Lundi de Pentecôte 2026 : pourquoi il n'est pas férié pour tout le monde

Lundi de Pentecôte 2026 : pourquoi il n'est pas férié pour tout le monde

Jour férié pour de nombreux Français, ce lundi 25 mai 2026 rime aussi avec journée de solidarité pour d'autres. Qui travaille aujourd'hui et quels magasins restent ouverts ? On fait le point.

Le lundi de Pentecôte tombe ce 25 mai 2026. Contrairement à d'autres célébrations, sa date change chaque année puisqu'elle est fixée pile 50 jours après Pâques. Ce jour férié s'inscrit au lendemain de la Pentecôte, célébrée ce dimanche 24 mai. Pour les chrétiens, cette fête commémore un événement capital : la venue du Saint-Esprit sur Terre qui, aux côtés du Père (Dieu) et du Fils (Jésus), forme la Sainte Trinité. Mais alors, faut-il travailler ou pouvez-vous profiter de votre journée ?

Si le lundi de Pentecôte est officiellement férié, il n'est pas chômé par tous les actifs. En cause : la fameuse "journée de solidarité". Instaurée en 2004 après la canicule meurtrière de l'été 2003, et appliquée dès 2005, cette journée de travail supplémentaire n'est pas rémunérée. Les fonds récoltés permettent de financer des actions en faveur des personnes âgées et à mobilité réduite. Si la loi de 2004 imposait initialement que ce dispositif se déroule le lundi de Pentecôte, la législation a été assouplie en 2008.

Désormais, la journée de solidarité peut être fixée sur n'importe quel autre jour férié (à l'exception du 1er mai, obligatoirement chômé) ou prendre la forme d'un jour de RTT supprimé. Dans les faits, une majorité de salariés français s'offrent un week-end prolongé ce lundi 25 mai 2026. Et pour ceux qui ont envie de s'aérer l'esprit ou de faire des emplettes, bonne nouvelle : de nombreux commerces, supermarchés et centres commerciaux ouvrent leurs portes partout en France.

Pourquoi le lundi de Pentecôte est un jour férié ?

La confusion est grande mais la conclusion est simple. Depuis la signature du Concordat de 1801 entre l'église catholique et Napoléon en 1801, le lundi de Pentecôte était, dans l'ensemble de la France, un jour férié. Mais la situation a évolué en 2003. Cette année-là, une canicule cause le décès de 15 000 personnes, pour la plupart des personnes âgées. Le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin propose alors la suppression d'un jour férié, remplacé par une "Journée de solidarité", destinée à financer des "actions en faveur de l'autonomie des personnes âgées ou handicapées". Le lundi de Pentecôte est sélectionné : les salariés sont invités à travailler sans rémunération en contrepartie.

Les évêques français ne s'étaient pas élevés contre cette mesure, puisque le lundi de Pentecôte n'est plus considéré comme un jour de cérémonie majeure depuis le concile de Vatican II (1962-1965). C'est surtout sur le terrain social que la mesure sera contestée, comme sur celui des sommes réellement dégagées pour les personnes âgées. Le lundi de Pentecôte aurait rapporté à peine plus de 2 milliards d'euros lors des premières années de l'application de la mesure. Déjà modulable dans sa version initiale de 2004, la journée de solidarité travaillée va se déconnecter totalement du lundi de Pentecôte à partir de 2008. Un lundi qui restera donc pleinement jour férié, à côté des autres dates off liées à une fête chrétienne comme la Toussaint.

Qu'est devenue la Journée de solidarité ?

Dans les faits, celle-ci est indépendante du calendrier aujourd'hui et n'a donc plus forcément lieu le lundi de Pentecôte. Les salariés voient leur rémunération annuelle amputée d'une journée de travail pour financer la dépendance. Charge aux employeurs ensuite de "compenser" comme ils le souhaitent cette journée de travail et de salaire "perdue". La loi du 16 avril 2008 (la consulter ici),qui a modifié le dispositif, stipule que si la journée de travail non-rémunéré est maintenue, elle peut prendre d'autres formes (jour de congé ou de RTT en moins, travail un jour férié à la carte qui peut être le lundi en question, etc.).

Que votre journée de solidarité soit effectuée tel ou tel jour, en continu ou en fractionné, le travail accompli restera non-rémunéré, la plupart du temps dans la limite de 7 heures ou celle d'une journée de travail dans le cas des salariés travaillant au forfait jour. Aujourd'hui, les principales options restent : 1/ un jour férié travaillé autre que le 1er mai ; 2/ la suppression d'un jour de RTT ; 3/ sept heures supplémentaires non payées à répartir sur l'année. Le salarié est alors obligé de travailler mais peut aussi poser un jour de congé payé, avec l'accord de l'employeur ou de RTT. Pour cette journée de solidarité, l'employeur doit de son côté verser une contribution équivalente à 0,3% de sa masse salariale annuelle.

Une mesure encore contestée aujourd'hui

Les modalités de la Journée de solidarité sont soit fixées par un accord collectif de branche, soit par décision de l'employeur, comme précisé sur le site du ministère du Travail. La mesure de la "Journée de solidarité" touche l'ensemble des salariés, hormis les stagiaires, et ne concerne pas les professions libérales. Le lundi de Pentecôte est donc redevenu un jour férié comme un autre. Selon une étude réalisée par le groupe d'intérim Randstad, seuls 20 à 30 % des salariés sont présents à leur poste ce jour-là. La Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) affirme que le dispositif "journée de solidarité" a rapporté plus de 30 milliards d'euros depuis sa mise en place en 2004. Elle permet à l'Etat de rassembler environ 2,5 milliards d'euros par an en faveur des personnes âgées et handicapées. Sur cette somme, près de 1,4 milliard d'euros doivent être alloués aux personnes âgées via l'Allocation personnalisée d'autonomie (APA), versée par les départements ou le financement des services médico-sociaux. Un peu plus de 900 millions d'euros iront quant à eux à la prestation de compensation du handicap ou aux services médico-sociaux accueillant des personnes en situation de handicap.

La mesure a toujours été contestée par les syndicats de travailleurs. La CFDT y voit "un mode de financement injuste qui repose principalement sur la contribution des seuls salariés", la CGT considère que la loi de 2004 instaurant la journée de solidarité (puis de 2008) est "inéquitable". Le 13 mai 2016, la Confédération française des travailleurs chrétiens a publié un communiqué faisant une sévère critique du dispositif en donnant des exemples d'"aberrations" : est-il juste qu'un employé de supermarché puisse être obligé de travailler gratuitement un jour férié, alors qu'un agent de la SNCF est censé travailler 1 mn 52 de plus par jour pour s'acquitter de la journée dite 'de solidarité'" ?

Quelle est l'origine de la Pentecôte ?

A l'origine, le dimanche de Pentecôte célèbre un épisode religieux essentiel pour les chrétiens. Selon la Bible, sept semaines après Pâques (la résurrection de Jésus après sa mort), et une dizaine de jours après l'Ascension (le moment où il quitte la terre des Hommes), les apôtres de Jésus étaient réunis dans un lieu nommé Cénacle. Cet endroit élevé de Jérusalem - dont le nom passera dans le langage commun - était déjà le théâtre de la Cène, dernier repas du Christ. "Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d'un vent impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d'eux. Et ils furent tous remplis du Saint Esprit, et se mirent à parler en d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer.", décrivent les Actes des Apôtres. La Pentecôte est donc la célébration de l'arrivée du Saint-Esprit. Pour les chrétiens, il s'agit du troisième élément de la Trinité avec le Père (Dieu) et le Fils (Jésus). Cette entité pousse les prophètes à l'action, mais aussi l'ensemble des êtres humains. L'irruption du Saint-Esprit, déjà annoncé dans l'Ancien testament, marque le début de l'Eglise catholique, puisque c'est le Saint-Esprit qui va pousser les apôtres à répandre la bonne parole à partir de ce jour. A noter : dans la Bible, il est signalé que les événements de la Pentecôte surviennent au moment de la fête juive de Chavouot, qui célèbre le don de la Torah à Moïse sur le Mont Sinaï. La tradition de pratique religieuse à cette période de l'année est donc antérieure à l'avènement de la chrétienté.

travaillent. 

Comment est fixée la date du lundi de Pentecôte ?

Comme l'Ascension, qu'il suit de dix jours, le jour de la Pentecôte est fixé en fonction de la date de Pâques. La célébration de la Pentecôte a en effet lieu chez les chrétiens le septième dimanche suivant Pâques, soit quarante-neuf jours après la célébration de la résurrection de Jésus-Christ telle qu'énoncée dans la Bible (soit le 50e jour après cette fête). La date du lundi de Pentecôte est fixée de manière immuable au lendemain de cette célébration. La date du lundi de Pentecôte suit donc de 50 jours cette de Pâques : sept semaines de sept jours auxquelles on ajoute une journée supplémentaire pour basculer du dimanche au lundi.

Les dates de l'Ascension et de la Pentecôte en sont donc impactées directement impactées par la date de Pâques, qui est quant à elle calculée selon les règles du Comput ecclésiastique, qui précise les modalités de fixation en fonction des phases de la lune et de l'équinoxe de printemps. Depuis le concile de Nicée qui s'est tenu en l'an 325, Pâques a lieu le dimanche suivant la première pleine lune qui suit le 21 mars, c'est-à-dire entre le 22 mars et le 25 avril. Ce qui fait que l'Ascension et la Pentecôte ne peuvent "tomber" qu'entre le début du mois de mai et celui du mois de juin.

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