Réforme des retraites : "travailler plus" même si l'âge de départ reste à 62 ans

Réforme des retraites : "travailler plus" même si l'âge de départ reste à 62 ans REFORME RETRAITES - C'est l'un des dossiers brûlants du quinquennat Macron. Dans son allocution du 26 avril, le chef de l'Etat a assuré que l'âge minimal de départ en retraite (62 ans) ne serait pas modifié. En revanche, une modification sur la durée de cotisation est prévue.

[Mis à jour le 26 avril 2019 à 16h06] Fin mars, Jean-Paul Delevoye, Haut-commissaire à la réforme des retraites, l'assurait déjà : l'âge minimum de départ à la retraite ne sera pas changé avec la future réforme du système de retraite. "C'est écrit, il restera fixé à 62 ans (...), le contrat que nous avons engagé avec les partenaires sociaux ne change pas d'un iota", expliquait-il. Emmanuel Macron, dans son allocution très attendue du 26 avril, a confirmé qu'aucune modification ne serait faite sur ce point (qui était d'ailleurs l'un de ses engagements de campagne). "Il serait assez hypocrite de décaler l'âge légal" sans avoir "réglé le problème du chômage dans notre pays" a-t-il précisé.

En revanche, Emmanuel Macron reste persuadé qu'il faut "travailler plus". Comment ? Pas question pour le chef de l'Etat d'augmenter la durée de travail en renonçant aux 35 heures, ni de supprimer un jour férié. La solution passe selon lui par un allongement de la durée de cotisation sans bouger l'âge légal, en instaurant "un système de décote qui incite à travailler plus longtemps". Les premiers travaux de Jean-Paul Delevoye évoquaient eux l'instauration d'une surcote des pensions à partir de 62 ans.  Alors, décote ou surcote ? Pas plus de précision pour le moment, mais les prochaines semaines devraient être riches en informations...

Le système actuel : la retraite à points

Le système de retraite français est par répartition. Les actifs cotisent pour les retraités d'aujourd'hui. Avec 42 régimes différents en fonction des métiers, le système est devenu trop complexe. C'est pourquoi, le Haut-Commissaire Jean-Paul Delevoye souhaite mettre en place "un système universel de retraite qui remplacera les 42 régimes existant". Le système sera universel, il n'y aura plus de différences entre les catégories professionnelles.

L'idée du "1 euro cotisé vaut les même droits pour tous les Français" est plus que jamais d'actualité. Les Français disposeront d'un compte unique de retraite où seront comptabilisés leur points. Les personnes qui seront à moins de 5 ans de la retraite en 2019 ne devraient pas être concernées par la réforme. Pour les autres, les droits acquis avant la réforme seront conservés dans le nouveau système. 

Retraite et âge légal

"Il restera fixé à 62 ans", a-t-on pu lire sur des documents officiels édités par le ministère de la Santé et des Solidarités. L'idée d'instaurer un âge pivot à 63 ans, qui entraînerait une décote de la pension ne semble, pour le moment, pas réellement envisagée. Mais cette idée n'est sans doute pas complètement écartée.

Retraite et fonctionnaire

Le calcul de la pension des fonctionnaires va être modifié. Exit la prise en compte des 6 derniers mois pour calculer le montant de la pension. Le calcul devrait se faire sur l'ensemble de la carrière. Mais, nouveauté, les primes que les fonctionnaires peuvent recevoir seront prises en compte dans le calcul de la pension. Si cette piste de la réforme se confirme, les enseignants pourraient être les agents de la fonction publique les plus pénalisés car ils touchent peu de primes.

Retraite et indépendant

Pour les indépendants, la système devrait être plus souple. Comme les indépendants payent les cotisations patronales et salariales, la réforme devrait prévoir un mécanisme qui ne leur fera pas subir une violente hausse de cotisations. Mais si les indépendants cotisent moins, ils devraient en toute logique gagner moins de points et donc avoir un montant de pension plus faible.

Retraite et régimes complémentaires 

Le nouveau système de retraites, imaginé par Jean-Paul Delevoye, devrait entraîner la fin des régimes complémentaires. En effet, le régime universel par points prendra en compte les revenus d'activité jusqu'à trois fois le plafond de la Sécurité sociale, c'est-à-dire 9 933 euros par mois. Actuellement, le régime de la Sécurité sociale limite le plafond des revenus pris en compte à 3 311 euros par mois. Que se passera-t-il pour les 300 000 salariés qui gagnent plus de 10 000 euros par mois ? Pour préparer leur retraite, ces derniers devront sans doute passer par des mécanismes de capitalisation.

Retraite et pension de réversion

Si peu de détails ont été donnés, les pensions de réversion devraient être conservées dans le nouveau système universel de retraite. L'évocation d'une possible suppression des pensions de réversion au printemps dernier avait provoqué une véritable angoisse chez les retraités.

Retraite et minimum vieillesse

Le minimum vieillesse existera toujours une fois la réforme mise en place. De plus, selon le Haut-Commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye : "Les personnes ayant travaillé toute leur vie à temps partiel ou avec des revenus modestes bénéficieront d'un minimum de pension."

Retraite et calendrier

Le projet de loi pourrait être présenté à la fin du premier semestre après les élections européennes. Mais un report plus tard dans l'année n'est pas exclu.

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