Raya et le dernier dragon : dans les coulisses du nouveau Disney RAYA ET LE DERNIER DRAGON. A l'occasion de la sortie française de Raya et le dernier dragon sur Disney+, l'équipe du film d'animation nous a raconté comment ce projet est né au sein des studios Disney. Interview.

[Mis à jour le 04 juin 2021 à 09h55] En développement chez Disney Animation depuis près de six ans, Raya et le dernier dragon a connu une dernière année de gestation particulièrement difficile en raison de la pandémie qui a forcé ses équipes à s'organiser en télétravail. Un obstacle de plus pour le long-métrage qui, comme tout film d'animation, est le fruit d'un effort collectif. Réunis via Zoom en amont de la sortie du film sur Disney+ en France, les réalisateurs Don Hall et Carlos López Estrada, les scénaristes Adele Lim et Qui Nguyen ainsi que la productrice Osnat Shurer nous ont accordé une interview dans laquelle ils évoquent les coulisses de la création de Raya et le dernier dragon ainsi que les défis inhabituels auxquels ils ont fait face lors de la réalisation du film.

L'interview making-of

Quelles sont les inspirations culturelles de Raya et le dernier dragon ?

Carlos López Estrada (réalisateur) : La préparation de ce film a duré entre cinq et six ans. Tout a commencé avec un voyage de recherches que certains de nos artistes ont fait dans plusieurs pays de l'Asie du Sud-Est. Ils ont tiré leurs inspirations de ces endroits mais aussi des gens qu'ils y ont rencontrés. On a aussi créé une équipe avec des anthropologues, des architectes, des musiciens... Ces experts étaient impliqués dans la validation des designs, des scripts, du montage, de la musique... L'objectif était de nous assurer que tout ce que l'on créait sur Raya paraissait réel vis à vis des cultures dont on s'est inspiré. Le monde de Raya est extrêmement vaste et complexe et s'est véritablement créé grâce aux centaines d'artistes qui ont travaillé sur le projet pendant six ans.

"On voulait que Raya paraisse réel vis-à-vis des cultures qui l'ont inspiré"

Le royaume de Kumandra est composé de cinq régions. Comment avez-vous réussi à les rendre chacune unique ?

Don Hall (réalisateur) : Une grande partie du crédit revient à nos concepteurs de décors. On a certains des meilleurs artistes au monde. Je suis constamment impressionné par leurs travaux. Il n'y avait pas spécialement de liste, ce n'est pas comme si telle région ressemble à la Thaïlande ou quelque chose comme ça. On a adopté une approche plus globale de toutes les influences. On voulait vraiment différencier chaque région, que ce soit leurs vêtements ou bien le territoire lui-même. C'est un de mes aspects préférés des films Star Wars : à chaque fois qu'on visitait une nouvelle planète, celle-ci offrait une autre topographie. Dans Raya, on a eu la chance de pouvoir en faire cinq.

Adele Lim (scénariste) : En ce qui concerne l'écriture, c'est un processus extrêmement collaboratif dans le cadre d'un film d'animation Disney+. Quand je suis arrivée, on avait déjà l'idée de ces cinq régions différentes unifiées par la rivière dragon. Quand les cinéastes ont décidé que le film s'inspirerait de la culture d'Asie du Sud-Est, on ne voulait pas qu'une région représente tel ou tel pays. On voulait trouver quel était le cœur de ces cultures. Le Territoire du Cœur à Kumandra, par exemple, représente l'âme de cette civilisation et plus on s'en éloigne, moins on la ressent. Mais il y a toujours un écho de ce cœur civilisationnel dans toutes ces régions. De la même manière, les pays d'Asie du Sud-Est sont très différents mais partagent beaucoup. Rien que le nom de Raya a des significations en malais, en indonésien et en thaïlandais par exemple. On a cherché à trouver les similitudes mais aussi ce qui pouvait être ressenti comme des différences.

Le film parle d'espoir et d'unité. Quel message souhaitez-vous faire passer avec Raya et le dernier dragon ?

Qui Nguyen (scénariste) : C'est ce message simple du fait que l'on est fort chacun de notre côté mais tous ensemble on peut changer le monde. J'espère que c'est un message qui résonnera auprès du public. Parce que c'est difficile de faire confiance à l'autre. Il faut du courage pour faire le premier pas vers l'autre.

Adele Lim : Kumandra est un royaume fictionnel mais les problèmes que rencontre Raya sont clairement ancrés dans ce que l'on vit de nos jours. J'espère que ce film peut montrer ce que le monde pourrait devenir si on se reprenait. Mais aussi de montrer que rassembler les gens n'est pas un acte simple. Raya pense que réveiller un dragon résoudra tous les problèmes du monde mais ce n'est pas le cas. La solution est en nous. C'est quelque chose que Raya va comprendre et tenter de faire malgré les échecs et les trahisons.

Quels défis avez-vous rencontrés durant la production du film ?

Carlos López Estrada : Déjà, il y a le simple fait de devoir réaliser un film depuis nos maisons respectives mais avec 500 autres personnes.

Don Hall : C'était le principal défi mais l'histoire représente toujours un défi. Peu importe le film sur lequel j'ai travaillé, on lutte toujours sur l'histoire. En général, le film est nul jusqu'à ce qu'il ne le soit plus. Ça tient au fait qu'on continue à travailler dessus. Il faut faire confiance à ce processus : on travaille sur le film puis on le montre à nos collègues, on se fait massacrer par leurs retours puis on se relève et on recommence. Mais, bien évidemment, la pandémie nous a mis face à de tout nouveaux défis effectivement.

"En animation, on ne fait rien sans en discuter. Pas même un clin d'œil"

Carlos López Estrada : Avec Don, on s'était aussi mis au défi de rendre Raya surprenante et rafraîchissante. On savait que ce serait un film d'aventure fantastique avec une échelle épique mais on voulait aussi ajouter nos propres sensibilités au film. Que ce soit moi qui viens des films en prise de vue réelle, de Qui du théâtre et des arts martiaux et enfin Don qui est juste incroyable dans tout ce qu'il fait. On voulait que le spectateur sente en voyant Raya qu'il n'avait jamais vu quelque chose comme ça avant. Ça s'entend dans la musique, ça se voit dans certaines techniques qu'on a employées et j'espère que le public se rendra compte que c'est une perspective fraîche sur ce genre de films. 

Osnat Shurer (productrice) : Faire un film de ce genre est déjà difficile en soi car rien ne se fait dans l'animation sans qu'on en discute, pas même un clin d'œil. Ça veut dire qu'il faut qu'on se réunisse, qu'on discute, qu'on dessine... Donc le défi le plus unique de ce film est apparu quand, au mois de mars de 2020, on nous a dit de prendre nos ordinateurs et de rentrer chez nous. On pensait rester à la maison le temps de trois semaines et puis un an est passé. Donc on a fait le film depuis 460 maisons. On a eu des problèmes techniques qu'on a très vite résolus mais il a fallu inventer une nouvelle manière de travailler. En tant que productrice, il a fallu trouver des moyens de garder l'équipe soudée.

Raya et le dernier dragon est le premier film d'animation Disney qui met en scène une héroïne venue d'Asie du Sud-Est. Avez-vous ressenti une pression particulière de ce fait ?

Osnat Shurer : Je venais de Vaiana avant d'arriver sur Raya et je m'étais déjà posé cette même question au sujet des îles du Pacifique. Je me posais aussi cette question parce qu'il y a peu de films d'animation qui mettent en scène une femme forte et encore moins trois ! De la même manière, on ne voit pas si souvent ce genre de relations entre des personnages féminins. Il y a donc effectivement une certaine pression à représenter quelque chose qu'on n'a pas assez vu au cinéma. Mais on essaie de laisser ça de côté pour trouver ce que veulent ces personnages et leur histoire. On s'est assuré que des membres clés de l'équipe créative viennent de cette région mais aussi qu'une équipe d'experts nous aident tout au long de la création du film. Au-delà de ça, on voulait aussi raconter une super histoire.

"Ce film est une lettre d'amour à l'Asie du Sud-Est"

Adele Lim : Quand je suis arrivée sur le projet, j'ai été ravie de voir tant de personnes chez Disney qui étaient originaires de l'Asie du Sud-Est, non pas spécialement recrutées pour Raya mais parce qu'elles travaillaient déjà chez Disney. Elles ont ajouté tellement de petits détails, de véritables lettres d'amour dans toutes les strates de notre film. On espère que vous ressentirez cette authenticité si vous ne connaissez rien à l'Asie du Sud-Est mais si vous êtes originaire de cette partie du monde, ce film est une lettre d'amour.

En savoir plus

Raya et le dernier dragon disponible sur Disney+

Prévu au départ pour une sortie en salles en décembre 2020, Raya et le dernier dragon a vu son planning chamboulé par la pandémie et la fermeture des salles de cinéma. Disney a finalement choisi de sortir le long-métrage en France uniquement sur Disney+, sa plateforme de streaming par abonnement. Contrairement à Mulan, le film d'animation est disponible pour tous les abonnés sans surcoût supplémentaire à leur abonnement.

Qui sont les voix françaises de Raya et le dernier dragon ?

  • Sisu : Géraldine Nakache
  • Raya : Emilie Rault
  • Virana : Anggun
  • Benja : Frédéric Chau
  • Namaari : Jade Phan-Gia
  • Tong : Paul Borne
  • Boun : Aloïs Le Labourier Tiêu
  • Bébé Noi : Adeline Chétail
  • Tuk Tuk : Bruno Magne
  • Dang Hu : Evelyne Granjean
  • Cheffe de la Queue du Dragon : Déborah Claude
  • Chef du Dos du Dragon : Stéphane Fourreau
  • Namaari jeune : Clara Quilichini
  • Atitâya : Alice Taurand
  • Chai : Fabrice Trojani
  • Dang Hai : Eilias Changuel
  • Wahn : Arnaud Léonard

Voir la bande-annonce de Raya et le dernier dragon

Dévoilée en octobre 2020, la première bande-annonce de Raya et le dernier dragon nous permettait de découvrir le personnage de Raya, guerrière agile et furtive que l'on voit se battre pendant une bonne partie de la vidéo. Celle-ci nous renseigne sur sa quête : tenter de trouver le dernier dragon afin de restaurer la paix dans le royaume de Kumandra, où se déroule l'action du film. "Toute ma vie je me suis entraînée pour devenir une gardienne de la gemme de dragon. Mais le monde a changé. Son peuple est divisé. Pour restaurer la paix, je dois trouver le dernier dragon". Notons également l'apparition de Tuk Tuk, le compagnon de Raya, qui risque de faire fondre les spectateurs avec humour et mignonnerie.

Peu avant le lancement du film en exclusivité sur Disney+, nous avions également pu découvrir un premier extrait. On y découvre la rencontre entre Raya et le fameux dernier dragon Sisu, l'une campée par Emilie Rault et l'autre par Géraldine Nakache. Ce nouveau long-métrage d'animation, réalisé par Don Hall et Carlos López Estrada, met en scène une jeune femme qui part à l'aventure pour retrouver le dernier dragon afin de ramener l'équilibre au royaume légendaire de Kumandra. Notez que le film est une exclusivité Disney+ en France. Il est accessible pour tous les abonnés, sans coût supplémentaire, sur la plateforme de streaming par abonnement.

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"Raya et le dernier dragon - Extrait VF"

Synopsis - Il y a bien longtemps, au sein du royaume de Kumandra vivaient hommes et dragons vivaient ensemble. Mais l'harmonie a été brisée par une force maléfique qui a causé la disparition des dragons. Cinq siècles plus tard, une guerrière du nom de Raya cherche à trouver le légendaire dernier dragon dans le but de rétablir l'harmonie à Kumandra, afin que le peuple divisé vive à nouveau en paix.

Raya et le dernier dragon - disponible en exclusivité sur Disney+

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