Test de la ROG Xbox Ally X : un petit monstre de puissance, mais à quel prix ?
Il y a seulement un an, nous sortions notre test de la Asus ROG Ally X. Cette console portable dont la première version sortie en 2023 tente encore et toujours de dévorer les parts et utilisateurs du célèbre Steam Deck. En 2025, Asus remet le couvert en s'alliant avec une marque de taille : Microsoft. De ce partenariat nait deux consoles : la ROG Xbox Ally et sa grande soeur la ROG Xbox Ally X.
Maintenant qu'Asus et Microsoft s'allient pour affronter le géant Steam, les deux firmes ont-elles ce qu'il faut pour venir à bout du mastodonte qu'est le Steam Deck ? Nous avons pu passer plusieurs jours en compagnie de la ROG Xbox Ally X et sommes tentés de répondre que oui.
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Un design proche de la perfection
Le design de la précédente ROG Ally X s'inspirait beaucoup (trop ?) du Steam Deck. Nous y retrouvions une console assez massive et dotée d'une prise en main plutôt correcte mais non pas sans défauts. La lourdeur de la console était notamment assez impactante pour qui souhaite jouer plusieurs heures sans pouvoir la poser sur des genoux ou une table.
Le premier gros changement de la ROG Xbox Ally X est rapidement visible et positif : Asus a retravaillé sa copie en intégrant deux bords semblables aux manettes de Xbox de chaque côté de la console. La prise en main se veut bien meilleure et on ressent directement les finitions premium de la ROG Xbox Ally X. Les doigts tombent, quant à eux, très facilement sur chaque bouton de la console, qu'il s'agisse des joysticks, de la croix directionnelle ou des boutons LB/LT/RB/RT. Deux petites gâchettes sont également disposés au dos de la console, mais vous demanderont d'être configurés pour l'usage que vous souhaitez avant d'être fonctionnels.
L'ensemble des boutons de la ROG Xbox Ally X sont vraiment plaisants à utiliser. Mention spéciale aux joysticks, qui étaient déjà excellents sur la précédente génération, et le sont toujours aujourd'hui. Ces derniers peuvent également profiter de lumières RGB personnalisables, même si on aurait aimé pouvoir désactiver ces dernières par un raccourci rapide et non pas en allant dans les paramètres de la console.
Le partenariat avec Microsoft ajoute un nouveau bouton à la ROG Xbox Ally X. Disposé au dessus de la croix directionnelle et arborant le logo Xbox, ce dernier permet de naviguer entre vos différentes fenêtres ou de lancer vos jeux rapidement. Une sorte de "Alt/Tab" intégré qui s'avère très pratique pour jongler entre nos différentes applications et menus.
Au global, la prise en main de la ROG Xbox Ally X s'avère excellente. Nous ne pourrions pester que sur son gabarit et son poids qui se ressent au quotidien, mais il est certainement très difficile de faire mieux sans nuire à la qualité des matériaux ou à la lisibilité dû au grand écran de la console.
Un écran toujours LCD hélas, mais nécessaire
A chaque sortie d'une nouvelle console portable de type PC, de nombreux commentaires font état de l'écran LCD face à l'écran OLED. Pour rappel, l'OLED est une technologie d'écran qui permet de bénéficier au global d'un meilleur rendu des couleurs et de noirs bien plus profonds que pour le LCD. Cette technologie se veut cependant plus gourmande en ressources qu'un simple écran LCD.
Pour sa nouvelle ROG Xbox Ally X, Asus est reparti sur un écran LCD en se justifiant auprès des consommateurs : intégrer un écran OLED avec la technologie VRR (qui permet de varier le rafraichissement, et donc, la fluidité de l'écran) coûterait bien plus cher au constructeur. Asus a également rappelé que les trois attentes principales de son public sont l'autonomie, les performances et l'expérience logicielle.
Pour autant, l'écran de la ROG Xbox Ally X est-il mauvais ? Absolument pas. Les rendus sont généralement plutôt bons même si certains peuvent parfois paraitre un peu ternes. La fluidité reste exemplaire au sein des jeux qui sont bien pris en charge, mais c'est ce que nous allons développer dans la partie suivante. On regrettera cependant la difficulté de jouer en extérieur dès lors que les rayons du soleil sont un peu trop vifs pour la console.
Une console surpuissante, mais surtout flexible
La ROG Xbox Ally X est pourvue d'un processeur AMD Ryzen AI Z2 Extreme qui devrait lui garantir, sur le papier, de grosses performances pour gérer des jeux gourmands en ressources. Nous avons lancé plusieurs jeux sur la console, qu'il s'agisse de gros AAA ou de jeux indés plus légers. Nous sommes passés par les plateformes de Steam, du Microsoft Store, mais également des launchers dédiés comme celui de Wuthering Waves ou des jeux de Hoyoverse.
Et il s'agit là d'une des plus grandes forces de la ROG Xbox Ally X par rapport au Steam Deck : l'installation de launchers autres que Steam est simple et rapide. Il est alors possible de jouer à des titres comme des Genshin Impact sans avoir à passer par des tonnes de modifications de la console ou ses fichiers. Une manoeuvre que l'on doit surtout à l'environnement Windows de la ROG Xbox Ally X. Un système d'exploitation régulièrement pointé du doigt pour ses capacités en gaming, mais qui s'avoue parfois très pratique.
Après un peu plus d'une semaine de tests, voici nos observations de performances avec la ROG Xbox Ally X :
| Jeu testé | FPS moyens | Réglages graphiques | Plateforme |
|---|---|---|---|
| Forza Horizon 5 | 60 | Elevés | Microsoft |
| Clair Obscur : Expédition 33 | 30 | Moyens | Steam / Microsoft |
| Doom : The Dark Ages | 30 | Moyens | Microsoft |
| Digimon Story : Time Stranger | 60 | Elevés | Steam |
| Assassin's Creed : Shadows | 25 | Moyens | Steam |
| Wuthering Waves | 60 | Elevés | Launcher dédié |
| Battlefield 6 | 45 | Faibles | Steam |
| Wuthering Waves | 60 | Elevés | Launcher dédié |
La ROG Xbox Ally X affiche donc des performances supérieures au Steam Deck, mais le contraire aurait été étonnant. Nous parlons tout de même d'une console à près de 1000 euros ici. Les performances dépendent malheureusement beaucoup de l'optimisation des développeurs sur chaque jeu avec des résultats parfois bluffants (Forza Horizon 5) et parfois un peu décevants (Clair Obscur : Expédition 33). Notons cependant qu'à l'heure d'écriture de ce test, les performances de la console semblent ne pas être au niveau de ce qu'elles devraient pouvoir atteindre au maximum et qu'une mise à jour des drivers devrait bientôt être proposée par Asus.
Un logiciel qui s'améliore, mais qui a encore du chemin à faire
Windows est aussi bien un avantage qu'un inconvénient pour la ROG Xbox Ally X. Alors que le Steam Deck peut compter sur une version de Linux taillée pour le jeu vidéo, la console d'Asus s'équipe d'une version légèrement modifiée de Windows 11. Cette version tente, tant bien que mal, d'imiter des menus de véritable console, mais n'y parvient pas à 100%. Alors que le Steam Deck ne requiert quasiment jamais de passer par le bureau ou l'interface tactile (sauf pour des manipulations plus poussées), nous avons dû passer par ces derniers à plusieurs reprises lors de nos tests de la Xbox Ally X. Un énième rappel qu'il s'agit bien d'un ordinateur à la base et non d'une véritable console.
Autre élément assez frustrant : le nombre d'interfaces. Bien que Microsoft et Asus soient alliés sur cette console, chacun a rajouté quelques-uns de ses menus à l'intérieur. On y retrouve donc Armoury Crate (l'interface maison d'Asus pour la console) mais également des interfaces de Windows. Les deux univers se contredisent même à plusieurs reprises puisque Armoury Crate dispose d'un menu pour régler le son et la luminosité de la console tandis qu'un onglet Windows propose exactement la même chose de son côté.
Mentionnons également les mises à jour. Si ces dernières sont nombreuses à la sortie de la console, elles s'avèrent surtout fastidieuses à dénicher ! Il faut mettre à jour Armoury Crate, les applications, les drivers de la console... Le tout en passant par des menus dédiés à chaque fois. Sur Steam Deck, un simple menu regroupe l'ensemble des mises à jour disponibles et ces dernières peuvent se lancer en deux ou trois clics. Une petite amélioration est encore possible sur ce point donc.
Nous n'avons cependant rencontré absolument aucun bug ou ralentissement bloquant durant nos tests de la console qui s'avère très performante dans sa navigation. Quel plaisir de pouvoir installer n'importe quelle application Windows sans avoir à passer par des tonnes de modifications poussées comme ça peut être le cas sur Steam Deck. Les plus fous pourront même pousser le vice à fond et profiter de logiciels Windows comme Microsoft Teams ou Office directement sur la machine (mais pourquoi voudriez-vous faire ça ?).
Une autonomie correcte, mais une charge bien lente
L'épaisseur de la ROG Xbox Ally X s'explique notamment par l'intégration d'une grosse batterie de 80 Wh qui s'occupe de gérer la consommation énergétique de la console. Dans les faits, l'autonomie de la Ally X n'est pas surprenante : comptez environ 2h30 de jeu pour un gros titre AAA gourmand en ressources, 4h pour un titre moins demandeur et encore davantage si vous préférez les petits jeux indés. La désactivation des lumières RGB permet également de gagner un peu d'autonomie : ces derniers activés nous ont permis de jouer 3h40 au dernier Digimon Story : Time Stranger tandis que notre session sans les RGB est montée à 4h.
Hélas, nous, pauvres joueurs européens, ne disposons pas d'un chargeur inclus dans la boite de la Xbox Ally X. Il faudra donc vous munir de votre propre chargeur, mais pas n'importe lequel ! Nous recommandons d'utiliser un chargeur d'une puissance d'au-moins 45 W pour pouvoir jouer tout en rechargeant la console. De notre côté, nous avons opté pour un chargeur de 100 W, mais il nous aura fallu tout de même attendre plus d'une heure pour faire le plein de la console.
Notre conclusion au test de la ROG Xbox Ally X
Asus continue de faire son bonhomme de chemin sur le marché des consoles portables PC. On sent que les améliorations sont là comparé à la précédente proposition du constructeur, mais le partenariat avec Microsoft reste relativement timide. Dans les faits, la ROG Xbox Ally X fait mieux que la dernière Asus ROG Ally, mais nous sommes plutôt sur une version 1.5 qu'une véritable 2.0. Le prix est également un sacré obstacle puisque la console s'affiche à 899 euros chez nous. Les plus gros gamers ne seront cependant pas déçus puisque la promesse initiale est tenue : du gros jeu vidéo de bonne qualité en natif sur une console portable.
