernement avait maintenu un "bouclier tarifaire" particulièrement coûteux pour les finances publiques. Il n'avait été supprimé qu'en 2023.
L'inquiétude majeure est pour les quatre millions de foyers restants à prix variable. "Si les prix du gaz se maintiennent à leur niveau actuel, leur facture pourrait augmenter de l'ordre de 15 % début mai", a précisé le ministre, donnant une date et un ordre de grandeur... Valable uniquement si les prix n'augmentent pas plus ces prochains jours.
Quel est le tarif actuel du gaz en France ?
Depuis la fin du tarif réglementé de vente du gaz, les distributeurs de gaz sont libres de proposer leurs propres prix aux clients. Toutefois, tous les mois, la Commission de régulation de l'énergie publie un prix de référence du gaz afin que les consommateurs puissent avoir un repère par rapport aux tarifs appliqués par leur fournisseur. Voici les grille repère qui seront valables au 1er avril 2026 :
| Cuisson/eau chaude (TTC) | Chauffage (TTC) | |
| Abonnement (en €/an) | 147,24€ | 343,90€ |
| Prix par kWh moyen (en €/kWh) | 0,13488€ | 0,10415€ |
| Prix par kWh fourchette basse (en €/kWh) | 0,13020€ | 0,09452€ |
| Prix par kWh fourchette haute (en €/kWh) | 0,14460€ | 0,12294€ |
Comment comparer les prix du gaz ?
Si vous n'avez pas changé de contrat vous-même, votre contrat est passé automatiquement sur une offre de marché d'Engie, depuis le 1er juillet 2023. Si vous changez de fournisseur, renseignez vous sur le site du médiateur national de l'énergie, ici, qui propose un comparateur d'offres pour trouver la formule qui correspond à vos besoins de consommation.