Faire du sport ne suffit pas : passer trop de temps assis augmente le risque de démence selon les chercheurs
La démence est particulièrement redoutée, et hélas de plus en plus fréquente. Chaque année, 10 millions de nouveaux cas sont détectés dans le monde. En France, chaque année, 225 000 cas d'Alzheimer, la principale cause de démence, sont diagnostiqués. Heureusement, il est possible de réduire son risque d'en souffrir, notamment avec une bonne hygiène de vie : alimentation équilibrée, sommeil suffisant, activité physique... Mais cela ne suffit pas. Un autre facteur de risque émerge : la sédentarité.
En France, d'après un baromètre de Santé publique France publié en 2025, près de 3 Français sur 10 passent plus de 7 heures par jour assis. Au-delà des autres effets néfastes sur la santé, les chercheurs s'intéressent de plus en plus à l'impact du temps passé assis sur le cerveau, et notamment sur le risque de développer une démence.

Déjà, en 2020, une revue de 18 études avait conclu que les personnes sédentaires avaient 30 % de plus de risque de démence que les personnes qui n'étaient pas sédentaires. Une autre revue, publiée en 2025, a aussi conclu que les personnes qui avaient "un temps sédentaire élevé" avaient "un risque de démence supérieur de 33 % par rapport à ceux ayant un temps sédentaire faible".
Dans une autre étude, menée en 2025, une équipe de chercheurs a analysé le niveau d'activité de plus de 400 personnes grâce à des objets connectés, puis a étudié leur santé cérébrale pendant 7 ans. Ils ont observé que ceux qui passaient plus de temps assis avaient de moins bonnes performances cérébrales, et avaient plus de signes de dégénérescence du cerveau. "Diminuer le temps passé assis, même si vous faites de l'exercice quotidiennement, réduit la probabilité de développer la maladie d'Alzheimer", a affirmé la Dr Marissa Gogniat, neurologue américaine et autrice de l'étude.
Et encore plus récemment, une étude publiée en avril 2026 a également conclu que les personnes très sédentaires - qui passaient plus de 8 heures par jour assis - avaient plus de risque d'avoir une démence. Globalement, même si d'autres preuves sont nécessaires, ces études mettent en évidence que la sédentarité est un facteur de risque de démence à part entière. Pour ce qui est du risque de démence, les chercheurs suggèrent qu'il faut différencier la sédentarité passive (comme regarder la télévision) de la sédentarité active (comme faire des activités manuelles). Cette dernière, en stimulant le cerveau, n'augmenterait pas forcément le risque de démence, ou pas autant que la sédentarité passive.
Au final, il est préférable de passer le moins de temps possible assis au quotidien, et de se lever régulièrement, idéalement toutes les demi-heures pour marcher pendant 5 minutes, comme cela est recommandé par l'Anses (l'Agence nationale de sécurité sanitaire). Cela peut permettre non pas seulement de réduire son risque de démence, mais de protéger sa santé globale. Les "temps prolongés de sédentarité augmentent le risque de développer certaines maladies chroniques telles que le diabète de type 2, l'obésité, les maladies cardiovasculaires, certaines pathologies respiratoires ou ostéoarticulaires, ainsi que certains cancers", rappelle l'Anses.