Hantavirus : c'est quoi ? Symptômes, traitement, transmission... Tout savoir sur ce virus

Hantavirus : c'est quoi ? Symptômes, traitement, transmission... Tout savoir sur ce virus L'hantavirus a coûté la vie à trois personnes, décédées sur un bateau de croisière. Une Française, rapatriée dimanche en France, est un cas positif. Mais que sait-on de cette maladie, des symptômes de l'hantavirus ou d'un éventuel traitement ?

Il inquiète désormais le monde mais qu'est ce que l'hantavirus ? Tout est donc parti d'un bateau de croisière, le navire MV Hondius, reliant Ushuaïa (Argentine) au Cap-Vert et touché par un cluster d'hantavirus. La croisière a viré au drame avec trois décès et le risque d'épidémie d'hantavirus semble prendre de l'ampleur, malgré les bulles sanitaires mises en place lors des rapatriements des passagers. Selon le ministère français de la Santé, 8 cas ont été détectés (dont 5 confirmés biologiquement). Trois personnes en sont donc décédées. L'Organisation Mondiale de la Santé, l'OMS, évoque pour sa part 9 cas à l'échelle mondiale.

Une Française, qui était sur la croisière et qui a été rapatriée, fait partie de ces 9 cas identifiés. Ce test positif a annoncé sur France Inter par la ministre de la Santé Stéphanie Rist ce 11 mai au matin. Son état de santé "s'est dégradé dans la nuit" et son pronostic vital pourrait être engagé. Il s'agit du premier cas positif à l'hantavirus confirmé en France.

D'autres Français rapatriés du navire ainsi que 22 cas contacts, pour le moment tous négatifs à l'hantavirus, sont également en isolement. Si la situation inquiète, l'OMS estime toutefois que le risque pour le grand public est "faible".

Hantavirus : c'est quoi ?

Les hantavirus sont une famille de virus qui est généralement transmise par les rongeurs. Mais une souche d'hantavirus, appelée souche des Andes, est la seule parmi la trentaine de souches connues qui peut être transmise entre humains. C'est hélas cette souche qui a été identifiée chez les passagers contaminés. En plus de se transmettre entre humains, la souche des Andes est dangereuse : elle est mortelle dans 32 % des cas identifiés.

Quels sont les symptômes de l'hantavirus ?

Si les hantavirus peuvent provoquer différents symptômes, l'hantavirus des Andes est à l'origine d'atteintes pulmonaires parfois graves. Après une incubation de 2 semaines en moyenne (mais pouvant aller jusqu'à 6 semaines), ce syndrome pulmonaire à hantavirus se manifeste d'abord par de la fatigue, de la fièvre, des douleurs musculaires ; puis d'autres symptômes peuvent apparaître comme des problèmes digestifs, puis "une atteinte pulmonaire grave et rapide avec détresse respiratoire et cardiaque" d'après Santé publique France. Le taux de létalité de cette forme poussée de l'hantavirus est élevé puisqu'il peut atteindre jusqu'à 60 % en fonction des publics touchés. Sur le navire de croisière touché par ce cluster, le taux de létalité est aujourd'hui d'un peu plus de 30% (3 décès sur 8 cas identifiés).

Hantavirus : comment l'éviter et quels sont les traitements ?

Hélas, il n'existe pas de méthode spécifique de prévention ni de traitement des infections à hantavirus. Le traitement est uniquement symptomatique. Mais des mesures de prévention peuvent limiter le risque d'être touché. Dans le cas de la souche des Andes, l'isolement est la clé pour éviter la transmission à d'autres personnes. "Ce qui est important c'est d'agir tout au début et c'est là où on en est, c'est-à-dire de briser les chaînes de transmission du virus", a expliqué la ministre de la Santé à France Inter.

Dernières mises à jour

22:06 - Fin de la réunion entre le Premier ministre et les épidémiologistes

Sébastien Lecornu organisait ce lundi soir à Matignon une réunion avec des épidémiologistes. Au cœur des discussions : l'hantavirus qui a fait son arrivée sur le territoire ces derniers jours. Alors que la réunion a commencé à 19h30, on apprend qu'elle est désormais terminée.

19:57 - Hantavirus : quelques symptômes à surveiller

L'hantavirus, dans sa souche dite des Andes la plus grave, se manifeste d'abord par des symptômes proches de ceux de la grippe. "Au début, les symptômes ressemblent à une grippe, avant des signes évocateurs dans un second temps : insuffisance rénale, signes pulmonaires et cardiaques, note Olivier Bouchaud, chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital Avicenne . "Il peut aussi y avoir des hémorragies avec des saignements de nez, de l'urine rouge, les gencives qui se mettent à saigner ou encore du sang dans les selles."

19:45 - "Attendre que le virus s'élimine de lui-même"

"Il n'y a pas de vaccin sur la souche sud-américaine, ni sur la souche européenne et asiatique. Il n'y a pas non plus de traitement spécifique, pas d'antibiotique ni de médicament", reconnaît à France Info Olivier Bouchaud, chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital Avicenne . Il faut attendre que le virus s'élimine de lui-même. La seule chose qu'on peut faire, c'est aider le poumon à fonctionner quand il est atteint, ou donner des médicaments pour stimuler le cœur s'il est touché."

19:31 - Que se passe-t-il si un cas contact ressent des symptômes ?

Pour les cas asymptomatiques, les agences régionales de santé (ARS) assurent le suivi de l'isolement durant six semaines et le suivi de contacts. En cas d'apparition de symptômes, la filière sécurisée "risque épidémique et biologique" prend le relais et organise la prise en charge par l'un des dix-huit établissements de santé de référence du territoire, rappelle Le Monde. Pour l'Île-de-France, c'est l'hôpital Bichat qui assure ce rôle.

19:15 - D'où viennent les 22 cas contacts français signalés ?

Outre les cinq rapatriés à "haut risque", vingt-deux autres Français ont été identifiés comme cas contacts après avoir croisé la passagère néerlandaise infectée, depuis décédée à Johannesburg. Huit d'entre eux ont voyagé avec elle sur le vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesburg et "ont été mis à l'isolement rapidement". Les quatorze autres se trouvaient sur le vol Johannesburg-Amsterdam le même jour, et la ministre de la Santé leur a demandé de se signaler afin de "renforcer l'isolement".

19:02 - Le patient zéro identifié ?

Un homme de 70 ans, Leo Schilperoord, est soupçonné d'être le "patient zéro" du cluster d'hantavirus à bord du navire de croisière MV Hondius. Après un voyage de 5 mois en Amérique du Sud, le néeerlandais y avait embarqué avec sa femme, Mirjam Schilperoord, le 1er avril. Mais quelques jours plus tard, le 6 avril, il a signalé souffrir de symptômes évocateurs d'hantavirus : fièvre, maux de tête et douleurs abdominales. Il est hélas décédé le 11 avril. Sa femme a elle aussi été contaminée et est également décédée deux semaines après. 

Le couple néerlandais était passionné d'ornithologie et avaient visité, quelques jours avant d'embarquer sur la croisière, une décharge près d'Ushuaïa qui attire les amateurs d'oiseaux pour la présence d'espèces rares... et de rongeurs. Ce sont justement les rongeurs qui sont porteurs des hantavirus. Cette piste, évoquée par le New York Post, n'a pas encore été confirmée officiellement. 

18:42 - En 2025, 59 décès de cette souche d'hantavirus en Amérique du Sud

 Cette souche d'hantavirus est dite des Andes puisqu'elle est connue en Amérique du Sud où elle est particulièrement suivie. Selon l'OMS, huit pays d'Amérique latine ont ainsi signalé des cas de syndrôme pulmonaire lié à l'hantavirus en 2025, pour un bilan de 229 cas signalés et 59 décès.

18:30 - Julia et Roland Seitre, un couple de zoologues passionnés parmi les Français hospitalisés

Parmi les cinq rapatriés figurent Julia et Roland Seitre, couple sexagénaire originaire d'Indre-et-Loire, qui avaient transmis un communiqué à plusieurs médias le 7 mai depuis le navire, assurant qu'ils allaient "bien". Vétérinaires de formation diplômés de l'École nationale vétérinaire d'Alfort, ils sont également "zoologues reconnus par la communauté internationale" et anciens journalistes indépendants spécialisés nature et environnement, révèle Le Figaro. Le maire de leur commune de résidence, Marray, a confirmé lundi qu'ils étaient "tous les deux en bonne santé", ce qui laisse supposer que Julia Seitre n'est pas la patiente testée positive dimanche et dont l'état de santé s'est dégradé dans la nuit.

18:22 - Les quatre autres cas français ont été testés négatifs

Si une passagère française du bateau de croisière rapatriée dimanche a été contrôlée positive et ressent des symptômes, les quatre autres passagers français "vont bien" et ont été "testés négatifs", selon Stéphanie Rist, qui a précisé que d'autres tests seraient réalisés. L'évolution du protocole liée au cas positif les contraint toutefois à rester hospitalisés à Bichat pour une durée indéterminée.

18:13 - "Briser les chaînes de transmission du virus", la priorité en France selon la ministre de la Santé

"Nous prenons des mesures très strictes (…) pour protéger les Français", a affirmé Stéphanie Rist, ministre de la santé, sur France 2 dimanche soir. "C'est tout au début de l'épidémie que ça se joue, il faut briser les chaînes de transmission du virus." La ministre avait aussi défendu les dispositions françaises comme étant "les plus strictes de la zone européenne".

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