Chèque alimentaire : montants, date de versement... Tout savoir

"Chèque alimentaire : montants, date de versement... Tout savoir"

Chèque alimentaire : montants, date de versement... Tout savoir CHEQUE ALIMENTAIRE. L'annonce de la création du chèque alimentaire n'est plus qu'une question de semaine, tout comme sa date de versement. Pour qui ? Quels produits concernés ? On fait le point.

[Mis à jour le 25 mai 2022 à 08h52] Nouvelle mesure souhaitée par Emmanuel Macron, le chèque énergie devrait bien faire partie du projet de loi pouvoir d'achat porté par le nouveau gouvernement Borne. De facto, l'annonce de sa mise en place, comme l'a rappelé la porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire ce mardi 24 mai devrait intervenir juste après les élections législatives, en cas de majorité obtenue à l'Assemblée nationale par LaREM. Pas de précipitation pour l'instant et d'annonce précoce, la majorité joue la carte de la sécurité sur l'un des axes principaux de son début de second mandat : le pouvoir d'achat. Le montant de ce chèque alimentaire pourrait avoisiner les 60 euros, et ne devrait pas être inférieur à 30 euros. Ce chèque alimentaire a pour objectif de favoriser les circuits courts, l'agriculture française bio et particulièrement les fruits et légumes.

L'idée d'une nouvelle aide pour tenter de contrer les effets néfastes de l'inflation fourmillait déjà dans la tête du gouvernement, bien avant le deuxième tour de l'élection présidentielle et le début du second mandat d'Emmanuel Macron. Elle devrait être une mission phare du nouveau gouvernement d'Elisabeth Borne, nommée Première ministre. La piste avait été confirmée par le porte-parole du dernier gouvernement Gabriel Attal peu après la réélection d'Emmanuel Macron, dans la foulée de déclarations du ministre de l'Agriculture Julien Denormandie en avril, en pleine campagne d'entre deux tours. "L'idée, c'est de dire que vous avez aujourd'hui près de huit millions de nos concitoyens qui ont du mal à avoir accès aux productions locales, aux productions de qualité, à nos productions françaises en réalité et donc il faut leur donner un coup de pouce pour les aider à acquérir cela" déclarait il. 

Quel sera le montant du chèque alimentaire ? Comment sera-t-il versé ou distribué ?

Le montant du chèque alimentaire n'est pas encore connu. Pour l'heure, seul le député de Paris, Mounir Mahjoubi, a présenté une proposition chiffrée, avec un chèque dont le prix serait compris entre 30 et 60 euros par mois par famille. "Le budget total pourrait alors s'élever de quelques centaines de millions à deux milliards d'euros", avait indiqué le député en février 2021 à Ouest-France. "Après, cela viendra en confrontation avec d'autres propositions, comme des allocations spécifiques pour la période Covid. C'est tout l'objet des discussions qui ont lieu au niveau gouvernemental", ajoutait-il ensuite. Le puissant syndicat agricole FNSEA propose quant à lui un dispositif qui permettrait de dépenser 5 euros par jour.  Invité de Jean-Jacques Bourdin le 21 avril 2021, Julien Denormandie avait avancé le montant de 50 euros par mois. Concernant le moyen de paiement, rien n'est encore arrêté. Chèque, carte de paiement ou virement bancaire, il faudra encore patienter quelques semaines pour en savoir plus.

Qui aura droit au chèque alimentaire ? Qui seront les bénéficiaires ?

Si Emmanuel Macron est réélu et met en place cette nouvelle aide le chèque alimentaire devrait être un dispositif qui s'adresse aux personnes les plus démunies. Emmanuel Macron a évoqué "classes modestes" et "classes moyennes" à France Bleu le 22 mars 2022. Quels en seront les critères ? Y aura-t-il un seuil de revenu fiscal de référence à ne pas dépasser ? Pour l'heure, ces questions n'ont pas encore été arbitrées. A ce stade, plusieurs pistes sont sur la table. En 2021, le ministère de l'Economie défendait l'idée que le dispositif soit confié aux centres communaux d'action sociale (CCAS), visant ainsi 5 millions de bénéficiaires, piste également présentée par les citoyens de la Convention citoyenne dans leur rapport. 

Le ministre de l'Agriculture, lui, penchait plutôt pour une aide à destination "des jeunes ou des familles avec enfants à revenus modestes", sous forme de chèque ou de carte. L'idée est également portée par le député de Paris, Mounir Mahjoubi, qui défend un projet proche de celui de Julien Denormandie. 

Les associations caritatives, elles, estiment que le nombre de bénéficiaires potentiels est bien supérieur, à 8 millions. Selon une enquête de l'institut CSA, plus d'un million de Français ont fait appel aux banques alimentaires depuis le début de la crise de la crise sanitaire en mars dernier. "Avoir moins d'un million de bénéficiaires ne serait pas utile ; la véritable cible se situerait entre six et huit millions", estimait le député Mounir Mahjoubi dans un entretien accordé à Ouest-France au printemps 2021.

Les 18-25 ans seront-ils les premiers concernés par le chèque alimentaire ? Quid des étudiants ?

Les jeunes seront-ils les premiers bénéficiaires du chèque alimentaire d'Emmanuel Macron ? Invité de Jean-Jacques Bourdin le 21 avril 2022, le ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie, s'y était dit favorable, tout en indiquant que les arbitrages n'avaient pas encore été faits. "Aujourd'hui, nous n'avons pas terminé le travail", a-t-il reconnu, et ce, alors que les décisions devaient être rendues fin mars. "Aujourd'hui, le nombre de personnes concernées par cette inégalité nutritionnelle est de 8 millions de personnes. Moi, ma priorité, parmi eux, ce sont les jeunes, les 18-25 ans". Il a également glissé que le montant de 50 euros était sur la table. 

La CAF sera-t-elle chargée de la distribution des chèques alimentaires ?

La Caisse des allocations familiales n'attribue pas aujourd'hui de chèques alimentaires à l'échelle nationale mais pourrait être l'organe chargée de ce dispositif, relié aux aides sociales qu'elle verse déjà. A l'échelon local, certains dispositifs d'aides alimentaires peuvent déjà être mis en place. Il est conseillé de contacter le service action sociale de sa caisse. Sur son site dédié, la Caf de Saône-et-Loire mettait notamment en avant la mise en place d'une aide ponctuelle en avril 2020, afin d'aider les plus démunis à acheter des produits alimentaires de première nécessité. Le dispositif s'adressait alors aux bénéficiaires de prestations familiales, des APL, du RSA et de la prime d'activité.

Quels produits seraient concernés ? Pourra-t-on tout acheter avec le chèque alimentaire ?

La priorité d'Emmanuel Macron et de son gouvernement, ce sont les fruits et légumes. Et Français si possible, issus de circuits courts, et bio ! Ce chèque alimentation pourrait être utilisé en supermarché ou bien sur les étals de vos marchés de proximité. Selon de nombreuses indiscrétions diffusées ces dernières semaines, le montant devrait être fixé autour de 60 euros, pour une enveloppe de 4 à 6 milliards de coût pour l'Etat.

Quel rôle pourraient jouer les CCAS dans le dispositif de chèque alimentaire ?

Les centres communaux d'aide sociale, les CCAS, pourraient avoir un rôle central dans l'attribution du futur chèque alimentaire. Le ministère de l'Economie défendait en tout cas en 2021 l'idée que les centres communaux d'action sociale assurent la distribution (lire plus bas). Dans les faits, les CCAS jouent déjà un rôle déterminant auprès des plus précaires. Ils peuvent en effet délivrer des aides, soit sous forme d'aides en nature (les colis alimentaires), soit d'aide financière (aide à la restauration scolaire, les bons ou chèques alimentaire, chèque d'accompagnement personnalisé...). 

Vous souhaitez savoir si votre commune octroie des bons alimentaires ? Tournez-vous vers votre CCAS, car les dispositifs varient d'une localité à l'autre. Dans le département de la Somme, par exemple, le CCAS de la ville d'Albert a mis en place des bons d'une valeur de 25 euros depuis juin 2020. Le nombre de bons varie en fonction de la composition du foyer de 4 à 7 bons "distribués pour une période de 2 mois renouvelables".

Le chèque alimentaire permettra-t-il d'acheter des produits bio ?

Là aussi, la liste doit faire l'objet d'arbitrages prochainement. Dans leur rapport, les citoyens de la Convention citoyenne pour le climat, à l'origine du projet via une présentation en 2021, défendaient un dispositif permettant d'acheter "des produits durables (issus de l'agro écologie, des circuits courts)". "Le terme "durable" est habituellement utilisé comme désignant les 50% de produits devant entrer dans la composition des repas dans la restauration collective (...) issu de la loi EGALIM", pouvait-on lire dans leur rapport. 

"Le groupe LREM propose d'offrir des chèques alimentaires (...) [qui] permettraient d'acquérir des produits vertueux tels que précisés dans la loi Egalim : des produits frais à signe de qualité – type bio ou labels – avec une priorité sur les fruits et légumes", explicitait ensuite le député LREM Mounir Mahjoubi en 2021 auprès du quotidien régional Ouest-France. "Ouvrir à d'autres produits plus chers ne serait pas forcément significatif dans le panier de la famille. Pour nous, 85 % de l'argent investi devra ensuite revenir aux agriculteurs. Nous avons cependant bien conscience que dans certaines circonscriptions populaires et urbaines, qui ont peu de vente en circuits courts ou à la ferme, rien ne sera possible si on ne travaille pas avec la grande distribution".  Le scénario défendu par Bercy, qui propose d'attribuer cette compétence aux CCAS, est également sur cette ligne. "L'Etat payerait donc la différence entre un panier alimentaire normal et un panier répondant aux critères durables (bio, label rouge, IGP, etc.) définis par la loi Egalim de 2018", peut-on lire dans Les Echos.

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