Restaurant et Covid : une ouverture progressive à la mi-mai 2021

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"Restaurant et Covid : une ouverture progressive à la mi-mai 2021"

Restaurant et Covid : une ouverture progressive à la mi-mai 2021 RESTAURANT et COVID - Le président de la République Emmanuel Macron a annoncé au cours de son allocution le 31 mars 2021 que les terrasses de cafés et restaurants pourraient commencer à rouvrir dès la mi-mai 2021.

[Mis à jour le 31 mars 2021 à 21h29] Ce mercredi 31 mars 2021, le président de la République Emmanuel Macron a annoncé un nouveau tour de vis en plaçant la métropole en confinement dans son intégralité, mais a également livré des perspectives plus réjouissantes : "Nous allons bâtir, entre la mi-mai et le début l'été, un calendrier de réouverture progressive pour la culture, le sport de loisirs, l'événementiel, nos cafés et restaurants", a-t-il annoncé à 20 heures. Un plan de réouverture progressive des restaurants, en concertation avec les acteurs de la profession, avait déjà été annoncé par le gouvernement. Ce que l'on sait.

Comment va se dérouler le plan de réouverture des restaurants ?

Le ministre délégué en charge des petites et moyennes entreprises Alain Griset, le secrétaire d'État chargé du Tourisme Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d'État auprès de la Ministre du Travail Laurent Pietraszewski et Cédric O, Secrétaire d'Etat chargé de la Transition Numérique et des Communications Electroniques, ont envisagé, en concertation avec les acteurs de l'hôtellerie, de la restauration et de l'événementiel, des "conditions de reprise" des restaurants, bars et hôtels fermés : un plan de réouverture des restaurants, bars et hôtels se déroulera en trois phases, soumis à un certain taux de vaccination de la population et d'un nombre de cas quotidiens (aucun seuil chiffré n'a été à ce stade communiqué). Les restaurateurs seront toutefois prévenus trois semaines avant le déclenchement de ce plan. 

Si le plan de réouverture des bars, hôtels et restaurants proposé par le gouvernement doit toutefois être réexaminé par le ministère de la Santé, il a déjà fait l'objet d'un communiqué commun des professionnels de la restauration et de l'hôtellerie Umih, GNI, GNC, SNRCT. Il se déroulera en trois épisodes, de quatre semaines chacun :

  • Durant la première phase, ce sont les hôtels qui pourront servir le petit-déjeuner aux clients dans la salle de restauration. "Nous avons fait valoir que dans ce cadre, il serait également logique de leur permettre de servir le dîner, en fixant une jauge d'accueil", a précisé le président du GNC (Groupement national des chaînes hôtelières)-UMIH au Figaro.
  • Dans un second temps, les bars, cafés et restaurants (y compris d'hôtels), pourront rouvrir avec une capacité d'accueil réduite de moitié à l'intérieur, ce qui ne sera pas le cas en terrasse, dont la capacité d'accueil sera de 100%.
  • Enfin, à la toute dernière phase, les bars et restaurants pourront reprendre leur activité normalement, sans jauge réduite, tout en respectant le classique protocole sanitaire de la limite de 6 convives par table, avec une distance minimale d'un mètre entre les tables, auquel s'ajoutera un dispositif de traçage de la clientèle au moyen d'un QR code.

A quelle date les restaurants et bars peuvent-il espérer rouvrir ?

Si le gouvernement ne s'est pour le moment pas risqué à annoncer une énième date butoir, Jean-Virgile Crance, président du groupement des chaînes hôtelières, a annoncé sur Europe 1 le 5 mars, à l'issue d'une réunion avec l'exécutif, que les "établissements devraient pouvoir rouvrir d'ici au 15 mai". "Il nous a été mentionné que la clé de cette décision était l'avancée de la vaccination, mais aussi que la majorité des personnes vulnérables seraient vaccinées entre le 15 avril et le 15 mai" a-t-il expliqué.

Mercredi 24 mars 2021, le ministre de la Santé Olivier Véran a en effet estimé que les bars, les restaurants et autres lieux recevant du public pourraient "rouvrir progressivement" en se passant du "pass sanitaire", et ce grâce à une vaccination massive contre le Covid. Le retour "à la normale" se fera "progressivement" et "par ordre décroissant de dangerosité en regard de la contamination virale", a précisé le ministre de la Santé qui table sur 10 millions d'adultes ayant reçu au moins une dose de vaccin anti-Covid d'ici mi-avril, puis 20 millions d'ici mi-mai et 30 millions d'ici mi-juin. D'ici là "je pense qu'on sera sorti de la vague et donc qu'on sera en capacité de rouvrir déjà un certain nombre de lieux", a-t-il conclu. 

Avec quel dispositif sanitaire le gouvernement compte-t-il s'y prendre ? La piste retenue par le gouvernement serait l'usage d'un QR code à flasher pour permettre la réouverture des bars et restaurants, et, plus tard, le recours à un pass sanitaire, qui fera d'abord l'objet d'une discussion au niveau européen selon l'Élysée. Voici ce que l'on sait : 

La réouverture conditionnée par l'usage d'un QR code

Le 12 février 2021, un nouveau décret détaillant les grandes lignes d'une nouvelle option de l'application TousAntiCovid destinée aux bars et restaurants, mais aussi aux salles de sports, a vu le jour dans le Journal officiel : à l'aide de l'appareil photo de son smartphone, le client pourra scanner un QR code placé à l'entrée du restaurant ou de tout autre établissement recevant du public en intérieur (la liste complète n'a pas encore été établie). 

Si le client est cas contact, l'application TousAntiCovid lui envoie une alerte via son smartphone (orange ou rouge selon le degré de risque de contamination). Le Comité de contrôle et de liaison Covid-19 (CCL Covid) résume ainsi le niveau d'alerte : "si une personne, qui a été dans le même lieu sur la même plage horaire, se déclare dans l'application, la personne ci-avant reçoit une notification de contact warning, dit à 'risque modéré' (impliquant la surveillance des symptômes, etc.). Si trois personnes se sont déclarées, et étaient sur la même plage horaire, alors la personne reçoit une notification classique de contact tracing à 'risque élevé'". Les personnes notifiés devront alors se faire tester en priorité et/ou s'isoler aussitôt dans le cas d'un risque élevé.

Un pass sanitaire, à l'avenir, pour se rendre au restaurant ?

Le Président de la République Emmanuel Macron avait évoqué, au cours d'une réunion avec les 27 dirigeants de l'Union européenne le 25 février, la mise en place d'un "pass sanitaire" pour accéder aux restaurants et lieux culturels. Alors que "nos jeunes n'auront pas encore été vaccinés", a-t-il précisé au cours de la réunion, il ne s'agira "pas d'un passeport vaccinal". En effet, "la vaccination ne peut pas être le sésame unique de réouverture des activités sinon on crée une société à deux vitesses, très injuste", avait ajouté le 28 février le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Clément Beaune, au cours de l'émission "Questions politiques" sur France Inter :

L'annonce avait été accueillie favorablement par les représentants du secteur de la restauration. "On est forcément attentifs à tout ce qui serait favorable à nos réouvertures, on veut trouver les moyens de reprendre, en toute sécurité et avec l'accompagnement d'une étude digne de ce nom", avait aussitôt commenté Hubert Jan, président de la branche restauration de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH). 

"Je suis favorable à ce passeport", avait quant à lui réagi le Professeur Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l'Hôpital Tenon à Paris, sur France Info le 1er mars. "L'idée ce n'est pas de tracer les gens mais d'avoir un outil de retour à une vie à peu près normale. On peut y mettre les [tests] PCR que vous avez eus, si vous avez une immunité. Le passeport vaccinal est un peu restrictif parce que si vous avez eu un PCR négatif 24h avant cela a une efficacité et une information préventive. L'immunité n'est pas que vaccinale, il y a aussi une immunité naturelle."

Le pass sanitaire "va poser beaucoup de questions techniques, de respect des données individuelles, d'organisation de nos libertés " avait annoncé Emmanuel Macron au cours de la réunion avec ses homologues européens. Une réunion avec les membres du gouvernement s'est tenue le 3 mars pour préparer la mise en place de ce dispositif "techniquement, politiquement et juridiquement ". 

Le pass sanitaire prendrait la forme d'une carte (pour ceux qui ne disposent pas de smartphone) ou d'une application numérique sur le même modèle ou couplée à l'application Tous anti-Covid. Il intégrerait des éléments relatifs à la situation médicale du titulaire : une vaccination éventuelle, les tests négatifs au Covid-19 effectués, avec en tête, les plus récents, une attestation de non-symptômes...  "Avec un QR code à l'entrée" du restaurant, il permettrait d'enregistrer le client "pour remonter plus facilement les chaînes de contamination", avait commenté l'entourage du Premier ministre à 20 Minutes.

"Ce pass sanitaire, couplé à l'application TousAntiCovid, permettra de présenter ces tests au quotidien, et facilitera la responsabilité individuelle", avait expliqué Anne Genetet, la porte-parole du groupe LREM à l'Assemblée, à 20 Minutes. En effet, une mise à jour prochaine de l'application TousAntiCovid avait été évoquée comme solution par le gouvernement pour aboutir à une réouverture plus rapide des restaurants et bars, mais aussi des salles de sport. Sera-t-elle donc liée à ce pass sanitaire ? 

Restaurant et fermetures : le secteur de la restauration à l'agonie

Pour rappel, les restaurants et bars ont été fermés pendant 3 mois au printemps 2020 lors du premier épisode du confinement, puis ont dû faire face au couvre-feu à 21 heures cet automne et se retrouvent désormais fermés jusqu'au printemps 2021 minimum... Les restaurants, bistrots, brasseries, bars et cafés vont-ils survivre, malgré les aides financières évoquées par le gouvernement ?

Les prévisions pour l'année 2021 sont catastrophiques. Le sénateur LR de l'Indre-et-Loire Serge Barbary, relayé par Publicsenat.fr, estime que 40 % des bars et restaurants pourraient ne pas rouvrir en 2021 : "la situation de ces établissements va devenir dramatique à partir de maintenant. La période difficile ça va être février-mars, quand ces entreprises auront épuisé leurs trésoreries".

D'après un sondage réalisé en novembre par quatre organisations professionnelles représentatives du secteur (GNC, GNI, Umih, SNRTC), la crise du coronavirus pourrait entraîner la fermeture de 2 établissements sur 3 dans le secteur de l'hôtellerie-restauration. 30 % des entreprises du secteur de la restauration envisageraient de déposer le bilan en 2021, parfois au premier trimestre. 

Quelles sont les amendes et autres sanctions envers les restaurants clandestins ?

Bien que pour certains restaurateurs, rester ouvert est un "acte de résistance", le ministre de l'Economie ne l'entend pas ainsi : "c'est extrêmement dur pour les restaurateurs, moralement et économiquement mais ça ne justifie en rien de ne pas respecter les règles, qui sont des règles sanitaires", avait-il expliqué au micro de RTL, annonçant que les restaurants qui enfreignent les règles en ouvrant leurs portes aux clients voient leur accès au fond de solidarité suspendu pendant un mois et définitivement en cas de récidive. Egalement, une amende sanctionne ces établissements ouverts illégalement, à hauteur de 500 euros contre 200 euros auparavant. Si l'amende n'est pas payée dans le temps imparti, le montant atteint 1 000 euros, contre 450 euros auparavant. 

135 euros pour les clients de restaurants clandestins 

Les clients qui prennent le risque de se rendre dans ces restaurants clandestins s'exposent également à des sanctions, avec des amendes à hauteur de 135 euros. Il existe toutefois des exceptions : les restaurants destinés aux routiers et aux professionnels du bâtiment ont le droit de rester ouverts "à titre dérogatoire, sur accord du préfet et dans le respect de conditions sanitaires strictes".

Quelles aides financières pour les professionnels de la restauration ?

L'Etat continue d'aider financièrement les professionnels de la restauration, comme d'autres secteurs, lourdement touchés par la crise, en prolongeant le fonds de solidarité et le chômage partiel, et en annonçant de nouvelles mesures de compensations financières :

  • Fonds de solidarité : "un nouveau formulaire pour les aides de décembre" est "disponible depuis le 15 janvier 2021" avait annoncé le ministre de l'Économie. Les versements seront possibles depuis le 18 janvier. Le produit de la vente à emporter et de la livraison à domicile n'est plus intégré au calcul du chiffre d'affaire de référence. Il n'est ainsi pas déductible du fonds de solidarité. Cette facilité vaut "à partir du mois de décembre 2020 et restera la règle", avait expliqué Bruno Le Maire.
  • Chômage partiel : la ministre du Travail Elisabeth Borne a annoncé que pour les entreprises totalement fermées comme les restaurants, ou partiellement, comme les commerces pendant le couvre-feu, l'Etat continue à prendre en charge 100% de la rémunération versée aux salariés. Elisabeth Borne avait également annoncé à une précédente conférence de presse une aide exceptionnelle de 900 euros par mois, pour les saisonniers, les contrats-courts comme les extras dans la restauration, et certains intérimaires pénalisés par la fermeture des bars et restaurants.
  • Les fournisseurs de la restauration et des cafés ont droit, dès lors qu'ils perdent 70% de leur chiffre d'affaire, à une aide dans la limite de 20% de leur chiffre d'affaire pour un montant pouvant aller jusqu'à 200 000 euros, sans limite du nombre de salariés, pour le mois de décembre 2020.
  • Coûts fixes : l'Etat prend désormais en charge les coût fixes pour les entreprises générant plus d'un million de chiffres d'affaires par mois, a annoncé Bruno Le Maire jeudi 14 janvier. "Cette aide exceptionnelle" est "plafonnée à 3 millions d'euros pour la période de janvier à juin 2021", a précisé le ministre de l'Economie. 
  • Exonérations des charges sociales : "l'objectif est de zéro charge sociale pour les entreprises lourdement pénalisées dans la culture, le sport, l'événementiel, la restauration, l'hôtellerie", a expliqué Bruno Le Maire.

Fin 2020, le Premier ministre s'était montré rassurant pour cette nouvelle année : "2021 sera l'année de la gastronomie française". Plaidant pour "valoriser le savoir-faire de nos bars et restaurants" ou pour "les aider à moderniser leur outil de travail", le Premier ministre avait fait mention d'"une personnalité qualifiée pour préparer ce grand chantier en lien étroit avec les professionnels".

Les restaurants restent ouverts à la vente à emporter pendant le couvre-feu

Les restaurants assurant la livraison de repas à emporter ou en livraison à domicile restent ouverts pour préparer les commandes et assurer le retrait des commandes par les clients (autrement dit, le click & collect) jusqu'à 19 heures, en raison du couvre-feu retardé.