Peninsula : qu'en a pensé la presse ? Les critiques Suite de Dernier Train pour Busan, Peninsula s'annonce comme le blockbuster des vacances de la Toussaint en l'absence des grosses machines américaines. Que disent les critiques sur ce film de zombies coréen ?

[Mis à jour le 21 octobre 2020 à 12h31] Après avoir été décalé à décembre suite à la mise en place du couvre-feu puis replacé à sa date initiale dans le calendrier des sorties "par solidarité avec l'ensemble de la filière cinéma", Peninsula arrive enfin dans nos salles obscures. Suite de Dernier Train pour Busan, film de Yeon Sang-ho qui avait fait sensation en poussant la formule du zombie dans ses retranchements en 2016, Peninsula ne nécessite pas pour autant d'avoir vu le premier film. Cette suite "peut être vue de manière indépendante" nous précise Le Parisien. Comme bon nombre de journaux français, Le Parisien relève les nombreuses références que multiplie Peninsula notamment au cinéma de zombies mais aussi à Mad Max et ses courses-poursuites. "Les références se bousculent" confirme Le Monde qui évoque, au sujet de Peninsula, une "vision sombre et peu consolante mixée avec une forme de génie cinétique".

"Yeon Sang-ho est un petit George Miller"

Pour rappel, le film fait partie de la liste des films labellisés Festival de Cannes 2020 pour cette édition qui n'a pas pu se tenir au mois de mai. Les organisateurs ont donc fortement apprécié le nouveau film de Yeon Sang-ho. C'est également le cas des Inrocks qui explique que "le film n'est certes pas toujours à la hauteur de ces enjeux, mais il fonctionne bel et bien comme un fournisseur pétaradant d'images cauchemardées de l'époque". Le magazine érige le réalisateur coréen en "petit George Miller [à qui l'on doit la saga Mad Max référencée dans Peninsula, ndlr], certes sans la dimension mystique, mais tout de même avec la fureur, avec cette espèce d'appétit artificier ivre jonglant avec les violences de son temps et fantasmant celles des temps à venir dans un rugissement de moteur". Pour Les Inrocks, Peninsula "affiche fièrement sa proposition para-hollywoodienne" dans cette période où, justement, Hollywood a en grande partie délaissé nos salles.

Dans les colonnes du Figaro, on regrette que Peninsula n'aille pas plus loin que son prédécesseur. La suite a "plus de moyens et moins d'idées. Il est un peu moins méchant aussi". Le quotidien précise cependant que "sa mise en scène, très graphique, fait toujours des étincelles dès qu'il y a de l'action". En dehors des scènes d'action, Le Parisien pointe du doigt un film qui "caricature trop ses personnages et ose quelques séquences lourdement lacrymales qui tombent souvent comme un cheveu sur la soupe". Le quotidien francilien recommande tout de même le visionnage du film, lui accordant un score très positif de 4 étoiles sur 5.

"Fantaisie parfaitement dosée"

L'Humanité a également apprécié Peninsula dont la recette n'est certes "pas nouvelle. Mais sa fantaisie est parfaitement dosée." Si le journal s'accorde à dire que "tout n'est pas du meilleur goût" dans le film de Yeon Sang-ho, "l'un dans l'autre, les débordements kitch de ce blockbuster coréen sont compensés par sa candeur et sa variété". Chez Les Cahiers du Cinéma, on loue également "l'euphorique fluidité du découpage" de Peninsula mais aussi à "un art du détail et à une minutie formelle renvoyant tout le récit à une suite de visions décochées comme des flèches".

Dans Le Canard Enchaîné, on peut lire une critique également très positive qui fait l'éloge d'un film qui "alterne avec fougue action effrénée et mélo familial lacrymal". Le journal précise cependant que le long-métrage de Yeon Sang-ho s'adresse plutôt à "ceux qui ne craignent pas les excès en tout genre".

Contrairement à certains de ses confrères cités plus haut, Première se montre un peu plus mitigé. D'après le titre, Peninsula est un "pot-pourri jamais tout à fait honteux, mais plombé par des personnages caricaturaux". Le magazine spécialisé critique notamment un "manque d'ambition criant sur le terrain de l'action" et surtout un budget en deçà des ambitions du metteur en scène. En effet, "l'entreprise s'effondre sous une avalanche de courses-poursuites en bagnoles numérisées à l'excès, façon cinématiques de Playstation 3". Résultat des courses, "Yeon Sang-ho se laisse submerger par l'ampleur de son projet".

Synopsis - Il y a quatre ans, la Corée a été la victime une attaque de zombies meurtrière. Peu d'habitants ont survécu. Jung-seok, un ancien soldat qui a réussi à quitter le pays, doit revenir dans une zone infestée de morts-vivants. Avec son équipe, il découvre contre toute attente des survivants encore saints. Ils sont emprisonnés et sont envoyés dans une arène où ils deviennent les proies des zombies...

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