Action FDJ : est-ce une bonne affaire ? Quels risques ?

Action FDJ : est-ce une bonne affaire ? Quels risques ? ACTION FDJ - Nombreux sont particuliers qui se sont d'ores et déjà manifesté pour acheter des actions FDJ dans le cadre de sa privatisation et son entrée prochaine en Bourse. Vous hésitez encore à investir dans la Française des Jeux ? On pèse le pour et le contre.

[Mis à jour le 08 novembre 2019 à 17h40] Ruée sur les actions FDJ.  "Un tiers" de l'enveloppe réservée aux particuliers a d'ores et déjà été souscrite, soit environ 200 millions d'euros d'actions, a fait savoir Bercy à l'AFP vendredi, au lendemain de l'ouverture de la période d'achat. La période de souscription a en effet été lancée et doit s'achever le mardi 19 novembre 2019 à 20 heures. Vous êtes, vous aussi, tenté par l'idée d'acheter des actions de la Française des Jeux dans le cadre de sa privatisation ?Pour rappel, vous devez vous manifester auprès de votre banquier, votre courtier ou une société en Bourse pour ouvrir un PEA ou un compte-titres, et ainsi profiter des incitations mises en place par l'Etat. Une décote de 2% est appliquée sur le prix de l'action et une action gratuite est octroyée pour dix achetées, à condition de les conserver au moins dix-huit mois. Est-ce suffisant pour qualifier les actions FDJ de bonne affaire ? Comme n'importe quel investissement en Bourse, des risques subsistent. On vous explique pourquoi l'investissement peut valoir le coup et ce qui peut vous attendre. 

Investir dans la FDJ : une bonne affaire ? Quel rendement ?

Une valeur de rendement, de fond de portefeuille. C'est ainsi que se présente l'entreprise auprès de ses éventuels futurs investisseurs. "La FDJ est une entreprise dans un modèle de croissance régulière (…). On n'est pas une valeur spéculative", avait ainsi défendu Stéphane Pallez, PDG de la Française des Jeux, auprès de RTL au mois d'octobre. Sur son site internet dédié, l'opérateur met en avoir une croissance moyenne des mises de "5% par an depuis 25 ans". "Depuis 2000, elles ont plus que doublé pour atteindre 15,8 milliards d'euros en 2018", indique-t-on. Cette croissance devrait encore se poursuivre cette année. La FDJ table sur quelque 16,9 milliards d'euros de mises en 2019 (+7% par rapport à 2018)

Mais dans ce cas, à quel rendement doit-on s'attendre si on achète des actions FDJ ? Pour l'heure difficile de le dire avec certitude, puisque le prix définitif de l'action n'a pas encore été fixé (lire plus bas). "Plus que le cours de l'action, il convient de regarder les dividendes", a insisté Philippe Crevel, directeur du Cercle de l'Epargne auprès de l'Internaute.com. "Aujourd'hui, ils sont récurrents. La plus-value, elle, doit davantage être considérée comme un bonus". Plusieurs experts escomptent un rendement compris entre 3 et 6%. 

Acheter des actions FDJ : quels sont les risques ?

Ils existent. Si vous n'êtes pas un habitué des marchés, rappelez-vous que, comme n'importe quel investissement en Bourse, l'achat d'actions FDJ présente un risque. Il existe toutefois des risques à court terme et à long terme. Dans le premier cas de figure, toute la question est de savoir s'il faut investir dès maintenant, durant la période d'achat ? Plusieurs experts recommandent d'être prudent. Il est conseillé de laisser passer plusieurs jours, voire plusieurs mois. L'objectif est clair, voir comment le titre est accueilli en Bourse. Le cours de l'action est susceptible de fluctuer très fortement. 

Autre donnée à prendre en compte : la Française des Jeux va devoir s'acquitter de 380 millions d'euros avant juin 2020 auprès de l'Etat, afin de conserver son monopole. L'entreprise devra sûrement emprunter, une décision qui pèsera sur son résultat net, et donc in fine, sur le titre en Bourse. Les experts que nous avons contactés sont ainsi unanimes, les particuliers qui sont tentés par l'achat d'actions FDJ doivent réfléchir à long terme et à tout prix éviter "le coup de Bourse". 

Et les risques à plus long terme ? Dans le document d'enregistrement, long de 382 pages et approuvé par l'Autorité des marchés financiers (AMF) - que vous pouvez consultez ici - la Française des Jeux liste une série de risques, que vous pouvez retrouver au chapitre 3 à partir de la page 8. L'opérateur estime notamment qu'une évolution du cadre réglementaire par exemple pourrait lui nuire en faisant "peser des contraintes sur sa stratégie de croissance" ou "affecter [sa] capacité à recruter de nouveaux joueurs". Alors comment faire pour limiter le risque en capital ? Les experts que nous avons contactés recommandent de se diversifier. En clair, si vous vous lancez, il est conseillé d'acheter d'autres actions, en plus de celles de la Française des Jeux. Vous souhaitez en savoir plus, consultez sans plus attendre notre dossier dédié. 

La date pour acheter des actions FDJ : jusqu'à quand ?

En tant que particulier, vous avez jusqu'au mardi 19 novembre 2019 à 20 heures pour vous manifester. Attention, les horaires peuvent être différents, selon les intermédiaires

  • 17 heures (heure de Paris) : clôture de la période d'achat pour les ordres aux guichets. 
  • De 17 heures à 19 heures, selon les intermédiaires : clôture de la période d'achat pour les ordres par téléphone. 
  • 20 heures : clôture de la période d'achat pour les ordres par Internet. 

La date du 19 novembre peut évoluer "selon les conditions de marché", rappelle la FDJ. En effet, le prix définitif n'a pas encore été défini. Or, s'il se situe en dehors de la fourchette annoncée, alors cette date pourra être modifiée. La première cotation est prévue le mercredi 20 novembre 2019 à la Bourse de Paris et annoncée pour 9h30.

Le prix pour acheter des actions de la FDJ

Le ministre de l'Economie a annoncé que le prix de l'action de la FDJ sera compris entre 16,50 et 19,90 eurosAttention, il ne s'agit pas là du prix définitif. En outre, vous devez avoir à l'esprit que ce dernier peut tout à fait être déterminé, le jeudi 21 novembre, en dehors de la fourchette dévoilée par Bruno Le Maire. Pourquoi ? Le prix d'une action dépend de nombreux critères (la valeur de la Française des Jeux estimée par l'Etat, le cours de l'action de sociétés comparables, l'offre et la demande d'actions FDJ, etc.). Si c'est le cas, alors la période d'offre sera modifiée. 

Interrogée sur BFM Business, la PDG de la FDJ, Stéphane Pallez, a précisé que la valorisation totale de l'entreprise sera comprise entre "3,150 et 3,8 milliards" d'euros. Pour faire en sorte que la privatisation de la Française des Jeux soit un succès populaire, le gouvernement met en place plusieurs mesures incitatives. Les particuliers bénéficient ainsi d'une décote de 2% sur le prix de l'action. Il est également prévu qu'une action gratuite soit accordée pour dix actions acquises, "dès lors que l'épargnant aura conservé ses titres au moins 18 mois". Dans les colonnes du Parisien, Bruno Le Maire a précisé qu'un seuil minimum de souscription à 200 euros a été fixé. De même, "les actions gratuites sont plafonnées à 5 000 euros d'actions achetées"

Les démarches pour acheter des actions de la FDJ

Les particuliers pourront se tourner vers leur intermédiaire financier habituel (banque, établissement de crédit, courtier en ligne ou société de bourse). Vous devez être de nationalité française, résider en France ou être ressortissant d'un Etat qui appartient à l'Espace économique européen (EEE) - les 28 Etats membres de l'UE ainsi que l'Islande, la Norvège et le Liechtenstein - pour investir. 

Pour acheter des actions FDJ, les particuliers doivent impérativement détenir un compte-titres ou un Plan d'épargne en actions (PEA) pour être habilité à passer un ordre d'achat. Vous hésitez sur le produit le plus adapté à vos besoins ? Le PEA dispose d'une fiscalité plus avantageuse. Le compte-titres lui vous permet d'acheter des actions d'entreprises européennes, mais également étrangères. Consultez notre dossier dédié, ici pour en savoir plus. 

Au moment de passer votre ordre d'achat, vous devez indiquer à votre interlocuteur bancaire la fourchette de prix que vous êtes prêts à investir. Dans le détail, trois types d'ordres peuvent être passés au sein de l'offre dite à prix ouvert (OPO) : 

  • Ordre A1 : ordre prioritaire jusqu'à concurrence d'un montant de 5 000 euros ; 
  • Ordre A2 : ordre non-prioritaire au-delà de 5 000 euros ; 
  • Ordre B : ordre non-prioritaire plafonné à 150 000 euros. 

Pour passer un ordre d'achat, vous devez disposer d'un certain nombre d'informations : le sens de l'opération (ici l'achat), le nom de la société qui émet les actions (ici la Française des Jeux), le code mnémonique ou ISIN (ici FR0013451333), le marché sur lequel l'action est cotée (Euronext Paris – compartiment A), la quantité d'actions que vous souhaitez acheter et la durée de validité de l'ordre

A quoi sert la privatisation de la Française des Jeux ? Quel gain pour l'Etat ?

A l'Assemblée, pas mois d'une vingtaine d'amendements avaient été déposés pour s'y opposer. L'objectif avancé par le gouvernement est de soutenir l'innovation et l'industrie, en alimentant un fonds dédié. "Il nous faut de l'argent pour l'intelligence artificielle, le calcul quantique, la stockage des données, la santé du XXIe siècle", a expliqué le ministre de l'Economie lors d'une conférence de presse ce jeudi 7 novembre. 

La privatisation de la Française des Jeux a été actée dans le cadre de la loi Pacte, sur la croissance et la transformation des entreprises. Cette loi a été définitivement adoptée par le Parlement en avril, permettant ainsi le transfert de la majorité du capital, aujourd'hui détenu à 72% par l'Etat français, au privé. L'Etat va toutefois rester présent dans le capital de l'entreprise, à hauteur de 20%. Au total, 99,32 millions de titres sont mis sur le marché. 

Cette opération pourrait rapporter jusqu'à 1,9 milliard d'euros à l'Etat, lors de l'introduction en Bourse prévue le jeudi 21 novembre. Après la privatisation, l'Etat va continuer à empocher des recettes fiscales estimées à 3,5 milliards d'euros par an. Le dividende, lui, va de facto baisser puisque la participation de l'Etat au capital va chuter à 20%. A titre indicatif, l'Etat a touché 87 millions d'euros au titre de l'exercice 2018. La PDG Stéphane Pallez a indiqué que le prochain dividende reversé à l'ensemble des actionnaires cette année sera de 122 millions d'euros. "Nous ne ferons pas payer aux actionnaires les coûts de la privatisation", a-t-elle assuré. 

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