Autofiction : un film sur la création qui manque d'émotion... Ce qu'on a pensé du dernier Almodovar Pedro Almodovar livre une mise en abime amusante sur la création, mais qui manque d'émotion pour toucher en plein coeur. En salles le 20 mai 2026.

Pedro Almodovar a fait le déplacement sur la Croisette ce mardi 19 mai pour venir présenter Autofiction, son dernier long-métrage, en compétition pour la Palme d'or. Dès le lendemain, mercredi 20 mai 2026, les spectateurs peuvent plonger dans cette comédie dramatique en salles dans tous les cinémas de France. Le réalisateur espagnol y propose une réflexion amère sur l'acte de création, ce qui l'inspire et les limites de ce qu'on peut s'autoriser pour faire de l'art.

Dans le détail, Autofiction est un film dans le film. Un réalisateur espagnol, doube quasi parodique d'Almodovar lui-même, retrouve enfin l'inspiration pour écrire le scénario de son prochain film. L'intrigue se dévoile sous les yeux du spectateur, modifiée, augmentée ou amputée à mesure des réflexions du cinéaste : une réalisatrice de publicités est victime de violentes crises d'angoisses, qui finissent par la forcer à faire face au deuil de sa mère, qu'elle a fui pendant une année.

Pedro Almodovar signe une grinçante mise en abime sur l'acte de création. A travers ses deux doubles (le réalisateur Raul, mais aussi la réalisatrice Elsa), le cinéaste madrilène s'interroge : qu'est-ce qui inspire l'oeuvre ? Que nous apprend l'art de nous-mêmes ? La frontière entre fiction et réalité existe-t-elle vraiment ? Jusqu'où peut-on aller pour créer et doit-on s'imposer des limites, d'autant plus lorsque cela touche nos proches ? Peut-on leur faire du mal sous prétexte de créer ? Dans cette autobiographie fictive (d'où le titre du film), le réalisateur raconte son cinéma, s'amuse de lui-même, et tacle l'industrie cinématographique.

La réflexion est amusante et on plonge toujours volontiers dans l'esthétique colorée des films d'Almodovar. Mais Autofiction est trop cérébral, trop meta, trop nombriliste pour véritablement toucher le public en plein coeur. Ses personnages manquent de chair, son intrigue de corps et de matière (surtout le film dans le film, finalement assez pauvre en péripétie alors qu'elle constitue la plus grosse partie des deux heures du long-métrage), et à l'exception de deux scènes musicales très belles, l'émotion est globalement absente. Plaisant, mais peut-être pas suffisant pour une Palme d'or.

Synopsis - Elsa, réalisatrice de pub, fuit le deuil de sa mère en se jetant à corps perdu dans son travail jusqu'à ce qu'une crise d'angoisse l'oblige à s'arrêter. Vingt ans plus tard, un réalisateur de renom est inspiré pour son prochain scénario.

La Rédaction
La Rédaction

Film dramatique