Millenium 4 : devez-vous courir acheter "Ce qui ne me tue pas" ? [Critiques]

Millenium 4 : devez-vous courir acheter "Ce qui ne me tue pas" ? [Critiques] "Ce qui ne me tue pas", le quatrième tome de la saga Millenium est enfin sorti en librairie ce jeudi. Entre scandale et attentes des fans, que valent réellement les nouvelles aventures de Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander ?

Lorsque l’on retrouve Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander dans Millenium 4, "Ce qui ne me tue pas", ils ne se sont pas parlé depuis longtemps. S’ils reprennent contact, c’est grâce à Frans Balder, un spécialiste de l’intelligence artificielle, qui a quitté précipitamment la Silicon Valley. Ce geek pur et dur voulait s’occuper de son fils autiste mais également fuir son entreprise. Il a en effet découvert des informations très sensibles sur la NSA. Ce quatrième tome de la saga à succès est sorti ce jeudi dans les librairies. Il a été écrit par David Lagercrantz connu en Suède comme romancier et biographe de Zlatan Ibrahimovic. Il prend la suite de Stieg Larsson, l'auteur original de la trilogie décédé en 2004 d’une crise cardiaque.

EN VIDEO – Rencontre avec David Lagercrantz à Stockholm

La transformation de la série de romans policiers en franchise a suscité bien des critiques et même un appel au boycott. A l’origine de ce quatrième tome, la maison d’édition Norstedts ainsi que le père et le frère de Stieg Larsson, les héritiers. Sa compagne, Eva Gabrielsson, n’a pu participer à aucune des décisions autour de l’œuvre, n’étant pas marié à l’écrivain. Elle s’est toujours opposée à ce projet de quatrième tome. "On dit que les héros doivent continuer à vivre. Mais c’est des conneries, parce qu’en fait, c’est une histoire d’argent", s’insurgeait-elle en mars dernier. Quant à  la décision que ce soit David Lagercrantz qui reprenne le flambeau, elle a estimé que c’était "un choix complètement idiot".

Alors au final, que vaut "Ce qui ne me tue pas" ? Les journalistes qui ont lu le quatrième tome dès les premières heures de sa sortie  -personne n’a pu le consulter avant-, se sont plutôt montrés satisfaits. Pour Macha Séry du Monde des Livres, c’est un "livre réussi". "Tout en se tenant écarté de l’imitation stylistique, il (David Lagercrantz) ne trahit pas l’univers romanesque de Stieg Larsson", écrit-elle. La journaliste salue aussi "une narration efficace" et des "portraits convaincants". Même accueil chaleureux de la part de Mark Lawson du Guardian qui voit dans ce livre un "hommage respectueux et plein d’affection". Les fans du duo Blomkvist-Salander "ne seront pas déçus", estime Michiko Kakutani du New York Times. "M.Lagercrantz démontre une sensibilité instinctive pour le monde crée par Larsson et ses deux détectives privés peu conventionnels". Le journaliste prévient tout de même que ce quatrième tome est "moins sanglant, moins macabre que les précédents".

C’est en substance l’avis partagé par Julie Malaure du Point qui estime que "Ce qui ne me tue pas" "tient la route à quelques broutilles près" : un Blomkvist "trop sentimental", manquant d’une "certaine brutalité" et "des longueurs". Des critiques partagées par Emmanuel Grandjean du journal suisse Le Temps. "Le roman de Stieg Larsson trahissait quelques longueurs. Celui de David Lagercrantz aussi qui veut sans doute bien faire, mais se perd en conjectures". Et d’ajouter : "Il lui manque le côté glauque de cette Suède des gangs et des politiciens véreux […], cette touche crasseuse qui donnait cette couleur particulière aux romans de Stieg Larsson". En résumé, les fans devraient retrouver l’univers de la saga imaginée par Stieg Larsson, en plus édulcoré toutefois.

David Lagercrantz présente son livre à la presse, le 26 août 2015. © Fredrik Sandberg/AP/SIPA