Ce sont les signes d'alerte à surveiller : 99% des victimes d'AVC ou de crise cardiaque en ont eu un
Les maladies cardiovasculaires - dont les infarctus et les accidents vasculaires cérébraux - sont la première cause de mortalité dans le monde, et la deuxième en France après les cancers. Elles sont en effet responsables de plus d'un décès sur cinq. La bonne nouvelle, c'est qu'elles sont largement évitables, puisque la presque totalité d'entre elles sont précédées d'un facteur de risque modifiable, d'après une récente étude.
"Presque tous les individus (99 %) ayant connu un événement cardiovasculaire (comme un infarctus ou un AVC, ndlr) étaient exposés à un ou plusieurs facteurs de risque, remettant en question la croyance selon laquelle les maladies cardiovasculaires frappent souvent sans avertissement", ont rapporté dans un communiqué les auteurs d'une vaste étude publiée fin septembre 2025 dans le Journal of the American College of Cardiology. Quatre facteurs de risque, dont un majoritaire, ont été identifiés.

Pour les déterminer, les chercheurs ont analysé les données de santé de près de 10 millions de personnes (américaines et sud-coréennes), qui ont été suivies pendant 10 à 20 ans. Parmi ceux qui ont eu un événement cardiovasculaire, un ou plusieurs de ces quatre facteurs de risque étaient présents :
- une pression artérielle systolique ≥120 mm Hg ou diastolique ≥80 mm Hg, ou un traitement antihypertenseur,
- un cholestérol total ≥200 mg/dL ou un traitement hypolipémiant,
- une glycémie à jeun ≥100 mg/dL, un diagnostic de diabète ou un traitement antidiabétique,
- un tabagisme passé ou actuel.
Parmi ces quatre facteurs de risque, "l'hypertension artérielle était le plus répandu" puisqu'il était présent dans 96 % des événements cardiovasculaires. A l'inverse, le tabagisme était "le moins fréquent" des quatre, avec une prévalence d'environ 60 %. Dans plus de 9 cas sur 10, les patients avaient deux ou plus facteurs de risque. Les auteurs de l'étude concluent que "ces résultats démontrent que les événements cardiovasculaires surviennent rarement en l'absence de facteurs de risque, soulignant ainsi l'importance des efforts de prévention. Nous pouvons – et devons – faire mieux pour reconnaître et traiter les facteurs de risque avant qu'ils ne se manifestent par des événements cardiaques".
Souvent, les facteurs de risque cardiovasculaires ne sont pas détectés car ils peuvent passer inaperçus. D'après Santé publique France, "trop de Français ignorent leur état de santé : près d'un hypertendu sur deux méconnaît son hypertension artérielle, une personne souffrant d'hypercholestérolémie sur deux son hypercholestérolémie, et un diabétique sur cinq son diabète". L'agence de santé publique a estimé que "seuls 11% de la population présentent une santé cardiovasculaire idéale", notamment à cause de la prévalence élevée de facteurs de risque comme l'hypertension ou l'hypercholestérolémie, mais aussi à cause du mode de vie des Français. Une grande partie d'entre eux ne respectent en effet pas les recommandations en termes d'alimentation, d'activité physique et de sédentarité.