Festivals et concerts : de nouvelles mesures anti-covid, des annulations en cascade ?

Festivals et concerts : de nouvelles mesures anti-covid, des annulations en cascade ? FESTIVALS et CONCERTS 2021. Les festivals pourront bien se tenir cet été dans le respect d'une jauge maximale de 5 000 personnes assises et en plein air. Des obligations qui devraient entraîner une vague d'annulations d'événements...

[Mis à jour le 19 février 2021 à 10h20] Ils attendaient l'annonce de pied ferme, elle est tombée ce jeudi 18 février, par la voix de la ministre de la Culture. Les directeurs de festivals devront respecter un protocole sanitaire strict pour pouvoir organiser leurs rassemblements festifs cet été : pas plus de 5 000 personnes, en configuration assise, a fait savoir Roselyne Bachelot lors d'une réunion en visio-conférence. Une configuration difficile à mettre en place pour certains événements de grande envergure, qui dépassent pour nombre d'entre eux cette jauge maximale. En cas d'amélioration de la situation, la jauge de 5 000 festivaliers pourra être revue à la hausse.

Dans la soirée de jeudi, Roselyne Bachelot a annoncé la mise en place d'une enveloppe de 30 millions d'euros pour aider les festivals à tenir cet été, ainsi qu'un fonds de 15 millions d'euros pour accompagner la captation de représentations culturelles (théâtre, musique, danse…). "Ces captations permettront de toucher un public plus large, même si elles ne remplaceront jamais l'expérience du spectacle vivant", a ajouté la ministre dans un tweet.

Pour l'heure, le festival de musique parisien Solidays, prévu pour juin, a d'ores et déjà annoncé son annulation pour la seconde édition consécutive. C'est le premier festival parisien à annoncer son retrait pour cette saison estivale, alors que le grand rassemblement pour la lutte contre le VIH était censé marquer le lancement de la saison des festivals d'été dans la capitale. Idem pour le Hellfest 2021, qui n'aura pas lieu en raison d'une jauge trop faible pour assurer le spectacle, a fait savoir son organisateur, Ben Barbaud, dans un entretien à Ouest-France ce jeudi 18 février.

Avant même les annonces de Roselyne Bachelot, plusieurs festivals annoncent qu'ils essaieront de s'adapter : le festival des Vieilles Charrues par exemple aura bel et bien lieu en 2021. "Il y aura une 29e édition, elle sera différente. Peut-être plus que quatre jours. Nous le ferons avec joie et enthousiasme. Je suis satisfait, on va se retrouver", a déclaré son organisateur, Jérôme Tréhorel. Dans une réaction adressée à l'AFP, la déléguée générale du Syndicat des musiques actuelles (SMA), Aurélie Hannedouche, s'est rassurée d'en savoir "un peu plus pour le cadre général", bien qu'il reste néanmoins "des zones de flou". De nouvelles réunions seront régulièrement organisées par la ministre de la Culture avec les principaux représentants du secteur.

Des concerts tests en France

Lundi 15 février, invitée sur LCI, la ministre de la Culture Roselyne Bachelot a annoncé que plusieurs concerts tests allaient être organisés dans les prochaines semaines, à Paris et Marseille. Le Figaro révélait déjà, au début du mois, que Vincent Estornel, médecin urgentiste, planchait sur deux grands concerts avec IAM et d'autres artistes au Dôme de Marseille. "Il y aura deux concerts-tests assis avec possibilité de se lever au Dôme de Marseille", a indiqué la ministre de la Culture.

Et d'ajouter : "Sous réserve d'une situation sanitaire catastrophique, ils pourraient avoir lieu dans la deuxième quinzaine de mars. Nous voulons également organiser un concert debout à l'AccorHotels Arena de Bercy en avril." Selon le Figaro, la tête d'affiche pourrait être Indochine. Ces concerts tests, selon la ministre, devraient être réalisés avec la collaboration de l'Inserm. Au programme : des tests à l'entrée, des masques et du gel hydroalcoolique. Un premier pas vers le retour dans les salles de concerts ? Espérons-le, mais la patience est de mise.

5 000 spectateurs à Paris en avril ?

Selon Le Parisien, le Prodiss, syndicat des producteurs et salles de concerts, planche avec l'AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris) et l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), sur un concert test à l'AccorHotels Arena de Paris en avril  : "Notre objectif est d'organiser une expérience scientifique avec 3 000 à 5 000 spectateurs debout, masqués et non distanciés. Ce serait le plus gros test en salle en Europe. Nous avons eu notre première réunion jeudi dernier (11 février ndlr) avec le comité scientifique. On aurait aimé commencer plus tôt, mais le virus nous a joué des tours", explique la directrice du Prodiss, Malika Séguineau, interrogée par Le Parisien.

"Chaque spectateur serait muni d'un passeport salivaire intégré à l'application TousAntiCovid. Il aurait un test PCR 72 heures avant, comme lorsque l'on prend l'avion, puis un test salivaire sur place. S'il est négatif, il peut entrer. Nous sommes persuadés que c'est la solution pour redémarrer cet été. Le public est prêt. Nous avons lancé un sondage. Sur les 2 300 premières réponses, essentiellement des 25-35 ans, 92% sont OK pour se faire tester. On voudrait que le protocole soit prêt pour le Printemps de Bourges, début mai", ajoute au journal Marie Sabot, membre du Prodiss et directrice du festival parisien We Love Green.

Quel concert test à Marseille ?

A Marseille, ce seraient deux concerts en cours de préparation au Dôme de la cité phocéenne. Le Parisien évoque deux événements "à une semaine d'intervalle en mars ou en avril, avec à chaque fois 1 000 personnes et les rappeurs d'IAM à l'affiche." "Le public sera choisi parmi une population étudiante sans pathologie ni comorbidité", explique le docteur Vincent Estornel, médecin urgentiste, au journal.

Les 2 000 spectateurs de ces deux concerts seraient testés entre 24 et 48 heures avant l'événement, puis retestés 7 et 14 jours après le concert. Dans la salle, pour chacun des deux concerts, "500 assisteront au concert avec distanciation sociale et 500 sans. Contrairement aux autres tests, celui-ci n'écartera pas les spectateurs positifs au Covid, 'pour évaluer s'il existe vraiment un surrisque d'infection'", précise le médecin au Parisien.