Que signifie conduire une "voiture chewing-gum" ? De nombreux conducteurs le font sans le savoir
L'expression "voiture chewing-gum" ne parle pas à grand monde, elle désigne pourtant une façon de conduire assez répandue.
Qu'y a-t-il de plus collant qu'un chewing-gum sous la semelle d'une chaussure ? Une voiture peut-être... Vous pensez à celles qui restent plusieurs jours sur la même place de stationnement, comme si elles étaient collées au bitume ? Ce n'est pas ce que signifie cette expression, empruntée à la Direction générale de la circulation espagnole (DGT) – l'équivalent de notre Sécurité routière – sous le nom de "coche chicle" en version originale. La "voiture chewing-gum" correspond en fait à un comportement souvent observé chez les automobilistes. Un comportement qu'il vaut d'ailleurs mieux ne pas avoir pour éviter les accrochages.
Cette expression désigne en fait les conducteurs de voitures qui roulent collés au véhicule qui les précède sur la route. Cette façon de conduire, très répandue sur les autoroutes et routes nationales, est pourtant l'une des causes les plus fréquentes de carambolages par l'arrière. Le fait de réduire la distance au minimum avec la voiture de devant ne laisse aucune marge de réaction en cas de freinage brusque. Sans compter que cela peut avoir des conséquences sur le conducteur de devant qui peut se sentir sous pression et effectuer des manœuvres dangereuses en réponse... Le Code de la route prévoit d'ailleurs de sévères sanctions. Que risque-t-on ?
En France, le non-respect de la distance de sécurité peut valoir une contravention de 4ème classe, sanctionnée par une amende forfaitaire de 135 euros (minorée à 90 euros) et un retrait de 3 points sur le permis de conduire. Une suspension du permis pouvant aller jusqu'à 3 ans peut également être prononcée à titre complémentaire.
Sur le plan de la détection, la France est en train de franchir un cap important : des radars de nouvelle génération, s'appuyant sur l'intelligence artificielle, sont déployés sur certaines routes depuis 2025 et sont capables d'identifier le non-respect des distances de sécurité, en plus de l'usage du téléphone au volant et du non-port de la ceinture. Ces appareils – des Mesta Fusion 2 - collectent déjà des clichés tests mais n'ont pas encore fait l'objet d'une homologation obligatoire avant de pouvoir entrer officiellement en service.
Pour vérifier soi-même si l'on ne conduit pas une "voiture chewing-gum", il existe la règle des deux secondes qui permet de savoir si l'on respecte la bonne distance avec la voiture qui nous précède : il suffit de choisir un point fixe que dépasse le véhicule de devant, puis de compter deux secondes avant de l'atteindre à son tour. Par temps de pluie, de brouillard ou sur chaussée glissante, ce délai doit être porté à trois ou quatre secondes. Certains tronçons d'autoroute disposent de marquages au sol pour aider les conducteurs à s'auto-évaluer.