Si vous téléphonez au volant, vous risquez désormais de perdre votre permis
Un simple coup d'œil à son smartphone pourra bientôt coûter le permis, quel que soit le département. La mesure, déjà en vigueur dans une vingtaine de préfectures, sera généralisée, a annoncé la ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, Marie-Pierre Vedrenne, dans un entretien au Figaro publié vendredi 2 octobre. Dans cette interview, elle affirme avoir transmis, le 29 septembre dernier, une instruction à l'ensemble des préfets pour qu'ils appliquent cette suspension. Sa justification : "L'usage du téléphone n'est pas moins dangereux selon qu'on se trouve sur un territoire ou un autre. Pour qu'une règle soit acceptée, elle doit être claire, lisible et appliquée partout".
Quelle durée de suspension, et quelles autres sanctions ?
La durée de suspension sera fixée par les services des préfectures, en fonction des circonstances et du parcours du conducteur. Dans les départements qui l'appliquent déjà, elle est le plus souvent de quinze jours, parfois d'un mois, et peut atteindre six mois selon les cas. Cette suspension s'ajoute aux sanctions déjà existantes, comme l'amende et le retrait de trois points, qui restent d'actualité. À Paris, Marseille ou Lyon, l'amende s'élevait jusqu'ici à 135 euros.
Les Landes avaient ouvert la voie le 1er novembre 2025. Au 1er septembre, la Drôme était devenue le quinzième département à adopter la mesure, le plus souvent dans des territoires abritant des villes moyennes comme Tours, Niort ou Avignon.
Les chiffres justifient, selon le gouvernement, ce durcissement. En 2025, 695 360 infractions ont été relevées pour usage du téléphone ou d'oreillettes au volant, soit 6,7 % de plus qu'en 2024, selon l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière. Téléphoner multiplie par trois le risque d'accident, et lire un message par 23. Le téléphone est responsable de plus d'un accident sur dix. Sur les routes françaises, 3 515 personnes sont mortes en 2025.