Symptômes de l'hantavirus : quels sont les premiers signes de maladie à surveiller ?
Presque personne ne connaissait l'hantavirus jusqu'à ces dernières semaines... Aujourd'hui, le monde entier s'inquiète du risque d'une nouvelle pandémie. Pour rappel, plusieurs cas d'hantavirus ont été détectés sur le bateau de croisière MV Hondius.
Au total, 11 cas ont été identifiés - dont une française - et 3 d'entre eux sont décédés. Si la situation inquiète tant, c'est notamment parce que l'hantavirus est très grave. Le taux de létalité peut atteindre 60 % en fonction de la souche concernée. Malheureusement, la souche qui touche les passagers contaminés, appelée souche des Andes, est particulièrement dangereuse. Quels sont les symptômes connus de l'hantavirus et que sait-on sur l'évolution de la maladie ? On fait le point.
Quels sont les premiers symptômes de l'hantavirus ? Une incubation plutôt longue
D'après le Dr Olivier Le Polain, épidémiologiste à l'OMS, "les patients développent des symptômes au bout de 3 semaines en moyenne". Mais cette période d'incubation peut aller jusqu'à 6 semaines. "Au début, les symptômes ne sont pas du tout spécifiques", a précisé à LCI Anne-Claude Crémieux, infectiologue et présidente de la commission technique des vaccinations à la Haute Autorité de la santé.
L'hantavirus provoque d'abord des symptômes qui s'apparentent à ceux de la grippe : fièvre, maux de tête, douleurs musculaires... Des troubles digestifs (douleurs abdominales, nausées, vomissements) peuvent aussi être présents. C'est lorsque que ces premiers symptômes apparaissent que "la contagiosité est la plus élevée", a précisé le Dr Le Polain lors d'une conférence de presse.
D'après Anne-Claude Crémieux, "Cette phase-là peut durer quelques jours, mais très rapidement, l'état d'une partie des patients s'aggrave. En général, 3 à 5 jours après le début des symptômes, on peut avoir une aggravation extrêmement brutale qui nécessite une entrée en réanimation immédiate." L'hantavirus, en fonction de la souche, peut ensuite progresser vers deux types de syndromes.
Symptômes de l'hantavirus : comment se manifeste la maladie ? Une atteinte pulmonaire qui peut être grave
L'hantavirus des Andes est à l'origine d'un syndrome pulmonaire, la forme la plus grave. Le taux de létalité est en moyenne de 30 %, mais peut atteindre 60%. Un syndrome pulmonaire se manifeste alors par de la toux, un essoufflement, des difficultés à respirer, ou encore une baisse de la tension artérielle. Les symptômes sont plus ou moins graves, et peuvent aller vers une accumulation de liquide dans les poumons, voire une défaillance pulmonaire et cardiaque, pouvant provoquer le décès. Comme c'est généralement le cas, l'hantavirus est particulièrement dangereux chez les personnes fragiles, et notamment âgées.
L'hantavirus peut aussi provoquer un syndrome rénal
L'hantavirus peut donc provoquer soit un syndrome pulmonaire, soit un syndrome rénal. Ce syndrome est généralement provoqué par les souches présentes en Europe et en Asie, tandis que le syndrome pulmonaire est plutôt provoqué par les souches américaines (et notamment la souche des Andes qui est endémique en Argentine, d'où la croisière est partie).
Dans le cas d'un syndrome rénal, les symptômes commencent de la même manière, avec de la fièvre, des maux de tête et des douleurs musculaires. Des symptômes plus graves peuvent ensuite apparaître, comme une baisse de la tension artérielle, des troubles visuels, des saignements internes, voire une insuffisance rénale. Cette forme est moins sévère : en fonction de la souche en cause, entre 1 % et 15 % des cas sont mortels d'après les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC). Peu importe la souche et le syndrome, il n'y a hélas aucun traitement ni méthode de prévention spécifique. Il est seulement possible de traiter les symptômes.