Scandale Volkswagen : Bosch accusé d'avoir fourni le logiciel truqueur

Scandale Volkswagen : Bosch accusé d'avoir fourni le logiciel truqueur La firme allemande Bosch pourrait bien se retrouver aussi dans la tourmente du scandale Volkswagen. L'entreprise est accusée d'avoir fourni le fameux logiciel espion qui servait à déjouer les contrôles antipollution. Mais elle se défend de toute action malhonnête.

[Mis à jour le 27/09/2015 à 16h03] Après Volkswagen, Bosch ? Le géant allemand se retrouve au centre de l'attention ce dimanche après les accusations du tabloid allemand Bild. Ce dernier, qui évoque un document explosif parvenu en sa possession, explique que Bosch est l'enteprise qui a fourni le fameux et mystérieux logiciel espion suspecté d'être présent dans 11 millions de véhicules dans le monde et qui servait à déjouer les contrôles antipollution en faisant baisser le taux d'émission de Nox, un gaz polluant particulièrement nocif. Bosch se défend ce dimanche en expliquant avoir rappelé à Volkswagen en 2007 qu'une installation sur des modèles en circulation était "illégale". Bosch précise dans le document obtenu par Bild que le logiciel était "prévu uniquement pour des tests (internes) et non pour la conduite". L'équipementier allemand se défend donc de toute tricherie mais pourrait voir son image de marque écornée.

L'ancien patron Martin Winterkorn pourrait bien également ne pas partir les mains vides de Volkswagen. Si l'Assemblée générale du groupe Volkswagen tenue vendredi a abouti à la nomination de Matthias Müller, 48 heures après la démission de Martin Winterkorn, président du directoire, son cas personnel se retrouve encore au coeur du scandale depuis jeudi avec l'information publiée par l'agence Bloomberg d'une possible prime de plusieurs millions d'euros. Dans un communiqué du groupe, il a déclaré ne s'être rendu coupable "d'aucun manquement", mais prend "la responsabilité" du scandale. Il a donc remis sa démission pour permettre à Volkswagen "un nouveau départ". Alors qu’il devait être reconduit jusqu’en 2018 et ainsi conforter son statut de numéro 1 après plusieurs mois de tension avec son ancien mentor Ferdinand Piech, Martin Winterkorn, 68 ans, a donc été poussé vers la sortie. Volkswagen pourrait bien faire face à une nouvelle polémique malgré la nomination de Matthias Muller. Selon l'agence Bloomberg, l'analyse des résultats financiers du groupe laissent apparaître un joli pactole à prévoir pour le démissionnaire Martin Winterkorn avec des droits de pension portant sur deux années de rémunération et divers bonus pour un total de près de 30 millions d'euros : 28,56 millions selon l'analyse de Bloomberg. S'il était reconnu que Martin Winterkorn a eu une responsabilité dans la mise en place du fameux logiciel espion qui truque les contrôles antipollution, ces bonus pourraient toutefois être annulés.

Le président du conseil de surveillance a déjà affirmé à la presse allemande que l'ancien patron du groupe n'avait aucune connaissance de cette tricherie. Une explication qui passe mal en Allemagne et qui s'ajoute à d'autres révélations. La démission de Martin Winterkorn fait aussi suite à des rumeurs concernant une possible implication de membres du gouvernement d'Angela Merkel. Selon le très sérieux quotidien allemand Die Welt, le ministre des Transports aurait avoué en juillet à l'assemblée être au courant de certaines pratiques douteuses de la part de constructeurs.  "Oui, les constructeurs peuvent utiliser des méthodes de dissimulation dans les tests antipollution", aurait-il alors confié en réponse à une question du groupe écologiste. Si bien que les appels à sa démission ont également surgi ce mercredi ! Le scandale des moteurs diesel Volkswagen est ainsi un seisme pour l'automobile et l'industrie allemande.

Retour sur une semaine de révélatuons explosives: Le groupe Volkswagen est passé aux aveux en début de semaine, avouant une tricherie sur des contrôles antipollution. Dans un communiqué publié mardi à la mi-journée, le groupe allemand reconnaît que "des enquêtes internes ont montré que le logiciel en question était aussi présent dans d'autres véhicules diesel du groupe" avant de donner le chiffre de 11 millions de voitures concernées dans le groupe VAG qui regroupe des marques comme Volkswagen, Audi, Seat ou Porsche ou Skoda. Techniquement parlant, tous les moteurs diesel de type E189 sont impactés. Sur ceux-ci, "une différence frappante entre les valeurs lors du contrôle et lors du fonctionnement réel du véhicule a été constatée", poursuit le communiqué de Volkswagen. Mastodonte de l’automobile au point de disputer la première place de constructeur à Toyota ces derniers mois, le groupe Volkswagen connaît à présent de sérieux tourments après les révélations de l’agence fédérale de protection de l’environnement (EPA) américaine à l'origine du scandale. Le constructeur allemand avait donc bien équipé ses véhicules diesel d’un logiciel dissimulant le niveau réel d’émissions de polluants sur certains de ses modèles destinés au marché américain mais aussi sans doute sur d'autres sols notamment en Asie et peut-être en Europe. L'enjeu est énorme et touche directement l'image de marque de Volkswagen et sa réputation de constructeur fiable, entachant même l'automobile allemande dans son ensemble. Le gouvernement allemand a d'ailleurs demandé des comptes au groupe VAG et des "tests approfondis" sur tous les modèles diesel de Volkswagen. Le président du directoire, Martin Winterkorn, se retrouvait alors sous les feux des critiques. "Le Conseil d'Administration de Volkswagen AG prend ces résultats très au sérieux", expliquait-il lundi. "Personnellement, je suis profondément désolé d'avoir déçu nos clients et le public. Nous allons coopérer pleinement, très rapidement et en toute transparence avec les organismes responsables, afin d'établir clairement et avec exactitude tous les faits liés à cette affaire. Volkswagen a ordonné une enquête externe". Les mesures n’ont pas traîné puisque Volkswagen a alors annoncé cesser la commercialisation des modèles diesel quatre cylindres Volkswagen et Audi (autre marque du groupe VAG) aux Etats-Unis, un marché représentant près du quart de ses ventes sur le sol américain. 

Le scandale vient d'outre-Atlantique via une enquête d'abord menée par une organisation non gouvernementale et des chercheurs de l'Université de Virginie Occidentale. C'est l'agence environnementale américaine (EPA) qui a finalement lancé une bombe ces derniers jours en publiant un communiqué portant sur ces chiffres et accusant le groupe Volkswagen d'avoir falsifié ses résultats d'émissions de CO2 et de dioxyde d'azote. Par le biais d'un logiciel truquant les résultats et installé sur la voiture, Volkswagen pouvait passer les tests antipollution avec succès. Une fois ceux-ci réussis, le logiciel se désactivait et le véhicule était alors en infraction avec les règles environnementales, émettant jusqu'à 20 fois plus selon certaines sources américaines, voire même 40 fois plus d'émissions de Nox, le dioxyde d'azote souvent mis en cause pour ses conséquences en matière de santé publique (troubles respiratoires et développement de l'asthme). Or Volkswagen communiquait justement sur la sobriété environnementale de ses moteurs diesel pour tenter d'infiltrer le marché américain où Toyota est bien implanté. Près de 500 000 véhicules seraient concernés aux Etats-Unis. Le scandale est immense et pourrait coûter des dizaines de milliards de dollars à Volkswagen tant en pénalité qu’en dommages sur son image de marque. Les pénalités financières aux Etats-Unis pourraient atteindre 20 milliards de dollars selon la presse américaine. Volkswagen gère déjà la chute de son action en bourse et assure avoir pris des mesures. 6,5 milliards de dollars vont être provisionnés dans le comptes 2015 de l'entreprise pour faire face au scandale. Lundi, l’action Volkswagen a rapidement décroché, perdant plus de 20% de sa valeur à la bourse de Francfort. Cette chute représente plus de 15 milliards de dollars de capitalisation boursière déjà envolée. Le Wall Street Journal a d'ailleurs publié la courbe de l'action Volkswagen ce lundi. La chute s'est poursuivie mardi pour atteindre une nouvelle baisse de 20% à la mi-journée.

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