C'est un danger souvent invisible pendant des mois voire des années mais qui se manifeste brutalement pour de nombreux propriétaires de maison. Les fissures apparaissent alors et rognent très rapidement la valeur apparente du bien. Des travaux lourds peuvent être nécessaires et très longs alors que les acquéreurs éventuels ont tôt fait de déguerpir ou de s'inquiéter de l'état du bien... Au final, les offres d'achat sont plus basses que le marché et les moins-values peuvent être importantes.

Ce danger, c'est le retrait-gonflement des argiles, ou RGA. Derrière le nom technique, se cache un risque très concret. "Quand le sol est argileux, il se comporte comme une éponge : il se rétracte par temps sec et gonfle quand les pluies reviennent", explique le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). Ces mouvements répétés du sol peuvent provoquer des fissures dans les murs, des affaissements de planchers ou des déformations de cloisons.

Et les maisons et territoires concernés sont de plus en plus nombreux ! Depuis le 1er juillet, une carte de recensement des risques a été publiée dans sa nouvelle version, mise à jour par rapport à celle initialement publiée en 2020. L'arrêté du 9 janvier 2026, qui officialise cette mise à jour cartographique du BRGM, porte la zone d'exposition moyenne ou forte de 48% à 55% du territoire métropolitain. Cette révision, effectuée dans le cadre du Plan national d'adaptation au changement climatique, toucherait donc désormais 12,1 millions de maisons individuelles !

Sans qu'aucun changement physique ne se soit produit sur leur terrain, certaines parcelles et maisons se retrouvent désormais soumises à de nouvelles obligations légales, avec des répercussions potentielles sur la valeur de leur bien. A partir des données data-gouv.fr, il est possible de trouver les villes qui ont changé de catégorie de risque RGA au 1er juillet 2026. Elles seraient 133 à retrouver dans la carte ci-dessous.

Certaines grandes villes sont concernées comme Lyon, Grenoble, Villeurbanne ou Annecy. Elles passent du risque faible au risque moyen. Plus préoccupant encore, 36 communes rejoignent directement la catégorie d'exposition forte, le niveau maximal de vigilance. Au total, ce sont 133 communes qui changent de classe, réparties sur 18 départements français.

Ces changements de classification ne sont pas que symboliques. La loi Élan impose des obligations strictes dans les zones d'exposition moyenne ou forte. Un vendeur de terrain constructible doit désormais fournir obligatoirement une étude géotechnique préalable à l'acheteur. Les constructeurs doivent réaliser des études de sol approfondies et adapter les fondations en conséquence. Les propriétaires concernés peuvent aussi vérifier précisement la situation de leur parcelle sur le site officiel Géorisques, où la nouvelle carte actualisée est disponible depuis le 1er juillet.