Lundi de Pentecôte : férié ou travaillé, combien rapporte-t-il ?

Lundi de Pentecôte : férié ou travaillé, combien rapporte-t-il ? PENTECOTE - Chômé pour les uns, travaillé pour les autres, le lundi de Pentecôte est un jour férié au statut un peu particulier. On vous dit pourquoi, mais aussi combien il devrait rapporter cette année...

[Mis à jour le 21 mai 2018 à 23h35] Le lundi de Pentecôte rime pour beaucoup avec férié, mais la journée est cependant loin d'être chômée par tous les travailleurs en France. Si les écoles, la CAF ou encore Pôle emploi affichent portes closes ce jour-là, de nombreux magasins notamment accueillent les clients. Et pour cause : jour férié pendant près de 200 ans, le lundi de Pentecôte a vu son statut de journée chômée évoluer ces dernières années, au profit de la création d'une journée de solidarité envers les personnes âgées. Travaillé pendant près de quatre ans, le lundi de Pentecôte est néanmoins redevenu férié pour de nombreux Français depuis 2008 et l'assouplissement des règles concernant la journée de solidarité.

Désormais, que le lundi de Pentecôte soit chômé ou non, les entreprises doivent reverser une contribution de 0,3% de la masse salariale à la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie. Et selon les chiffres dévoilés par la CNSA, le lundi de Pentecôte 2018 devrait encore rapporter gros : 2,42 milliards d'euros. Dans un communiqué de l'établissement public, ce dernier affirme également que depuis la mise en place de la journée de solidarité il y a 14 ans de cela maintenant, le lundi de Pentecôte aurait déjà permis de récolter près de 30 milliards d'euros. 

Lundi de Pentecôte férié

La confusion est grande mais la conclusion est simple. Depuis la signature du Concordat de 1801 entre l'église catholique et Napoléon en 1801, le lundi de Pentecôte était, dans l'ensemble de la France, un jour férié. Mais la situation a évolué en 2003. Cette année-là, une canicule cause le décès de 15 000 personnes, pour la plupart des personnes âgées. Le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin propose alors la suppression d'un jour férié, remplacé par une "Journée de solidarité", destinée à financer des "actions en faveur de l'autonomie des personnes âgées ou handicapées". Le lundi de Pentecôte est sélectionné : les salariés sont invités à travailler sans rémunération en contrepartie.

Les évêques français ne s'étaient pas élevés contre cette mesure, puisque le lundi de Pentecôte n'est plus considéré comme un jour de cérémonie majeure depuis le concile de Vatican II (1962-1965). C'est surtout sur le terrain social que la mesure sera contestée, comme sur celui des sommes réellement dégagées pour les personnes âgées. Le lundi de Pentecôte aurait rapporté à peine plus de 2 milliards d'euros lors des premières années de l'application de la mesure. Déjà modulable dans sa version initiale de 2004, la journée de solidarité travaillée va se déconnecter totalement du lundi de Pentecôte à partir de 2008. Un lundi qui restera donc pleinement jour férié, à côté des autres dates off liées à une fête chrétienne comme la Toussaint.

Lundi, des bureaux seront vides © Christian Hillebrand - Fotolia

Les magasins ouverts le lundi 21 mai

Les grandes surfaces de type Monoprix, Carrefour, Auchan sont exceptionnellement ouvertes dans toute la France. Attention, pour les enseignes Leclerc, l'ouverture se fait au cas par cas selon la ville (se renseigner au préalable sur le site de l'enseigne à proximité). A Paris, les grands magasins et centres commerciaux parisiens seront en activité ce lundi 21 mai 2018. Dans le détail :

  • Printemps : ouvert de 10h30 à 19h30
  • Galeries Lafayette : ouvertes de 10h30 à 20h30
  • BHV Marais : ouvert de 9h30 à 20h
  • BHV Homme : ouvert de 10h à 20h
  • Le Bon Marché : ouvert de 10h à 20h
  • Carrousel du Louvre : ouvert de 10h à 20h
  • Forum des Halles : ouvert de 10h à 20h30
  • Bercy Village : ouvert de 11h à 21h
  • Centre Beaugrenelle : ouvert de 10h à 20h
  • Italie Deux : ouvert de 10h à 20h
  • Passy Plaza : ouvert de 11h à 19h

Week-end de la Pentecôte

Traditionnellement, le week-end de la Pentecôte est annonciateur de beaux jours, puisqu'il se tient traditionnellement entre mai et juin. Cette période est habituellement marquée par un réchauffement des températures, d'autant que les jours sont déjà très longs à l'approche du solstice d'été (la durée du jour dépasse ainsi les 15 heures à Paris à la fin du mois de mai, laissant au sols le temps de se réchauffer en cas de temps clair). Les Saints de Glace, annonciateurs des dernières gelées de l'année entre le 11 et le 13 mai, sont bien souvent passés. 

Un coup de froid n'est cependant pas à exclure : loin de la tradition des Saints de Glace, les météorologues annoncent souvent des gelées possibles jusqu'à la fin mai. En 2013, il avait neigé à basse altitude lors de cette fin de semaine prolongée. Le week-end de la pentecôte est aussi l'un des plus embouteillés de l'année sur les routes, de nombreux Français cédant à l'envie de partir en week-end. Habituellement, les difficultés se concentrent sur les grands axes Paris-province (A13, A6).

Date du lundi de Pentecôte

Comme l'Ascension, qu'il suit de dix jours, le jour de la Pentecôte est fixé en fonction de la date de Pâques. La célébration de la Pentecôte a en effet lieu chez les chrétiens le septième dimanche suivant Pâques, soit quarante-neuf jours après la célébration de la résurrection de Jésus-Christ telle qu'énoncée dans la Bible (soit le 50e jour après cette fête). La date du lundi de Pentecôte est fixée de manière immuable au lendemain de cette célébration. La date du lundi de Pentecôte suit donc de 50 jours cette de Pâques : sept semaines de sept jours auxquelles on ajoute une journée supplémentaire pour basculer du dimanche au lundi.

Les dates de l'Ascension et de la Pentecôte en sont donc impactées directement impactées par la date de Pâques, qui est quant à elle calculée selon les règles du Comput ecclésiastique, qui précise les modalités de fixation en fonction des phases de la lune et de l'équinoxe de printemps. Depuis le concile de Nicée qui s'est tenu en l'an 325, Pâques a lieu le dimanche suivant la première pleine lune qui suit le 21 mars, c'est-à-dire entre le 22 mars et le 25 avril. Ce qui fait que l'Ascension et la Pentecôte ne peuvent "tomber" qu'entre le début du mois de mai et celui du mois de juin.

Lundi de Pentecôte 2018

En 2018, la Pentecôte a lieu le dimanche 20 mai. Le lundi de Pentecôte est donc logiquement fixé au lendemain, le lundi 21 mai 2018. L'an passé, le week-end de la Pentecôte avait eu lieu le dimanche 4 juin et le lundi 5 juin.

Lundi de Pentecôte 2019

En 2019, la fête chrétienne de la Pentecôte est fixée au dimanche 9 juin pour la Pentecôte et au lundi 10 juin pour le lundi de Pentecôte. En 2020, elle aura lieu les dimanche 31 mai et lundi 1er juin...

Origine de la Pentecôte

A l'origine, le dimanche de Pentecôte célèbre un épisode religieux essentiel pour les chrétiens. Selon la Bible, sept semaines après Pâques (la résurrection de Jésus après sa mort), et une dizaine de jours après l'Ascension (le moment où il quitte la terre des Hommes), les apôtres de Jésus étaient réunis dans un lieu nommé Cénacle. Cet endroit élevé de Jérusalem - dont le nom passera dans le langage commun - était déjà le théâtre de la Cène, dernier repas du Christ. "Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d'un vent impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d'eux. Et ils furent tous remplis du Saint Esprit, et se mirent à parler en d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer.", décrivent les Actes des Apôtres.

La Pentecôte est donc la célébration de l'arrivée du Saint-Esprit. Pour les chrétiens, il s'agit du troisième élément de la Trinité avec le Père (Dieu) et le Fils (Jésus). Ce cette entité pousse les prophètes à l'action, mais aussi l'ensemble des êtres humains. L'irruption du Saint-Esprit, déjà annoncé dans l'Ancien testament, marque le début de l'Eglise catholique, puisque c'est le Saint-Esprit qui va pousser les apôtres à répandre la bonne parole à partir de ce jour. A noter : dans la Bible, il est signalé que les événements de la Pentecôte surviennent au moment de la fête juive de Chavouot, qui célèbre le don de la Torah à Moïse sur le Mont Sinaï. La tradition de pratique religieuse à cette période de l'année est donc antérieure à l'avènement de la chrétienté.

La Journée de solidarité

Qu'est devenue la Journée de solidarité ? Dans les faits, celle-ci est indépendante du calendrier aujourd'hui et n'a donc plus forcément lieu le lundi de Pentecôte. Les salariés voient leur rémunération annuelle amputée d'une journée de travail pour financer la dépendance. Charge aux employeurs ensuite de "compenser" comme ils le souhaitent cette journée de travail et de salaire "perdue". La loi du 16 avril 2008 (la consulter ici),qui a modifié le dispositif, stipule que si la journée de travail non-rémunéré est maintenue, elle peut prendre d’autres formes (jour de congé ou de RTT en moins, travail un jour férié à la carte qui peut être le lundi en question, etc.).

Que votre journée de solidarité soit effectuée tel ou tel jour, en continu ou en fractionné, le travail accompli restera non-rémunéré, la plupart du temps dans la limite de 7 heures ou celle d'une journée de travail dans le cas des salariés travaillant au forfait jour. Aujourd'hui, les principales options restent : 1/ un jour férié travaillé autre que le 1er mai ; 2/ la suppression d'un jour de RTT ; 3/ sept heures supplémentaires non payées à répartir sur l'année. Le salarié est alors obligé de travailler mais peut aussi poser un jour de congé payé, avec l'accord de l'employeur ou de RTT. Pour cette journée de solidarité, l'employeur doit de son côté verser une contribution équivalente à 0,3% de sa masse salariale annuelle.

Une mesure encore contestée aujourd'hui

Les modalités de la Journée de solidarité sont soit fixées par un accord collectif de branche, soit par décision de l'employeur, comme précisé sur le site du ministère du Travail. La mesure de la "Journée de solidarité" touche l'ensemble des salariés, hormis les stagiaires, et ne concerne pas les professions libérales Le lundi de Pentecôte est donc redevenu un jour férié comme un autre. Selon une étude réalisée par le groupe d’intérim Randstad, seuls 20 à 30 % des salariés sont présents à leur poste ce jour-là. La Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) affirme que le dispositif "journée de solidarité" a rapporté plus de 30 milliards d'euros depuis sa mise en place en 2004. Elle permet à l'Etat de rassembler environ 2,5 milliards d'euros par an en faveur des personnes âgées et handicapées. Sur cette somme, près de 1,4 milliard d'euros doivent être alloués aux personnes âgées via l'Allocation personnalisée d'autonomie (APA), versée par les départements ou le financement des services médico-sociaux. Un peu plus de 900 millions d'euros iront quant à eux à la prestation de compensation du handicap ou aux services médico-sociaux accueillant des personnes en situation de handicap.

La mesure a toujours été contestée par les syndicats de travailleurs. La CFDT y voit "un mode de financement injuste qui repose principalement sur la contribution des seuls salariés", la CGT considère que la loi de 2004 instaurant la journée de solidarité (puis de 2008) est "inéquitable". Le 13 mai 2016, la Confédération française des travailleurs chrétiens a publié un communiqué faisant une sévère critique du dispositif en donnant des exemples d'"aberrations" : est-il juste qu'un employé de supermarché puisse être obligé de travailler gratuitement un jour férié, alors qu'un agent de la SNCF est censé travailler 1 mn 52 de plus par jour pour s'acquitter de la journée dite 'de solidarité'" ?

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