Ces médicaments ne font pas bon ménage avec le tabac, les risques sont "souvent méconnus"

Ces médicaments ne font pas bon ménage avec le tabac, les risques sont "souvent méconnus" Il existe des risques peu connus d'interactions entre le tabac et de nombreux médicaments très courants.

On sait que le tabac est mauvais pour la santé ; et qu'il y a toujours des risques lorsqu'on prend un médicament. Mais ce qu'on sait moins, c'est que le tabac peut justement "être responsable de nombreuses interactions avec des médicaments", alerte l'Assurance maladie. Le tabac peut ainsi réduire l'efficacité d'un médicament, ou au contraire augmenter ses effets, ce qui peut le rendre toxique. De nombreux médicaments courants sont concernés. 

Pourtant, ces risques ne sont pas toujours inscrits dans les notices des médicaments, et ne sont donc pas forcément connus des patients. "Il est indispensable d'informer les patients sur les impacts potentiels du tabac non seulement sur leur santé mais aussi sur l'efficacité de leurs traitements, souvent méconnus", estime La revue du Praticien. Voici les principaux médicaments concernés. 

D'abord, les bêtabloquants, des médicaments largement prescrits contre l'hypertension artérielle ou l'insuffisance cardiaque. La nicotine présente dans les cigarettes "fait naturellement augmenter la tension artérielle et accélère le rythme cardiaque. Cela réduit donc l'action des bêta-bloquants, en annulant une partie de leurs effets. De plus, les autres composants de la fumée de tabac ont tendance à augmenter l'élimination des bêta-bloquants par l'organisme", note l'Assurance maladie.

Ensuite, les anticoagulants (comme l'héparine ou la warfarine), autres traitements très prescrits en cardiologie. Ces médicaments sont moins efficaces chez les fumeurs : les doses doivent donc être augmentées. La prudence est aussi de mise au moment de l'arrêt du tabac, où "le risque hémorragique pourrait être significatif chez les patients" : les doses doivent au contraire être alors réduites.

De nombreux médicaments utilisés en neurologie et psychiatrie peuvent aussi interagir avec le tabac, notamment les antidépresseurs, neuroleptiques ou encore les benzodiazépines, dont les effets peuvent être réduits chez les fumeurs. Comme pour les anticoagulants, "la vigilance doit être particulière pour les neuroleptiques face au risque de surdosage lors d'un sevrage tabagique" et une baisse des doses peut être nécessaire temporairement, précise La revue du praticien. Le tabac peut également interagir avec certains antidouleurs, notamment la morphine (qui devient moins efficace après une opération notamment) ou encore la caféine présente dans certains médicaments. 

Le tabac peut aussi provoquer des interactions avec de nombreux autres médicaments : antidiabétiques (l'insuline est moins bien absorbée chez les fumeurs), antibiotiques, contraceptions hormonales, diurétiques, corticoïdes inhalés (pour l'asthme et la BPCO), immunosuppresseurs ou encore les inhibiteurs de la pompe à protons. De façon générale, les patients doivent informer leurs professionnels de santé qu'ils fument où qu'ils arrêtent de fumer s'ils prennent des médicaments, afin d'éviter tout risque et éventuellement d'adapter leur traitement.